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La pression monte sur les prix, y compris sur le prix des denrées alimentaires.

Pourquoi le FMI met-il en garde sur le risque d’inflation ?

7 min
À retrouver dans l'émission

L’augmentation des prix est-elle amenée à se poursuivre ? L'inflation se joue à l'échelle mondiale et fait partie des préoccupations formulées par le FMI. Comment fonctionne-t-elle ? Jusqu'où peut-elle aller ? Certains pays sont-ils plus touchés que d'autres ?

La pression monte sur les prix, y compris sur le prix des denrées alimentaires.
La pression monte sur les prix, y compris sur le prix des denrées alimentaires. Crédits : SDI Productions - Getty

Sur les marchés boursiers, du côté des banques centrales et des dirigeants politiques, la hausse des prix est scrutée de près. Mardi 12 octobre 2021, le FMI a mis en garde contre le risque inflationniste. Le lendemain, cette question était au cœur des préoccupations du G7 Finance réuni à Washington. Energie, matières premières, denrées alimentaires… pourquoi le Fonds Monétaire International s’inquiète-t-il de cette hausse des prix ? La France fait-elle partie des zones à risques ? 

Guillaume Erner reçoit Philippe Martin, professeur au département d'économie de Sciences Po, président délégué du Conseil d’Analyse Economique.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Les causes de l'inflation

Pouvez-vous nous réexpliquer les causes de cette hausse des prix ?

Il y a certaines causes qu'on comprend assez bien : on a court-circuité l'économie au moment de la pandémie, et maintenant on réouvre. Quand on réouvre, il y a une très forte augmentation de la demande, et l'offre n'est pas forcément à la hauteur, et donc assez normalement, il y a une pression assez forte sur les prix.

Quels produits concernés ?

Quel type de produits en particulier cette inflation va-t-elle concerner ?

Pour le moment, c'est assez concentré sur certains secteurs, par différence d'avec l'inflation qu'on avait connue dans les années 1970. C'est surtout l'énergie, un certain nombre de produits manufacturiers et alimentaires, mais sur le reste, il n'y a pas d'inflation forte.

Cela peut rester concentré ? Car si le prix de l'énergie augmente, alors tout ce qui en nécessite pour être produit, transporté et consommé pourrait être concerné. Et donc on craint que l'inflation finisse par toucher tous les secteurs ?

C'est la source de l'inquiétude du FMI, mais il y a beaucoup d'incertitude et donc il faut rester modeste sur ce que l'on comprend de la dynamique de l'inflation : qu'est-ce qui va se passer quand il y aura cette contagion de l'augmentation des prix ? C'est cette boucle entre les prix des matières premières, les prix des produits, les salaires, qui pourrait générer de l'inflation. Cela dit, aujourd'hui, la majorité des économistes pense que ce phénomène est transitoire. Mais certainement, il risque d'être persistant, avec un pic d'inflation en fin d'année, et l'année prochaine, on va rester sur des inflations relativement élevées, mais en France, cela voudra dire 2,5 ou 3%. C'est plus qu'avant la pandémie, mais cela devrait revenir à la normale vers 2023.

Avenirs de l'économie

Ce qui ne nous rajeunit pas, c'est le spectre de ce qu'on appelle la "stagflation"...

C'est en effet un phénomène des années 1970, quand on avait à la fois de l'inflation et une stagnation de l'économie, ce qui n'est pas la situation normale : s'il y a inflation, normalement, c'est que l'économie est en surchauffe. Donc aujourd'hui, je ne crois pas que ce soit une situation de stagflation : c'est parce que l'on a une reprise de l'économie qu'on a de l'inflation. On pourrait y arriver dans des scenarios un peu noirs, mais aujourd'hui, ce n'est pas la majorité des prévisions.

On annonce un tassement de la croissance, non pas en France où elle se porte assez bien, mais dans d'autres régions du monde.

Il y a une reprise assez forte de l'économie un peu partout, mais un peu plus faible de ce qui avait été prévu il y a quelques mois. Je ne crois pas que cela va remettre en cause la reprise mondiale de l'économie, qui reste forte.

Intervenants
  • professeur au département d'économie de Sciences Po, chercheur associé au "Centre for Economic and Policy Research" (CEPR), ancien conseiller économique au cabinet d'Emmanuel Macron et nouveau Président du Conseil d’Analyse Economique.
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