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Nicolas SARKOZY au Conseil National LR ce week-end

Puissance et Gloire II

6 min
À retrouver dans l'émission

Argent, mensonge, rebondissements, tricherie : le nouvel épisode du feuilleton politico-judiciaire qui touche Nicolas SARKOZY est digne de la série "Châteauvallon", le Dallas français des années 80.

Nicolas SARKOZY au Conseil National LR ce week-end
Nicolas SARKOZY au Conseil National LR ce week-end Crédits : Jacky Naegelen

Tous ces souvenirs qui se bousculent soudain dans votre esprit à l’évocation de ces deux mots, telle l’explosion dans un feu d’artifice de pantalons à pince, d’épaulettes et de brushing outrageusement laqués… puissance et gloire, ce sont les mots totems de votre série télé préférée dans les années 80… Châteauvallon, le Dallas à la française…

Deux mots qui évoquent le pouvoir, l’argent, les magouilles, les trahisons… soit également ce que nous sommes en train de vivre en direct avec cette nouvelle mise en examen de Nicolas SARKOZY pour financement illégal de la campagne présidentielle de 2012…

Et c’est vraiment à la manière d’un croustillant feuilleton à rebondissements que la presse narre ce nouvel épisode politico-judiciaire… « encore une fois, le rapport entre politique et argent flétrit l’image » de l’ex-chef de l’Etat, écrit Raymond COURAUD dans l’Alsace. « La question se pose désormais de savoir si Nicolas SARKOZY pourra se dépêtrer de ses ennuis judiciaires en à peine plus d’un an. Il serait étonnant que les Français élisent un revenant au linceul terni. Sauf à choisir un miraculé, capable de sauter sans ciller du palais de justice à celui de l’Elysée ».

Mais comme dans tout bon feuilleton, ce sont les embûches qui permettent au héros de se dépasser et de revenir triomphant, c’est en tout cas l’analyse de Jean-Marc CHEVAUCHE dans le Courrier Picard : « Cette nouvelle épine dans le pied est aussi de nature à regonfler SARKOZY à bloc. On le sait, il n’aime rien tant que l’adversité. Dès lors, ceux qui doivent craindre plus encore que lui cette péripétie pré-électorale (notez l’emploi du mot « péripétie », hein… on est bien dans le rebondissement quasi-fictionnel), sont peut-être JUPPE et les autres, plus que l’ancien président lui-même. »

Et d’ailleurs le Parisien dresse ce matin un tableau récapitulatif en ce sens… avec les personnages qui sortent renforcés, et ceux qui sont affaiblis par cette « péripétie »… « Pour eux, c’est tout bénéf » titre une partie de l’article… eux, ce sont Jean-François COPE, François FILLON et Alain JUPPE. En revanche, « ça n’arrange pas leurs affaires », à François HOLLANDE – qui espérait rejouer 2012 pour être qualifié au 2nd tour, à Marine LE PEN, qui est reléguée en 2ème place si c’est Alain JUPPE le candidat, et François BAYROU, qui espérait une candidature SARKOZY pour pouvoir malgré tout se présenter.

Le beau feuilleton que voilà… le rebondissement est tellement énorme qu’il est amusant de lire, ce matin, l’édito certainement le plus mesuré de tous… celui de Laurent JOFFRIN dans Libération… qui écrit « Les indices peuvent se révéler fragiles, insuffisants et l’accusation peut encore s’effondrer. Dans la riche carrière judiciaire de Nicolas SARKOZY, la chose s’est déjà vue, par exemple dans l’affaire BETTENCOURT. On doit donc s’arrêter là dans le commentaire : le soupçon, fort heureusement, ne suffit pas à condamner un homme, ni devant la justice, ni devant l’opinion », selon le patron de Libé.

Devant la justice, bien heureusement… devant l’opinion… rien n’est moins sûr, mais arrêtons nous là, jusqu’au prochain épisode…

Et le prochain épisode justement… il arrive bientôt

Eh bien oui… parce que si la mise en examen d’hier a tout du spectaculaire nécessaire pour tricoter un storytelling parfait… les trois autres mises en examen de l’ex-chef de l’Etat, pour « corruption active, trafic d’influence et violation du secret professionnel », passées un peu plus inaperçues, sont elles susceptibles d’aboutir bien plus rapidement à un procès… et à une éventuelle condamnation… « La justice soupçonne l’ex-chef de l’Etat d’avoir sollicité un haut magistrat de la Cour de Cassation afin d’obtenir des informations confidentielles sur un dossier en cours », rappelle Libé.

Le Figaro et Libération sont d’ailleurs d’accord sur un point… « Juridiquement, c’est la première affaire – celle des écoutes – qui risque d’être encore plus délicate que la seconde (…) ne serait-ce que parce que le patron de LR, en plus de la prison, risque l’inéligibilité pure et simple », explique Libé. Le Figaro ne dit pas autre chose : « la Cour de Cassation doit valider, le 22 mars prochain, les écoutes entre Nicolas SARKOZY et son avocat. Si c’est le cas, l’affaire pourrait aller en procès dans les prochains mois. Cela pourrait intervenir au pire moment qui soit, c’est-à-dire en pleine primaire de la droite. »

Vous voyez que le suspens est à son comble… mais… mais… il manque un personnage central…

Et oui… où est Chantal NOBEL ?

Bien vu Guillaume… que serait Dallas sans JR, Magnum sans Magnum… et Châteauvallon sans Chantal NOBEL ? Or vous n’êtes pas sans savoir que cette série française était librement inspirée de l’histoire d’une vraie famille… la famille BAYLET… tout à fait… celle du patron du PRG, récemment nommé ministre de l’aménagement du territoire… et patron de presse, puisque la famille BAYLET possède notamment la Dépêche du Midi ainsi que, plus récemment, le Midi Libre…

Et voilà donc où Chantal NOBEL entre en scène… via Marie-France MARCHAND-BAYLET… la femme de Jean-Michel allez-vous me dire… pas du tout ! L’ex-femme de Jean-Michel… mais actuelle femme de Laurent FABIUS… ah oui, dans les séries il faut suivre un peu…

Eh bien figurez-vous que, comme nous l’apprend le JDD… Jean-Michel BAYLET étant contraint de laisser son poste de PDG du groupe Presse News, et donc de la Dépêche du Midi… c’est donc son ex-femme, et donc compagne de l’ex-ministre des Affaires Etrangères, et futur président du Conseil Constitutionnel, qui va prendre sa place à la tête du groupe de presse.

Alors pour conclure et se reposer un peu les méninges, à rebours de ce feuilleton hystérique de l’actualité politico-médiatique, qui s’use un peu il faut bien l’avouer… je terminerai par cet hommage, à lire dans Libération, à Thérèse CLERC, militante féministe, fondatrice de la Maison des Babayagas à Montreuil en région parisienne, une maison où vivaient « en liberté » - à rebours de l’enfermement de bien des établissements pour personnes âgées – et en communauté une vingtaine de femmes âgées entre 60 et 80 ans… Thérèse CLERC s’est éteinte hier à l’âge de 88 ans. Je vous recommande vivement de réécouter l’émission Hors Champ que Laure ADLER lui avait consacrée sur France Culture en avril 2014.

Chroniques

8H55
3 min

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La Séquence des partenaires : Mercredi 17 février 2016
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