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Marvin Minsky

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Qui dit numérique dit nombre… Des 1 et des zéros. Et 88 aussi. + 88%, c’est l’augmentation des achats via le téléphone mobile et les tablettes en un an en France. La revue de presse sera numérique ce matin ?

Marvin Minsky
Marvin Minsky Crédits : Ingo Wagner - Maxppp

 

Avec 6 milliards d’euros de produits vendus, la vente et l’achat par smartphone représentent 10% du commerce électronique. C’est ce qu’on lit dans le Figaro ce matin. Paradoxalement, l’article d’Olivia Detroyat parle aussi, en parallèle d’un « retour en force des boutiques », comprendre : des boutiques en dur. « Les pure players, donc natifs du web directement, sont de plus en plus nombreux à ouvrir des showrooms ou des boutiques ». Et on nous dit que les mentalités évoluent quant au commerce par smartphone : « Comme nous avons eu un effet wahou sur le net il y a 4 ou 5 ans, il y a un effet wahou sur le mobile », voilà ce que dit dans l’article une experte du domaine.

Et là, quand même, une question : « effet wahou ».

Si cette dame avait travaillé dans l’étude des marchés des matières premières, par exemple, ou dans l’expertise du micro-crédit dans le sous-continent indien, aurait-elle jamais utilisé cette expression d’ « effet wahou » ? Certes, on comprend ce qu’elle veut dire. Mais ça maintient ce qui touche aux nouvelles technologies dans une forme d’enfance de pacotille…« Effet wahou »… Il reste encore dans on ne sait quel inconscient un côté gadget à ces questions…

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Un côté gadget qu’on retrouve aussi, dans une certaine mesure, dans l’information selon laquelle « un ordinateur a battu un champion du jeu de go ». Marc Cherki nous en parle, toujours dans le Figaro. « AlphaGo, un logiciel conçu par des chercheurs de Google DeepMind, vient d’écraser 5 à 0 le champion européen en titre du go ». « Le nombre de combinaisons possibles est incroyablement plus élevé au jeu de go qu’aux échecs », rappelle un chercheur de l’Inria, l’Institut national de recherche en informatique et automatique, qui a travaillé sur le sujet. « Pour améliorer l’algorithme initial, le logiciel AlphaGo a été associé à la notion dite de ‘deep learning’ », nous explique-t-on.

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« C'est-à-dire une mécanique qui mime le fonctionnement du cerveau, en mettant en série de nombreux petits réseaux de neurones informatiques ». Et on comprend que ce type d’information est aussi un coup marketing, à un moment où les géants Google, Facebook, Apple, investissent massivement dans le deep learning, se concurrencent, rachètent des startups spécialisées dans le domaine, et alors que l’intelligence artificielle est déjà présente « au cœur de produits grand public. »"L’Intelligence articielle qui a perdu un de ses pères…" « Le dernier des pères de l’intelligence artificielle », l’Américain Marvin Minsky est mort dimanche à 88 ans à Boston. Hervé Morin dans Le Monde daté d’aujourd’hui fait son portrait. Il avait créé le laboratoire d’intelligence artificielle du MIT le Massachusetts Institute of Technology en 1959, et avant ça il avait inventé le premier simulateur de réseau neuronal, en 1951. « En 1956, il fait partie des organisateurs d’une école d’été au Dartmouth College, dans le New Hampshire, avec notamment Claude Shannon, le père de la théorie de l’information. ‘Leur idée était de concevoir une discipline nouvelle et Minsky a eu un apport majeur’, souligne Jean-Gabriel Ganascia, du laboratoire d’informatique de Paris 6. »

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Par ailleurs, Jean-noël Lafargue (sur Rue89) souligne un paradoxe : « Puisqu’il a, à lui seul, personnalisé l’intelligence artificielle, Minsky a parfois eu (à son corps défendant, je crois) un poids exagéré sur sa discipline : ce qui ne passait pas par lui peinait à exister. Ainsi, lorsque Minsky et Papert ont pointé les limites théoriques qu’ils voyaient aux réseaux de neurones formels dans leur livre « Perceptrons » (en 1969), cette discipline associée à l’intelligence artificielle a aussitôt perdu ses soutiens financiers pour une bonne dizaine d’années, et elle a disparu de l’espace médiatique jusqu’à son récent et admirable retour sous la forme du deep learning. »

"Minsky, c’est un visage dans l’information du jour ?"

Un visage parmi d’autres visages. Mais il y en a qui refusent encore de montrer leur visage à l’heure de la facebookisation du monde et de l’accès un peu partout par le biais de notre profil. C’est le cas du chanteur Gérard Manset qui refuse qu’on le prenne en photo pour son portrait en dernière page de Libération ce matin. Alors c’est un dessin, signé Killoffer, qui le représente. « Il autorise – généreusement – l’illustrateur à prendre des notes graphiques de sa personne », écrit Philippe Brochen dans Libé. « Après cinq minutes d’esquisses, le collègue est promptement invité à ranger son feutre ». Et le tout à l’avenant. L’interprète de Animal on est mal apparaît mal embouché et cassant. « Je ne veux pas faire le coq, mais on n’a pas envie de faire partie de cette chanson française », dit-il à un moment. « Je suis dans la poésie, dans le dadaïsme, pas dans les auteurs Sacem ». Au fond derrière tout ça, il y a la question de la distinction. Et aujourd’hui donc, pour se distinguer. « Il faut rentrer dans ses coquilles », dit Manset. Et on cache son visage. Se distinguer, c’est disparaître.

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Par Thomas Baumgartner

Chroniques
8H55
3 min
La Séquence des partenaires
La Séquence des partenaires : Vendredi 29 janvier 2016
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