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L'avocate Gisèle Halimi, présidente du mouvement "Choisir", anime un débat, le 6 mars 1978, au Havre.

Pourquoi la panthéonisation de Gisèle Halimi suscite-t-elle des réserves ?

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Gisèle Halimi entrera-t-elle au Panthéon ? Figure féministe et engagée, son nom était avancé pour la faire accéder à cette reconnaissance nationale que représente l'entrée au Panthéon. Mais pour l'Elysée, la question n'est pas encore tranchée.

L'avocate Gisèle Halimi, présidente du mouvement "Choisir", anime un débat, le 6 mars 1978, au Havre.
L'avocate Gisèle Halimi, présidente du mouvement "Choisir", anime un débat, le 6 mars 1978, au Havre. Crédits : MYCHELE DANIAU - AFP

Gisèle Halimi entrera-t-elle au Panthéon ? Figure historique du féminisme décédée le 28 juillet 2020, elle était qualifiée de battante et d’insoumise. Son nom était avancé pour la faire accéder à cette reconnaissance nationale hautement symbolique. Mais, d’après nos confrères de France Inter, l’Elysée aurait encore quelques réserves, en raison notamment des prises de positions de Gisèle Halimi, pendant la guerre d’Algérie. Le sujet n’est pas tranché et jugé sensible. Pourquoi ? 

Guillaume Erner reçoit Karima Direche, historienne, directrice de recherche au CNRS, a dirigé l’ouvrage intitulé « L'Algérie au présent : entre résistances et changements », ed. Karthala / IRMC.

Les origines du choix de Gisèle Halimi

À la mort de Gisèle Halimi, plusieurs appels à sa panthéonisation avaient été lancés au nom de son combat humaniste et féministe. 

Concernant la cause des femmes, il y a eu tout son combat pour la pénalisation du viol, pour la légalisation de l'avortement, pour une certaine conception de la justice. Tout son engagement professionnel et personnel était porté par cela. 

Bien évidemment, on ne peut pas réduire Gisèle Halimi à la dimension féministe et à ce combat-là. Ce combat était aussi inscrit dans la lutte anticoloniale et antiraciste au nom de la défense républicaine. Son métier d'avocat a porté ce combat et a été le plus représentatif de ses engagements.

Gisèle Halimi et l'expérience coloniale

Gisèle Halimi est née en Tunisie, dans une famille juive tunisienne, elle est née à La Goulette.

Elle a clairement mené un combat antiraciste et anticolonial.

Elle a vécu l'expérience de l'indigénat, de la domination, même si par la suite, son père a été naturalisé français et qu'elle est devenue française. Elle a adoré justement cette France, ses valeurs, ses lumières qu'elle a apprises à l'école. Cette école française du protectorat où elle a vécu les expériences très douloureuses de l'antisémitisme et du racisme.

Elle portait un attachement à une certaine conception de la justice : féminisme, solidarité à l'égard des femmes engagées dans l'action publique, lutte contre la torture, soutien à l'indépendance et au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Elle a aussi défendu des militants FLN, des militants nationalistes indépendantistes algériens, elle a dénoncé la torture, et le fait qu'elle ait porté ces combats-là lui a valu de l'admiration mais aussi une haine farouche des partis conservateurs et nationalistes attachés à la grandeur coloniale de la France.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • historienne, directrice de recherche au CNRS, a dirigé l’ouvrage intitulé « L'Algérie au présent : entre résistances et changements », ed. Karthala / IRMC.
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