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Lors de la cérémonie célébrant les 100 ans du Parti Communiste Chinois

Que reste-t-il du Parti Communiste Chinois de 1921 ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine retour sur les célébrations du 100ème anniversaire du Partie Communiste Chinois, le PCC...

Lors de la cérémonie célébrant les 100 ans du Parti Communiste Chinois
Lors de la cérémonie célébrant les 100 ans du Parti Communiste Chinois Crédits : VCG / Contributeur - Getty

Le Parti, le gouvernement, l’armée, la société et l’université, l’Est, l’Ouest, le Sud, le Nord et le Centre : le Parti dirige tout.

Cette maxime héritée du maoïsme, disparue pendant plusieurs décennies, réapparue depuis l’accession au pouvoir de Xi Jinping, illustre bien l’orientation du "Parti Communiste Chinois", souligné par la presse cette semaine…

Sur la plateforme The Conversation, Emmanuel Véron et Emmanuel Lincot, tous deux spécialistes de la Chine et respectivement enseignants à l’INALCO et à l’Institut Catholique de Paris, constatent la puissance de ce parti qui revendique la place de premier parti politique au monde avec ses plus de 90 millions d’encartés. Un parti, expliquent les deux chercheurs, qui « irrigue toute la société (…) mais qui ne fut pas exempt de phases de crises, de luttes intestines et d’intrigues ». Et les deux sinologues de remonter l’histoire des purges du PCC, du crash d’avion du dauphin présumé de Mao Zedong, à la mise aux oubliettes en 1989, du secrétaire général du parti qui s’était opposé à la répression du mouvement de la place Tian’anmen, ou plus récemment à la condamnation à vie pour corruption de Bo Xilai, le rival de Xi Jinping. Mais ce qui frappe avant tout les deux chercheurs, c’est la « relation ambiguë que le parti entretient avec sa propre mémoire et son histoire » : « Pékin alterne successivement des séquences hypermnésiques et d’autres amnésiques. Ces dernières sont bien souvent le fait des dérives totalitaires du régime : exactions, sacrifices et violences ». Et c’est ainsi que s’oublie la révolution culturelle et que se renforce, partout en Chine, le « tourisme rouge » à la gloire de Mao, et dont Xi Jinping se fait l’héritier politique » nous rappellent Emmanuel Véron et Emmanuel Lincot dans The Conversation..

Où va la Chine de Xi Jinping ? 

Et dans le magazine Diplomatie, qui fait sa Une sur le centenaire du PCC, Marc Julienne se pose une question : « Où va la Chine de Xi Jinping » … 

Le responsable des activités Chine de l’IFRI, l’Institut Français des Relations Internationales l’affirme : « Xi Jinping est le dirigeant le plus puissant depuis Mao ». « Au delà des slogans tels que le « rêve chinois », la gouvernance « du prince rouge » se caractérise par un autoritarisme exacerbé reposant sur le concept de « sécurité nationale », de discipline, d’idéologie, et d’aventurisme sur la scène internationale » analyse le politologue. Un dispositif davantage destiné à préserver la sécurité politique du « Parti » plutôt que celle de la « nation » selon Marc Julienne, qui ajoute un bémol à cette toute puissance : « La pression exercée sur les cadres, sur les entreprises publiques et privées et sur la société civile dans son ensemble ne manquent pas de créer frustrations et ressentiment, auxquels Xi ne répond que par davantage de répression. Il conclut : « Le PCC chemine actuellement sur la voie d’un nouveau totalitarisme, dont la puissance économique, technologique et militaire est tout aussi préoccupante que ses vulnérabilités. »

Le parti communiste chinois est-il devenu capitaliste ? 

Et dans Le Monde diplomatique, Jérôme Doyon s’interroge : « Que reste-t-il du communisme en Chine ? ».

« Le parti Communiste chinois est-il devenu capitaliste ? » se demande le maitre de conférence à la Oxford School of Global and Aerea Studies, qui constate « la puissance de cet «État-parti » qui dirige 30% du PIB de la deuxième économie du monde », et « l’augmentation exponentielles des inégalités » : celles-ci, souligne-t-il, « se sont multipliées par 15 depuis 1990 ». Un exemple parfait de capitalisme d’État, pour Jérôme Doyon qui souligne un paradoxe : « bien que l’idéologie communiste ne structure plus le recrutement du PCC, sa forme organisationnelle léniniste reste au centre de la relation entre l’État et le capital ». 

Et le chercheur décortique la manière dont le PCC est entré dans le monde de l’entreprise privée à travers une « injonction à la loyauté et une éthique professionnelle ». Ainsi depuis 2018, précise-t-il, « les sociétés cotées sur le marché chinois ont pour obligation d’ouvrir une cellule du « Parti »». Il ajoute : « Il ne s’agit pas de s’assurer de la pureté idéologique des cadres et des adhérents mais de leur allégeance à l’organisation et à son chef (…) ». « Concentré sur sa propre survie et caractérisé par un grand pragmatisme voire par un vide idéologique, poursuit le sinologue dans Le Monde diplomatique, le PCC intègre donc dans ses rangs un nombre croissant de capitalistes, tout en devenant de plus en plus présent dans les entreprises ». Une alliance asymétrique qui se retrouve en dehors des frontières nationales pour Jérôme Doyon qui conclut : « s’il a renoncé à l’internationalisme maoïste, le PCC exporte désormais son mode d’organisation et ses outils disciplinaires ». 

Par Mattéo Caranta

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