LE DIRECT
Photo d’une carte électorale prise le 23 avril 2017.

Vote électronique, obligatoire etc. : comment réduire l’abstention ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Le premier tour des élections régionales et départementales du dimanche 20 juin 2021 a été marqué par une abstention record de 66%. La classe politique s'interroge sur les manières de revoir le processus électoral. En Belgique le taux moyen de participation aux élections avoisine les 90%. Pourquoi ?

Photo d’une carte électorale prise le 23 avril 2017.
Photo d’une carte électorale prise le 23 avril 2017. Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

Pourquoi les Français ne vont plus voter et surtout, comment y remédier ? Après le taux record de 66% d’abstention au premier tour des élections régionales et départementales, dimanche 20 juin 2021, la classe politique s’interroge sur ce qui est perçu comme une déroute démocratique, une « alerte » même pour certains. Faut-il revoir les outils du processus électoral ? Faut-il s’inspirer de ce qui se pratique dans d’autres pays comme en Belgique, où le taux de participation moyen aux élections atteint presque 90% et le vote est obligatoire ?

Guillaume Erner reçoit Jean Faniel, directeur du CRISP, centre de recherche et d’informations socio-politiques à Bruxelles, intervenant régulier dans les médias belges pour analyser la vie politique.

L'histoire du vote obligatoire en Belgique

En 1893, sous la pression du mouvement ouvrier, le scrutin électoral belge a été élargi au suffrage universel mais réservé aux hommes et inégal puisque les citoyens les plus fortunés avaient deux ou trois voix, alors que les ouvriers ou les paysans n'en avaient qu'une seule. Jean Faniel explique que c'est à ce moment là, que l'on décide de rendre le vote obligatoire.

L'idée était que si on laissait le vote facultatif comme il existait jusqu'alors, on risquait d'avoir seulement le vote des plus extrémistes, comme on disait à l'époque. Il y avait la crainte de la part des classes dirigeantes que seuls les ouvriers ou les paysans les plus motivés, et donc peut être ceux qui étaient le plus contre l'ordre établi, notamment ceux qui défendaient le tout jeune Parti socialiste, aillent voter alors que les bourgeois, par exemple, ne se mobiliseraient pas. C'est bien une crainte d'avoir un électorat trop radical. 

Les conditions du vote obligatoire

En Belgique, le vote est donc obligatoire, c'est à dire que tout le monde est inscrit sur les listes électorales d'office dès qu'on a 18 ans et qu'on est citoyen belge.

À partir de là, on est convoqué aux urnes lorsqu'une élection se tient et on est obligé de s'y rendre. Il peut y avoir des excuses qui sont valablement admises, et qui doivent être validées par un juge. Si on ne se présente pas, il peut y avoir des sanctions. C'est un petit peu là, généralement, que le bât blesse. On est tombé aux derniers scrutins, en 2019, à moins de 90% de présence dans les bureaux électoraux parce qu'il y a des gens qui ne se sont pas présentés. S'il y a des sanctions qui peuvent tomber, comme une amende de 40 à 80 euros, jusqu'à 200 euros en cas de récidive, en réalité, les poursuites qui sont menées par le ministère public sont extrêmement hétéroclites. Il y a un peu l'impression dans l'imaginaire qu'il y a très peu de poursuites voire pas du tout.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • directeur du CRISP, centre de recherche et d’informations socio-politiques à Bruxelles.
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......