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Manifestation le 17 novembre à Toulouse contre la loi sur la sécurité globale

Liberté de la presse : ces dispositions et propos qui inquiètent

4 min
À retrouver dans l'émission

Plusieurs dispositions, adoptées ou en projet, ainsi que plusieurs propos du gouvernement, inquiètent au sujet de la liberté de la presse. Revue de presse des idées.

Manifestation le 17 novembre à Toulouse contre la loi sur la sécurité globale
Manifestation le 17 novembre à Toulouse contre la loi sur la sécurité globale Crédits : Lionel BONAVENTURE / AFP - AFP

Le débat sur la liberté de la presse a marqué l'actualité cette semaine. Il s'est décliné de plusieurs façons.

Par exemple celle-ci: les journalistes doivent-ils s'accréditer dorénavant pour couvrir une manifestation ? C'est ce qu'a laissé entendre mercredi Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur, avant de rétropédaler en quelques sortes, et de faire une déclaration beaucoup plus modérée selon laquelle "les journalistes peuvent, sans en avoir l’obligation, prendre contact avec les préfectures en amont des manifestations". Même si le ministre a essayé de calmer le jeu, les inquiétudes sont là et on peut les lire dans la presse.

Nous n’accréditerons pas nos journalistes pour couvrir les manifestations, c'est le titre d'une tribune publiée hier, donc après la marche arrière de la Place Beauvau. Cette tribune a été signée par les directions d'une trentaine de rédactions. La diversité des sensibilités montre à quel point le sujet est fédérateur, puisque cela va de Mediapart au Point en passant par La Croix, le Canard Enchaîné, et les rédactions de Radio France.

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"Les journalistes, peut-on lire, n’ont pas à se rapprocher de la préfecture de police pour couvrir une manifestation. Il n’y a pas d’accréditation à avoir pour exercer librement notre métier sur la voie publique".

L'affaire se déroule de la même façon pour le fameux article 24 de la loi de sécurité globale qui vient d'être adopté par les députés. Le gouvernement se rend compte qu'il a allumé un incendie, essaye de l'éteindre mais ne semble pas y parvenir pour le moment.

Cet article, on le rappelle, pénalise la diffusion malveillante d' images des forces de l'ordre. Là encore la presse s'inquiète. Est-ce une façon de contrôler la couverture journalistique des interventions policières ? Le ministre de l'intérieur a finalement adopté un amendement qui garantit la liberté de la presse dans cet article. Mais malgré tout là encore les inquiétudes restent vives.

"Aucune réécriture ne peut plus justifier l’indéfendable article 24, dont la suppression pure et simple s’impose désormais". C'est ce qu'écrivait hier encore dans un éditorial le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio.

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De son côté Christophe Deloire, président de Reporters sans Frontières s'exprime sur le sujet sur le site de L'Obs. Cet entretien a été publié hier.

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A le lire, on comprend que, pour lui, c'est une sorte de boîte de Pandore qui est ouverte. Voici ses mots "le risque, c'est que cette loi entraîne sur le terrain des comportements attentatoires à la liberté de la presse. Si l’on observe les pratiques policières en ce moment, on comprend que ce risque n’est pas négligeable : des policiers empêchent déjà des journalistes de filmer (...) Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin tient également des propos extrêmement inquiétants, dit-il, qui témoignent d’une conception très réductrice de la liberté de la presse".

Quant à cet amendement finalement introduit pour garantir le droit d'informer, il ne rassure pas Christophe Deloire.

"Les belles phrases, dit-il, ne suffisent pas à régler le problème. Il faut s’interroger sur le texte lui-même et sur l’interprétation, y compris abusive, qui peut en être faite".

D'autres projets de loi inquiètent également la presse. 

Le Garde des Sceaux Eric Dupont-Moretti veut ainsi s'attaquer à la haine en ligne, réprimer la violence sur Twitter, Facebook ou Snapchat. Il y a un article à lire dans L'opinion notamment sur le sujet.

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On apprend que pour le ministre de la justice, trop de personnes coupables d'incitation à la haine en ligne profitent des dispositions de la loi de 1881 sur la liberté d'expression de la presse alors qu'"elles ne le méritent pas" parce qu'elles "ne sont pas journalistes".

Problème : qui est journaliste ? Est-ce la loi qui va le dire ?

Cela inquiète Alexis Lévrier, historien de la presse à l’université de Reims, interrogé par l'Opinion.

Pour lui attention à ne pas donner "le sentiment que l’Etat accrédite les journalistes". "Ce n’est pas à l'Etat, dit-il, de définir qui est journaliste et qui ne l’est pas. La loi de 1881 arrache la presse à la tutelle du pouvoir sans dire qui doit en bénéficier. C’est lié au fait que la presse est un ‘‘professionnalisme du flou’’, qui ne se définit pas par la seule carte de presse mais par des points de passage avec la société". 

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