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Photo de soldats américains prise à Kandahar en Afghanistan le 27 octobre 2014.

Retrait des Etats-Unis en Afghanistan : comment réagit l’opinion américaine ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Il y a 20 ans, les attentats du 11 septembre marquaient profondément l’histoire américaine et bien au-delà, déclenchant l’offensive américaine en Afghanistan. Vingt ans après, les soldats américains ont décidé de se retirer. Comment cette guerre a-t-elle été perçue par les Américains ?

Photo de soldats américains prise à Kandahar en Afghanistan le 27 octobre 2014.
Photo de soldats américains prise à Kandahar en Afghanistan le 27 octobre 2014. Crédits : WAKIL KOHSAR - AFP

Il y a 20 ans, les attentats du 11 septembre marquaient profondément l’histoire américaine et bien au-delà. En 2001, ces attentats déclenchaient l’offensive américaine en Afghanistan, les Etats-Unis de George Bush déclarant alors la « guerre contre le terrorisme ». Vingt ans après, Washington a décidé de retirer ses troupes ; les derniers soldats ont quitté le pays il y a quelques jours, fin août 2021. Vingt ans de guerre, marqués au final par un retour des Talibans au pouvoir. Comment cette guerre a-t-elle été vécue par les Américains ? L’opinion publique américaine était-elle favorable au retrait ? 

Guillaume Erner reçoit Benjamin Haddad, chercheur en relations internationales, directeur Europe du think tank Atlantic Council à Washington.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Après le 11 Septembre

Quel était l'état de l'opinion états-unienne quand, deux mois après le 11 septembre, les Etats-Unis ont décidé d'aller en Afghanistan mener une guerre contre le terrorisme ?

Après le 11 septembre, c'était l'union sacrée aux Etats-Unis, Bush était très populaire, c'était une agression sans précédent, et donc la guerre en Afghanistan bénéficiait d'un large soutien. On a même souvent opposé, pendant encore des années, la guerre en Afghanistan comme la bonne guerre qui disposait d'un soutien international, à la guerre en Irak, beaucoup plus clivante et controversée aux Etats-Unis. C'est d'ailleurs pour cela que des gens comme Obama avaient justifié d'abord le retrait d'Irak comme une possibilité de se redéployer en Afghanistan. Pendant longtemps, c'était une guerre moins controversée que celle en Irak.

Cela a été moins le cas ces dernières années : on ne voyait plus trop l'intérêt et l'importance de cette opération.

La guerre en Afghanistan après Ben Laden

Oui, et d'ailleurs, immédiatement après la mort de Ben Laden, quel était l'intérêt de rester en Afghanistan ?

Il y avait plusieurs intérêts. Il y avait déjà, toujours, un intérêt sécuritaire, avec une réémergence d'Al-Qaïda et d'autres groupes terroristes. Il y avait intérêt humanitaire : créer un Etat afghan, défendre les droits des femmes... Et peut-être aussi une forme d'inertie bureaucratique : on est en Afghanistan, on a beaucoup dépensé, et donc il est difficile de trouver un contexte pour se retirer. Et en même temps, on est très loin du pic de la présence états-unienne, atteint il y a dix ans.

Le retrait d'Afghanistan aujourd'hui

Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, sur le plan politique, ce retrait semble si délicat pour Joe Biden ?

Paradoxalement, c'était une guerre qui était devenue impopulaire, même chez les populistes : c'est Trump qui avait décidé du retrait d'Afghanistan. Une partie de la gauche (Warren, Sanders...) y était aussi très favorable : celle qui veut se concentrer sur les questions économiques américaines, les inégalités... Il y avait aussi des raisons stratégiques : les priorités états-uniennes se redéployent vers la Chine ou l'Asie pacifique, si bien que l'Afghanistan n'est plus vu comme une priorité.

Ce qui a choqué, ce n'est pas la décision même, mais la manière. Jusqu'à présent, l'administration Biden a été saluée pour sa compétence technocratique. Maintenant, c'est vraiment une impression d'incompétence et de déni de réalité qu'a produit la manière dont le retrait a eu lieu.

Mais quelles alternatives étaient possibles ?

On en évoque en effet assez peu dans le débat public. On se demande s'il aurait fallu envoyer plus de troupes, etc. C'est surtout l'impression de surprise, de chaos qui a frappé l'opinion publique.

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