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Les villes vertes sont-elles viables ?

Par la ville ou le travail : comment réduire les émissions de carbone ?

4 min
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Alors que les Nations Unis célèbrent aujourd’hui la journée mondiale pour l’environnement, plusieurs articles s’interrogent : comment réduire les émissions de carbone...

Les villes vertes sont-elles viables ?
Les villes vertes sont-elles viables ? Crédits : Andriy Onufriyenko - Getty

Dans Le Monde diplomatique, la journaliste Claire Lecoeuvre revient longuement sur une des propositions initiales de la convention citoyenne pour le climat, retirée par la suite, réduire le temps de travail et passer à la semaine de 28 heures : « travailler moins pour polluer moins ».  Il existe bien un lien étroit entre notre temps de travail et notre empreinte écologique note la journaliste qui cite une étude américaine comparative parue en 2007 sur la question : si les États-Unis passaient au temps de travail moyen des quinze premiers pays de l’Union européenne, ils économiseraient 18% de leur consommation d’énergie. Dans la situation inverse, c’est l’Europe qui augmenterait la sienne de 25%. Alors comment expliquer une telle corrélation entre travail et émission de gaz à effet de serre... Pour l’économiste Fraçois Xavier Devetter cité par Claire Lecoeuvre, « en disposant plus de temps, l’intensité environnementale de notre consommation diminue ». Mais surtout c’est pour la journaliste le lien entre croissance du bien être et croissance de la production qu’il faut briser. « Dissocier bien être et production pour opérer un changement culturel nécessaire » selon François Xavier Devetter qui propose de transférer les gains de productivité non pas sous forme de revenu mais sous forme de temps libre. Un nouvel espace de réflexion qui reste politiquement « piégeux » en France, conclue Claire Lecoeuvre dans Le Monde diplomatique... 

Et dans Libération, c’est la ville qui trouve tout son espace avec un cahier central : Des vies et des villes en métamorphoses... 

Et parmi les 28 pages d’enquêtes, de reportages et de compte-rendu que le journal publie avant Le parlement des liens qui se tient ce week-end au Centre Pompidou à Paris, la tribune de trois architecte, urbaniste et ingénieur qui nous appellent à convoquer un nouvel imaginaire de la ville pour faire face à sa limite principale : celle-ci ne peut s’accroitre éternellement. Sophie Jeantet, Clémence de Selva et Philippe Bihouix, qui constatent la part importante de la construction dans les émissions de carbone, l’affirment : la densification des villes ne saurait être aujourd’hui une solution écologique, « Même technologisées, même renaturées, les métropoles ne seront jamais ni neutres (en carbone) ni « vertes» ».

« Renaturer 1 hectare d’un sol artificialisé ne sera jamais équivalent à éviter la destruction de 1 hectare de sol » poursuivent les trois signataires de cette tribunes qui proposent plutôt de lutter contre l’obsolescence des lieux, d’apprendre à faire avec l’existant, de prendre soin et de transmettre un héritage urbain comme on transmet un héritage culturel. Surtout, concluent-ils dans Libération : c’est l’aménagement du territoire, la répartition des populations, des services et des emplois, qu’il faut profondément revisiter. Les métropoles ne doivent plus attirer et grandir, mais essaimer : profitons de l’envie de millions de nos concitoyens pour enclencher une profonde évolution de notre rapport aux villes et aux territoires.

Mais dans les échos, Veronique Bédague, croit, elle, en la construction de villes vertes : « la ville bas carbone peut devenir un projet de société ». Un moyen de développement de nouvelle filières économiques pour la directrice générale de la banque Nexity, comme celle du bois, de la réactivation des carrières et la réouverture des usines de terre crue pour construire de nouveaux quartiers. Une ville plus citoyenne pour l ancienne directrice de cabinet du premier ministre Manuel Valls, notamment à travers des transformations de comportements dans le transport, le tri, le compost, ou les économies d’eau. Un moyen pour Véronique Bedague de « faire ensemble » entre le public et le privé, un moyen aussi, je cite, de rendre la ville « plus sensuelle, une ville qui réactive nos sens »... 

Et dans le quotidien « en ligne » de l’écologie Reporterre, Francis Hallé donne une interview au pied d’un chêne. Il parle, lui, d’amour des arbres...

Il y a dans leur rapport au temps quelque chose de fabuleux. Quand je regarde un arbre, aujourd’hui, je me dis que c’est un spectacle que j’aurais pu observer au Crétacé. Tout s’est métamorphosé autour. Les paysages se sont transformés, l’homme est apparu, des villes ont poussé, mais les arbres, eux, demeurent.

Le co-inventeur du radeau des cimes, cette nacelle permettant de se poser sur la canopée des forets, revient sur l’importance de la beauté pour penser la transition écologique et la science.  « En biologie, explique-t-il, la beauté a un sens précis : elle prouve que l’évolution et la phylogenèse ont bien fonctionné. »

Il ajoute : "Je crois qu’il faut se libérer du règne de la mesure. pourquoi la science se résumerait à ce qui est mesurable ? Cultiver une relation intime avec le milieu naturel est essentiel. On ne défend bien que ce que l’on a appris à aimer". 

Par Mattéo Caranta

Chroniques

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