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Manifestants devant le cinéma le Champo à Paris le 12 novembre 2019 réclamant le boycott du film « J’accuse » de Roman Polanski.

Roman Polanski : est-il possible de distinguer l’homme de l’artiste ?

7 min
À retrouver dans l'émission

Appels au boycott, avant-premières annulées, promotion perturbée... Le film "J'accuse" de Roman Polanski est sorti mercredi 12 novembre 2019 au cinéma tandis que le réalisateur est à nouveau accusé de viol. Dans ce contexte,le débat sur la distinction entre l’homme et l’artiste est relancé.

Manifestants devant le cinéma le Champo à Paris le 12 novembre 2019 réclamant le boycott du film « J’accuse » de Roman Polanski.
Manifestants devant le cinéma le Champo à Paris le 12 novembre 2019 réclamant le boycott du film « J’accuse » de Roman Polanski. Crédits : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP

Le cas Polanski n’en finit pas de susciter le débat… Son film, « J’accuse », est sorti mercredi 13 novembre 2019 au cinéma, sous le feu des critiques et d’appels au boycott. Le témoignage d’une femme publié dans « le Parisien », accusant le cinéaste de l’avoir violée, en 1975, alors qu’elle avait 18 ans, a relancé la polémique autour de ce réalisateur, toujours poursuivi par la justice américaine pour une affaire de relations sexuelles illégales avec mineure. Plusieurs femmes l’ont déjà accusé de viol ou d’agression sexuelle – ce qu’il réfute. Faut-il boycotter le cinéma de Polanski ? Dans le contexte post Metoo, est-il possible de distinguer l’homme de l’artiste ? 

Guillaume Erner reçoit Fabienne Brugère, philosophe, professeure à l’Université Paris 8, auteure notamment de « On ne naît pas femme, on le devient », ed. Stock.
 

Peut-on parler d'une "omerta" autour de Roman Polanski ?

Sur le plan éthique, ce qui est assez surprenant c'est la protection dont Roman Polanski bénéficie dans le milieu du cinéma français, dans lequel il occupe une place institutionnelle. Fabienne Brugère

"Il y a là une loi du silence et une impossibilité d'écouter, parce qu'il y aurait un ordre de grandeur des "grands hommes ", et que cet ordre de grandeur serait remis en cause par la parole des victimes. Et ça, bien sûr, d'un point de vue éthique, c'est forcément problématique, parce que toutes les toutes les paroles doivent pouvoir être écoutées, quel que soit l'ordre de grandeur, dans le milieu du cinéma." Fabienne Brugère

L'historicité de la distinction homme / artiste 

"Distinguer l'homme de l'artiste, ça a été une des grandes constantes du 20ème siècle, au nom d'une indépendance de l'oeuvre, de l'idée que peu importe l'artiste et sa moralité, ce qui vaut c'est l'œuvre. Ce qui répond du coup aussi à la liberté du spectateur qui va voir cette oeuvre ou ne va pas la voir." Fabienne Brugère

Une demande sociale d'exemplarité

"Le problème à mon sens c'est qu'il y a un trait d'époque qui est que l'oeuvre est de moins en moins séparable de l'artiste. On sort de l'image acquise dès le 19ème siècle de l'artiste tout puissant et exceptionnel. De plus en plus, il y a une demande sociale. On lui demande l'exemplarité." Fabienne Brugère

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