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Quelles sont les causes de la crise politique en Tunisie ?

9 min
À retrouver dans l'émission

Le dimanche 25 juillet au soir, suite à des manifestations ayant éclaté dans plusieurs villes tunisiennes, le président de la République Kaïs Saïed a annoncé le gel des pouvoirs du parlement et le limogeage du chef du gouvernement. Quelles sont les causes d'une telle crise institutionnelle ?

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. Crédits : FETHI BELAID - AFP

Les manifestants tunisiens ont exprimé dimanche 25 juillet leur rejet de la classe politique, et notamment des représentants du parti majoritaire à l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le Ennahdha. Depuis 2019, le pays est en effet plongé dans une crise politique qui rend la prise de décision difficile. Entre affrontements à l'Assemblée et conflit ouvert entre le Parlement et le président de la République, les blocages politiques sont nombreux tandis que la situation sanitaire et sociale se dégrade à une vitesse édifiante. 

Lorsque le président de la République, Kaïs Saïed, a annoncé suspendre les fonctions du Parlement pour 30 jours et s'octroyer le pouvoir exécutif, certains partis ont dénoncé une tentative de coup d'État, tandis que d'autres ont salué une reprise en main salutaire d'une situation devenue préoccupante. Quelles sont les causes de cette décision et quelles peuvent être les issues d'une telle crise institutionnelle ?  

Chloë Cambreling reçoit Leyla Dakhli : Historienne, spécialiste du monde arabe contemporain et chercheuse au CNRS. Elle a dirigé l’ouvrage collectif L’esprit de la révolte, archives et actualités des révolutions arabes aux éditions du Seuil.

Une crise attendue ?

Leyla Dakhli rappelle que la Tunisie vit une crise politique et sociale depuis plusieurs mois. Pour autant les événements de ces derniers jours ont pour elle était une véritable surprise, loin d'être prévisibles. 

Le déclencheur, c'est la crise sociale. C'est les mobilisations qui ont eu lieu avant hier, le jour de la fête de la République. Ces mobilisations sociales ne peuvent pas déconnecter de l'absence de mesures ont été prises face à la crise sanitaire.

La situation sanitaire s'est très fortement dégradé en Tunisie avec aujourd'hui le taux de mortalité le plus élevé d'Afrique, selon l'OMS, soit 18 600 morts pour un pays de 12 millions d'habitants.

Les origines de la colère

Dimanche dans les manifestations, il y avait des slogans contre le parti Ennahdha pour la dissolution du Parlement. Comment s'explique cette colère contre le parti majoritaire à l'Assemblée des représentants du peuple ? 

En ce moment, le parti Ennahdha incarne le système. Il se trouve que depuis la révolution tunisienne, le parti Ennahdha est au pouvoir, directement ou indirectement dans des coalitions. Petit à petit, cet exercice du pouvoir a fait qu'il a incarné l'État, le système et plus que ça. Ce parti s'est saisi d'une bonne partie de l'État, des institutions à différentes échelles. Donc les gens identifient Ennahdha comme étant le responsable de ce qui leur arrive et ce qui leur arrive est extrêmement grave. 

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • Historienne, spécialiste du monde arabe contemporain, chercheuse au CNRS (centre Marc Bloch, Berlin)
L'équipe
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