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Siège de l'OMS en février 2020 à Genève

OMS : pourquoi tant de critiques ? 

9 min
À retrouver dans l'émission

Mardi, Donald Trump a annoncé suspendre la contribution financière américaine à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le président américain accuse l'agence d'avoir commis des erreurs dans la gestion de la pandémie de Covid-19 et d'être alignée avec la politique de Pékin.

Siège de l'OMS en février 2020 à Genève
Siège de l'OMS en février 2020 à Genève Crédits : Fabrice COFFRINI - AFP

Aujourd’hui c’est l’OMS qui est ciblé en dénonçant cette mauvaise gestion et un rapprochement de l’OMS à la ChineDes reproches partagés par plusieurs observateurs, dont le vice-Premier ministre japonais Taro Aso, qui estime que l'OMS reprend la propagande de Pékin « comme un perroquet ». Comment expliquer ce flot de critiques contre l'OMS ?  

Pour répondre à cette question, nous sommes au téléphone avec Anne Sénéquier, pédopsychiatre, chercheuse associée et codirectrice de l’observatoire de la santé mondiale à l’IRIS. 

Que reproche les États-Unis à l'OMS ? 

"Les États-Unis reprochent à l’OMS leur mauvaise gestion de l’épidémie, la dissimulation de la propagation du virus, le fait que l’OMS n’aurait pas envoyé d’experts médicaux. Attaquer une instance internationale de l’ONU n’est pas une première pour les États-Unis. Ils avaient déjà quitté l’Unesco en 1984 jugée trop proche de l’URSS."

Aujourd’hui c’est l’OMS qui est ciblée par les États-Unis en dénonçant cette mauvaise gestion sanitaire et un rapprochement de l’OMS à la Chine. Anne Sénéquier

"D’un côté on a un gouvernement qui a minimisé le risque sanitaire du COVID-19 pendant très longtemps alors que le premier cas est arrivé aux États-Unis le 21 janvier directement depuis Wuhan. Alors que la stratégie énoncée par l’OMS à ce moment-là était de pester pour garder la chaine de transmission visible entre les cas et éviter la propagation du virus."

L'OMS, fusible des tensions sino-américaines ?

"On a une OMS qui réalise des rapports de situation quotidien aux États-Unis depuis le 20 janvier. Et ce qui a mis le feu aux poudres c’est la visite du Directeur Général de l’OMS en Chine fin janvier qui félicite la Chine pour sa transparence et la gestion de la crise."

Il est légitime de demander des comptes à la Chine et à l’OMS.  Après est-ce que c’est le moment ? Probablement pas. certains parlent même de crime contre l’humanité dans cette façon de couper les fonds à l’OMS sachant que les États-Unis financent à hauteur de 20% le budget de l’OMS. Anne Sénéquier

"Ce qu'il faut avoir en tête c’est que ce n’est pas la première épidémie partant de Chine. La Chine a dû gérer l’émergence du SRAS en 2002. A cette époque, le pays avait été critiqué pour son manque de réactivité et de communication et qui ont ralenti la prise en charge au niveau international de mesures qui aurait pu réduire l’épidémie à ce moment là."

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

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Intervenants
  • co-directrice «observatoire de la santé mondiale» à l’IRIS
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