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Villes-Monde

6 min
À retrouver dans l'émission

Davos et son forum économique mondial, Marseille et la disparition d'Edmonde CHARLES-ROUX : portrait de deux villes-monde l'espace de quelques instants.
Ce n’est pas juste une façon détournée de faire la promotion de l’excellente émission de France Culture tous les dimanches à 15h… quoi que… non, c’est aussi l’actualité du jour, dominée par deux villes qui prennent, en ce vendredi 22 janvier, des proportions plus larges que leurs seules frontières géographiques…

Laurent Fabius au forum de Davos
Laurent Fabius au forum de Davos Crédits : Reuters

La première, c’est une petite station de ski du canton de Grisons, dans les Alpes Suisse, dont Wikipedia nous apprend qu’elle compte un peu plus de 11 000 habitants au dernier recensement… et qui accueille, depuis 1971, et cette année depuis hier, le très prestigieux forum économique mondial…

Un forum qui réunit tout le gratin économico-politique de la planète… Un forum vis-à-vis duquel l’actuel gouvernement était plutôt méfiant jusqu’alors… « Il y a deux ans, rappelle Paule MASSON dans l’Humanité, la délégation française rasait les murs en expliquant : « Davos, c’est pas notre truc ». Depuis VALLS et HOLLANDE attaquent sur tous les fronts pour accompagner la contrerévolution qui se joue dans la station huppée des Alpes suisses. » « Au cœur de cette finance dont le candidat HOLLANDE avait fait son « véritable adversaire », écrit aussi Philippe MARCACCI dans l’Est Républicain… Ce déplacement était une première pour le chef du gouvernement. Estampillé ambassadeur de la France qui réforme, Emmanuel MACRON dispute au bouillant Manuel VALLS l’étendard social-libéral. »

Mais outre le revirement très libéral du gouvernement VALLS, et les effets d’affichage du ministre de l’économie… outre cette « quatrième révolution industrielle » qui risque, selon le Forum économique mondial, via l’automatisation et l’ubérisation, de détruire plus de 5 millions d’emploi… ce qui se joue à Davos, ce qui fait de Davos une ville monde… c’est en filigrane le constat de la déchéance d’une certaine idée de l’Europe…

Manuel VALLS a ainsi tenu hier un discours « d’Etat d’urgence européen » écrit Bernard STEPHAN dans la Montagne. « L’Europe semble voguer chaque jour un peu plus vers sa perte, analyse également Jean-Louis HERVOIS dans la Charente Libre. (…) HOLLANDE et VALLS sonnent l’alerte et prient le Royaume-Uni de refuser le divorce. » Si « David CAMERON mène la danse, écrit Mickaël TASSART dans le Courrier Picard, il est aussi le porte-voix de ceux qui, comme lui, souhaitent que l’Union européenne fasse son autocritique et se réforme. »

En résumé, « l’UE avec ses 28 membres, devenue géante économique, demeure un nain politique dans le concert mondial, selon Bruno BECARD dans la Nouvelle République. Son obésité, sans défense commune, lui interdit l’agilité diplomatique : une évidence encore aujourd’hui sur la mauvaise pente de Davos enneigé. » « L’Europe est malade. On est arrivé à un point où elle a besoin de reconstructeurs. Mais en 2015, conclut Bernard STEPHAN, reprenant les mots de François MITTERRAND, elle n’a eu que des comptables. »

L’autre ville-monde ce matin… c’est Marseille

Oui, Marseille qui vient de perdre l’une de ses grandes figures, une très grande dame indocile comme le titre l’Humanité, qui lui consacre sa couverture… Edmonde CHARLES-ROUX, romancière, Prix Goncourt dont elle dirigea également l’Académie, et disparue hier…

« Au questionnaire de Proust, sa définition du bonheur parfait disait tout : « Naviguer à la voile un jour de vent favorable, dans la baie de Marseille. » Première dame de la cité phocéenne en épousant Gaston DEFERRE, Edmonde CHARLES-ROUX a une véritable passion pour la ville de Marseille », écrit Philippe-Jean CATINCHI dans Le Monde.

Hasard des obituaires, alors que je vous parlais ici même d’Ettore SCOLA hier et de son engagement politique… il en va de même pour Edmonde CHARLES-ROUX… qui a régulièrement écrit dans l’Humanité… vous trouverez dans l’édition du jour des extraits de ses articles… Patrick LE HYARIC, le directeur du journal lui rend hommage… il rappelle comment la « présidente du Prix Goncourt ne manquait jamais une fête de l’Huma, où elle était aussi active qu’attentive, souvent émerveillée de la réussite et de la diversité de cet événement populaire que Louis ARAGON lui avait fait découvrir. »

« Elle pouvait aller à la fête de l’Huma en tailleur Chanel, c’est crâne je trouve ça très bien », se remémore Bernard PIVOT.

« Edmonde, c’était tout un monde ! » titre encore le Parisien… et Marseille ville-monde pour Edmonde, parce que, non contente d’être la première dame de la 2ème ville de France… « Elle aurait fait une parfaite présidente de la République », estime Didier DECOIN dans Le Parisien. « Quand elle prenait une décision, elle allait jusqu’au bout. Elle était aussi une extraordinaire démocrate… elle avait la tolérance, l’aisance, l’élégance », se souvient le secrétaire général de l’Académie Goncourt.

« Une femme exceptionnelle, aux frontières des arts et de la politique », pour Etienne de MONTETY dans le Figaro, qui rappelle que celle qui fut infirmière en 1940 pour la légion étrangère ne manquait jamais la cérémonie annuelle de la Camerone, chaque 30 avril à Aubagne. Pas étonnant : elle était à l’image de cette institution : pleine de charme, mystérieuse et follement romanesque. »

Et puisqu’on vient d’évoquer une grande écrivaine… une petite révolution dans l’écriture

Oui, une question à vous tous, à l’emporte pièce… comment fait-on un « ç » majuscule sur un clavier AZERTY ? Alors…

Et bien le raccourci idoine, c’est « Contrôle virgule » d’abord et ensuite « shift c ». Voilà… pas très simple, quoi. Et je ne vous parle pas du e dans l’o, ou pire, du e dans l’a. C’est pour remédier enfin à cet insupportable état de complexité alphanumérique que le ministère de la Culture a décidé de se saisir du problème à bras le corps. Voilà donc que la Délégation générale à la langue française et aux langues de France « a confié à l’Association française de normalisation le soin de concevoir un nouveau clavier susceptible de pallier ces défauts », rapporte la Croix.

Sera-t-il bientôt beaucoup plus facile de taper directement « Ça, c’est l’œil de Laetitia ? » sans utiliser 371 touches de clavier… Pour le lexicologue Jean PRUVOST : « ces problèmes d’accent résultent de l’incompétence des utilisateurs. Il est très facile de programmer des raccourcis de touches pour cela, mais les gens l’ignorent. » Jean PRUVOST qui ajoute : « Je vois mes étudiants taper avec deux doigts, c’est n’importe quoi. Taper, c’est comme écrire, ça s’apprend. » Conclusion, vous me ferez 10 pages de « Ça c’est l’œil de Laetitia » pour lundi. Et que ça saute.

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