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Ouvrages d'Arthur Rimbaud et Paul Verlaine

Comment honorer les rebelles ?

3 min
À retrouver dans l'émission

La question est vaste et se retrouve déclinée de façon très différente dans l'Opinion ou le Figaro...

Ouvrages d'Arthur Rimbaud et Paul Verlaine
Ouvrages d'Arthur Rimbaud et Paul Verlaine Crédits : BERTRAND GUAY / AFP - AFP

Les foules peuvent-elles vraiment gagner ? C'est une chronique dans l'Opinion qui soulève des interrogations remuantes.  "Aujourd’hui, peut-on lire, la "rue" s’oppose au régime politique, à Hong Kong ou à Beyrouth".  

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Comment les autres pays peuvent-ils soutenir la "rue" face aux régimes autoritaires ? C'est toute la question.  Et il y a deux approches différentes.  "Barack Obama, lit-on, avait proposé la "patience stratégique" : pas de déclaration lyrique, mais des sanctions qui finiront par faire mal. La France avec Emmanuel Macron au Liban (...) ou l’administration Trump à Hong Kong, privilégient la riposte immédiate, exigent des réponses. Au risque d’être accusées d’immixtion". Avec ces deux approches il y a deux risques: d'un côté "la crainte de la surréaction comme en Libye en 2011", et de l'autre "le syndrome de Munich, une inaction coupable". L'Opinion appelle "les démocraties à se doter d’une stratégie collective méthodique pour appréhender ces dilemmes". 

Comment soutenir les rebelles ? Voilà une question particulièrement actuelle.  

Deux rebelles, par exemple, ont fait la une de l'actualité ces jours-ci. Ils s'appellent Rimbaud et Verlaine. Pour les honorer faut-il les installer au Panthéon ?  C'est ce que réclame une pétition signée par Roselyne Bachelot ministre de la culture.  

Mauvaise idée selon Etienne de Montety dans le Figaro. "Toute la vie des deux poètes, écrit-il, tourne le dos à la société. Ils furent épris de liberté, jusqu’à faire de la transgression un art de vivre". Il ne faut donc pas "les enfermer au musée des grands hommes". "Leurs territoires, n’étaient pas les palais de la République. C’étaient des tavernes enfumées à s’intoxiquer de tabac et d’absinthe (...) les chemins d’Abyssinie à faire commerce d’armes à feu de contrebande". 

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En lisant ces lignes on se pose une question. Si ces deux rebelles vivaient aujourd'hui, est-ce que certains n'auraient pas eu envie de les "cancel" ? Les faire taire ?  Cela nous renvoie à cette grande étude de Laure Daussy sur le site de Charlie Hebdo qui évoque la cancel culture

L'idée est assez en vogue, elle consiste à effacer du paysage, purement et simplement, "une personne quand sa parole est jugée offensante".  L'étude dans Charlie est passionnante, extrêmement complète, elle cite de nombreux exemples. James Bennet directeur des pages « Opinion » du New York Times licencié après la parution d’une tribune d’un sénateur républicain, ou en France, Sylviane Agacinski,  dont la venue à l’université de Bordeaux a été annulée sous la pression de plusieurs associations. "Si la "cancel culture" fait rage avant tout aux États-Unis, peut-on lire, cela pourrait s’expliquer paradoxalement, par la liberté d’expression absolue inscrite dans la Constitution. C’est l’analyse de la chercheuse Nathalie Heinich : comme la loi ne limite pas cette liberté d’expression, c’est le peuple qui se mobilise. Mais son importation en France, dit-elle, est d’autant plus absurde". 

Dans le New York Times on parle d'une idée politique en vogue: les baby bonds.  

L'idée est née en Grande Bretagne. Toutes les personnes nées entre 2002 et 2011 ont reçu du gouvernement, à leur naissance, un compte d'épargne utilisable dès leur 18 ans. Aujourd'hui, tous y ont accès. Certains contiennent plus de 5 000 livres  (5400 euros). 

L'idée commence à s'exporter.  Philip Murphy, gouverneur du New Jersey, propose de créer le premier programme américain de baby  bonds.  "L'argent, lit-on, pourrait être utilisé pour payer les frais de scolarité, acheter une maison, créer une entreprise (...) Voilà qui peut donner aux enfants une meilleure chance de prospérer". Pour certains républicains la mesure coûte trop cher, 80 millions de dollars par an. 

Sera-t-elle adoptée ou non ? En tout cas, on l'a compris, le New York Times y est très favorable. "Si l'on n'agit pas maintenant, les inégalités futures s'accentueront" écrit-il. 

Sous entendu: un bébé avec un compte d'épargne aujourd'hui , c'est peut-être un rebelle en moins à gérer pour la société demain...

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