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Médicaments : pourquoi les laboratoires sont-ils désormais obligés de faire des stocks ?

7 min
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Depuis les 1er septembre 2021, les fabricants de médicaments sont dans l'obligation de faire des stocks sur certains produits en particulier. Pourquoi ? Que peut changer concrètement cette obligation ?

Collection : Universal Images Group / Date de création : 24 juin 2018
Collection : Universal Images Group / Date de création : 24 juin 2018 Crédits : BSIP / Contributeur - Getty

Faire des stocks de médicaments : c’est ce qu’un décret entré en vigueur le 1er septembre 2021, impose désormais aux laboratoires pharmaceutiques. Des stocks dits de « sécurité », de deux mois minimum, sur des médicaments en particulier. Certes, la pandémie a entraîné une explosion de la demande mondiale de plusieurs produits, mettant à jour de fortes tensions en termes d’approvisionnement et une chaîne de production internationalisée, en partie délocalisée. Mais quels sont les médicaments concernés par ces stocks ? Que va changer concrètement cette obligation ?

Guillaume Erner reçoit Thomas Borel, directeur scientifique du Leem, (organisation professionnelle des entreprises du médicament).

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Les médicaments concernés

Quels sont les médicaments concernés ?

Cela représente environ 50% de la pharmacopée française. Il y a toutes sortes de médicaments, parfois pour des choses très graves, parfois plus classiques.

Ce qui est surprenant, c'est que dans les médicaments les plus souvent touchés par les ruptures de stock, il y a des anticancéreux, des médicaments liés aux troubles respiratoires, donc des médicaments essentiels pour ceux qui les prennent.

Tous les médicaments peuvent être touchés par des ruptures de stock, car les causes sont multiples. Elles peuvent être sur des problématiques de qualité des produits, ou de sécurité : le moindre défaut de qualité conduit à la destruction du stock. Il y a aussi parfois des problèmes de matières premières, quand elles sont dures à trouver. On va donc s'assurer d'avoir des stocks de sécurité au cas où la chaîne de production est ralentie ou arrêtée.

Une explosion des ruptures de stock ?

Ce qu'on ne comprend pas, c'est qu'en 2010, on avait 130 médicaments en rupture de stock, et aujourd'hui, on est à plus de 2 000, pourquoi cette explosion ?

On mélange souvent certains chiffres. Oui, les tensions d'approvisionnement sont en augmentation, et ce dans le monde entier. Mais ces statistiques relèvent de la déclaration que fait l'industrie du médicament auprès de l'agence : un signalement, ce n'est pas équivalent à une rupture. Dans 95% des cas, il n'y a pas alors de rupture au bout de la chaîne. On signale de plus en plus les moindres risques de rupture.

La souveraineté sanitaire

Il ne serait pas plus simple de contraindre à produire en France ?

L'échelon le plus pertinent est européen, pas national. Il est vrai qu'il faut avoir une production sécurisée, pour l'essentiel : c'est un enjeu de souveraineté sanitaire. Mais il n'y a pas eu de rupture sur les médicaments essentiels à la réanimation, même s'il s'en est fallu de peu.

Ce qui a permis de remplir les missions de traitement de l'industrie du médicament, c'est précisément la circulation mondiale. 

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