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Nicolas SARKOZY à la tribune du Conseil National LR

Dans quel monde vit-on ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Primaire à droite qui part à vau-l'eau, l'Union Européenne au bord du délitement et remplacement des journalistes par des robots : quand le lundi matin vire à la dystopie.

Nicolas SARKOZY à la tribune du Conseil National LR
Nicolas SARKOZY à la tribune du Conseil National LR Crédits : Jacky Naegelen

Dans quel monde vit-on ? Hein ? Non mais vraiment ? Eh bien je vais vous le dire, moi dans quel monde on vit… et c’est pas joli joli, comme vous allez pouvoir le constater… parce qu’à bien lire les journaux chaque matin… il y a des jours, comme aujourd’hui, où on se demande si on ne nage pas en pleine dystopie… si nous ne sommes pas tous, en fait, sans le savoir, des personnages de fiction plongés dans un présent imaginaire et cauchemardesque… une sorte de scénario du pire systématique, où tout ne fait qu’aller de mal en pis, sous la plume d’un auteur sadique qui nous regarderait nous agiter en vain avec un petit sourire de contentement.

Et ce qui m’a mis sur l’indice de cette théorie dystopique… c’est que lorsqu’on regarde le spectacle que nous donne le monde politique français… plus personne ne semble y croire, pas un seul journal, quelle que soit son orientation politique…

Tenez, à propos du Conseil National du parti Les Républicains ce week-end… « La défiance vis-à-vis du patron est patente. Nicolas SARKOZY n’est plus si fin manœuvrier, écrit Alain DUSARD dans l’Est Républicain. Il veut imposer un pré-programme et avancer les investitures des députés. La ficelle est grosse. Ou plutôt élastique. Le boomerang lui est déjà revenu en pleine figure hier avec le ralliement du grand sachem Jean-Pierre RAFFARIN à Alain JUPPE. »

« S’imposer en chef, Nicolas SARKOZY ne le peut plus, écrit pour sa part Cécile CORNUDET dans les Echos. Aucune allégeance d’aucune sorte chez ses adversaires en interne. Ils ont rivalisé d’insolence, jusqu’à Jean-François COPE se déclarant pour la primaire sur France 2 au moment où lui s’exprimait sur TF1 ».

Le Parisien ne retient même que ça ce matin, et titre « COPE défie SARKOZY » - quand je vous dis qu’on nage en pleine dystopie… « Pourquoi COPE accélère » titre L’Opinion, qui explique que « c’est pour lui que le conseil national des Républicains ce week-end a été le plus symbolique. Jean-François COPE a fait son retour sur la scène de son parti, vingt mois après sa démission de la présidence de l’UMP suite à l’affaire Bigmalyon. (…) Le député de Seine-et-Marne a aussi un moteur : il a un compte à régler avec Nicolas SARKOZY ».

Ajoutez à ça un soupçon d’Henri GUAINO, un autre ancien fidèle qui est en train, doucement, de dégainer la mitrailleuse… « Depuis des semaines, l’ex-plume de Nicolas SARKOZY à l’Elysée n’en finit plus de prendre ses distances avec se dernier, pourrez-vous lire dans l’Opinion. (…) Pour préparer son éventuelle campagne, Henri GUAINO multiplie les prises de contact. Il a de très bonnes relations avec Sens Commun, l’émanation de la Manif pour tous au sein des Républicains. (…) « Je vais y aller », répète-t-il à nombre de ses interlocuteurs. »

Avec en plus un décrochage continu dans les sondages et les intentions de vote à la primaire… le retour de COPE, l’arrivée de GUAINO, … Vous voyez bien que ce matin… pour l’ancien Président de la République (et pour d’autres)… le cauchemar éveillé n’est pas bien loin.

Mais comme souvent, le pire reste à venir

Indiscutablement, si on en croit un bon nombre de vos journaux… « Le spectre de la crise plane à nouveau sur la zone euro », c’est le gros titre en Une du Figaro aujourd’hui. Le Parisien va même un cran plus loin dans son dossier du jour : « Cette année, l’Union Européenne joue sa survie »

Avec à l’appui, un graphique qui nous explique comment et pourquoi l’UE risque de s’effondrer en quatre points… La vague populiste pour commencer, aux portes du pouvoir comme en France, en Suède ou au Danemark, voire déjà installé comme en Pologne ou en Hongrie. Le drame des réfugiés ensuite, qui divise profondément les dirigeants européens, comme on a pu le voir ce week-end avec Manuel VALLS qui désavoue publiquement la politique d’accueil prônée par Angela MERKEL. Vient ensuite le spectre du Brexit, avec le référendum du 23 juin prochain en Grande Bretagne pour le maintien ou la sortie du pays de l’Union, et enfin les craintes sur la zone euro…

« Pour désigner une accumulation de déveines, les Britanniques parlent de perfect storm. (…) L’expression signifie la conjonction d’éléments à l’origine indépendants mais dont les effets se conjuguent pour le pire. Un « orage parfait », c’est exactement la situation que vit aujourd’hui l’Europe et tout particulièrement la zone euro. La tempête boursière qui a fait perdre un quart de leur valeur aux banques européennes depuis ce début d’année ; l’afflux de réfugiés prêt à s’accélérer dès la fin de l’hiver ; les peurs d’un Brexit en embuscade ; l’ombre portée du terrorisme ; et en arrière plan l’économie mondiale qui va à hue et à dia »

Je vous rappelle rapidement la définition de dystopie : c’est la description d’une société organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. On est pas mal là, non ?

Peut-être, mais ce sera pire demain.

Je ne vous le fais pas dire, mon cher Guillaume… déjà parce qu’il y aura encore moins de journaux à commenter… les Echos et le Figaro nous apprennent ce matin qu’en Grande Bretagne, The Independent, quotidien historique de centre gauche, va cesser de paraître en version papier. Racheté en 2010 par l’oligarque russe Alexander LEBEDEV pour 1 euro symbolique, ses ventes en librairie étaient en chute libre… reste à savoir s’il peut survivre sous format numérique, s’interrogent les Echos.

Et surtout écrit par qui, si l’on en croit cet autre article publié ce matin dans l’Humanité, et intitulé « Cet article n’a pas été rédigé par un robot »… L’Humanité revient sur cette tendance émergente, via la société Syllabs, d’un algorithme qui écrit automatiquement des articles… ça ne se passe pas du tout dans un futur proche, mais dans un passé proche puisque « aux dernières élections régionales de décembre 2015, le Monde l’Express Radio France et le Parisien ont utilisé son logiciel pour transmettre les premiers résultats, en articles, des scrutins ». Vous avez donc certainement déjà lu un article publié par un robot… On apprend entre autres que l’utilisation de Syllabs coute en moyenne 20 000 euros à un média pour deux soirées électorales.

Si je résume, face à la disparition progressive des médias papier et la généralisation future de l’utilisation d’algorithmes pour remplacer les journalistes, d’ici quelques mois, je serai moi-même remplacé par un androïde et condamné à rêver de moutons électriques… à moins, évidemment, que je ne dorme plus et que je me mette à faire des origamis.

Chroniques

8H55
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La Séquence des partenaires : Lundi 15 février 2016
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