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 Photo prise sur un chantier à Saint-Denis le 5 février 2021.

Pourquoi malgré la crise, certains emplois restent-ils non pourvus ?

8 min
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Le troisième déconfinement fait planer l'espoir d'une reprise économique. Les entreprises comme les restaurants, qui vont pouvoir rouvrir, doivent anticiper le recrutement de personnel. Pourtant, comme d'autres secteurs d'activité, ils ne trouvent pas toujours de candidats. Pourquoi ?

 Photo prise sur un chantier à Saint-Denis le 5 février 2021.
Photo prise sur un chantier à Saint-Denis le 5 février 2021. Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

Le déconfinement fait planer l’espoir d’une reprise économique. Mardi 4 mai 2021, Pôle emploi publiait son enquête annuelle sur les besoins en main d’œuvre, dessinant des perspectives d’embauche jugées plutôt encourageants pour 2021. D’après ces prévisions, environ 45% des entreprises tentent d’anticiper des difficultés de recrutement. Pourquoi, malgré la crise, certains secteurs peinent-ils à trouver des candidats ? Quels métiers sont concernés et pourquoi ?

Guillaume Erner reçoit Christine Erhel, professeure d’économie au CNAM, directrice du Centre d’Études de l'Emploi et du Travail.  Auteure de « Les Politiques de l’emploi », éd. PUF/collection Que sais-je ? (réédition 2020)

Les secteurs qui ont du mal à recruter

Si aujourd'hui on manque encore d'informations pour évaluer les difficultés de recrutement de certains secteurs, selon Christine Erhel, on peut déjà s'appuyer sur les données d'avant la crise de 2019 et sur les tendances que l'on observe aux États-Unis et au Royaume-Uni. 

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les métiers qui ont du mal à recruter actuellement, sont par exemple ceux qui concernent la restauration. Aux États-Unis, McDonald a du mal à recruter, et Uber aussi.

Ce sont des secteurs qui ont été très touchés par la crise. Les gens se sont détournés de ce type d'emploi parce qu'il n'y avait pas de travail. Il y a aussi eu des ajustements à la crise avec des gens qui sont partis, notamment des personnes d'origine étrangère, puis d'autres qui se sont démotivés et qui ont cherché autre chose ou qui ont arrêté de travailler, en tout cas, momentanément. 

À la recherche des travailleurs perdus

Au niveau macro-économique, où ces gens sont-ils allés ?

Pour l'instant, on ne le sait pas vraiment. Encore une fois, on manque d'informations précises. Pour les États-Unis, les hypothèses sont : soit les gens sont repartis, pour la main d'œuvre étrangère, soit ils se sont momentanément découragés. Mais ils vont sans doute revenir, c'est-à-dire revenir sur un phénomène de travail. 

La question du droit au chômage n'est pas le mécanisme fondamental. Il y a un problème de temps, le marché du travail n'est pas quelque chose qui s'ajuste instantanément, en période de crise comme en période normale.

Il va falloir un peu de temps pour que les ajustements se fassent et que les gens reviennent vers ces métiers. Mais après, cela peut aussi révéler des difficultés qui sont plus structurelles, qui existaient auparavant et en particulier des problèmes d'attractivité des métiers. Donc il y a un travail à faire aussi du côté des employeurs.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • directrice du Centre d’Études de l'Emploi et du Travail, au CNAM.
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