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A Srebrenica proches des victimes et survivants suivent en direct le verdict du procès Mladic

Procès Mladic à la Haye, une page d'histoire se tourne..

4 min

Dans la revue de presse cette semaine la fin du procès Mladic à la Haye, le destin d'Angela Merkel et la querelle sociologique

A Srebrenica proches des victimes et survivants suivent en direct le verdict du procès Mladic
A Srebrenica proches des victimes et survivants suivent en direct le verdict du procès Mladic Crédits : Emre Bastug / Anadolu Agency - AFP

On commence avec la fin du procès Mladic à la Haye, une page d’histoire qui se tourne..

Cinq ans après l’ouverture de son procès au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, le TPIY, Ratko Mladic, le « boucher des Balkans » - comme le surnomme toute la presse depuis les années 90 - a été reconnu coupable jeudi de génocide, de crime de guerre et de crime contre l’humanité commis durant la guerre des Balkans entre 91 et 95. 

A lire pour comprendre les enjeux de ce procès un dossier très complet mis en ligne par Le Courrier des Balkans

Le site d’information francophone spécialiste de la région revient bien sur l’homme, son parcours, ses années de cavales après la guerre et son procès.

Le journal se fait aussi l’écho des réactions sur place suite au verdict : mélange de larmes et de cris de joie du côté des survivants à Srebrenica. A l’opposé dans l’entité serbe de Bosnie, le Président a déclaré que Mladic était un héros et qu’il serait jugé par l’histoire plutôt que par les tribunaux. On le voit la réconciliation est loin d’être achevée. 

Ce dernier procès du TPIY était une étape importante dans l’écriture de la vérité rappelait Le Monde dans son édito jeudi. Mais c’est aussi une victoire au goût amer prévient le journal, qui ne doit pas faire oublier la passivité et l’inaction de la communauté internationale à l’époque

Passivité et inaction, des mots d’une actualité brûlante…On le constate à lire l’interview d’une femme en colère dans le magazine Society. Il s’agit de Carla del Ponte, ancienne procureur du TPIY et encore tout récemment membre de la commission chargée d’enquêter sur les crimes de guerre en Syrie. 

Elle vient d’en claquer la porte. C’est inutile dénonce-t-elle. Tout le monde se fiche de nos rapports, Sur les attaques au gaz sarin par exemple, nous avons des preuves de la culpabilité de l’armée syrienne. J’espère qu’un jour on pourra tenir le procès de Bachar. Il faut y croire. Je pourrai même reprendre du service si l’on mettait en place un tribunal pour la Syrie. Mais, conclue-t-elle fataliste, personne ne va me demander ça. 

Autre sujet de préoccupation cette semaine : l’avenir d’Angela Merkel

L’avenir d’Angela mais surtout l’avenir de l’Allemagne. Les partis ont échoué cette semaine à parvenir à un accord en vue de former un gouvernement. Une crise inédite outre-Rhin qui pourrait voir le départ de Merkel. La Chancelière chancelle titrait lundi Libération..

Et c’est comme si l’Europe tout entière refusait que son pilier, son moteur, son rocher, son gage de stabilité – ce sont les mots relevés dans la presse – soit lui aussi en crise. A lire notamment dans Courrier International le bilan élogieux du Financial Times de la stabilité allemande.

Sur la Russie, sur les réfugiés, sur l’euro, ce sont les décisions prises à Berlin qui comptent rappelle le journal. La crise actuelle aura donc des implications mondiales, sur la question migratoire en particulier. Si l’Allemagne se retire dans un cocon nationaliste alors la politique migratoire sera encore plus chaotique prévient le journal. 

Beaucoup moins alarmiste l’hebdomadaire allemand Der Spiegel se lamente au contraire sur l’incapacité de nos dirigeants à quitter le pouvoir. 

Pitoyable ! peut-on lire. Merkel est en fin de course car elle n’a pas su lâcher les rênes du pouvoir au bon moment. Seule solution pour sortir de la crise avance le journal : former un gouvernement minoritaire. L’idée n’a pas bonne presse outre-rhin, et pourtant cela renforcerait les débats et donc la démocratie. Merkel devrait avoir ce courage, avance le Spiegel, ou alors laisser la place aux autres

On termine avec un débat d’idée en France, celui autour de la sociologie. Un débat amorcé déjà depuis quelques mois..

Oui et nous en parlions ici même au moment de la sortie de l’essai qui a lancé le pavé dans la marre. Le danger sociologique, paru en septembre aux PUF. Les auteurs, Gérald Bronner et Etienne Gehin y dénonçaient tout à la fois le manque de scientificité de la discipline, son obsession des déterminismes et son côté militant. 

La revue Le Débat du mois de novembre y revient en longueur dans un dossier où s’expriment également d’autres contempteurs de la sociologie critique : Nathalie Heinich ou Olivier Galland notamment. 

La réponse des sociologues attaqués est à lire dans la rubrique Idées du Monde.fr. Pourquoi tant de haine ? s’interroge le sociologue Bernard Lahire qui renvoie ses attaquants à leur propose militantisme. Il faut s’interroger, dit-il sur le parcours idéologique de chacun dans ce débat car tout cela pour lui est le signe de la droitisation de la vie intellectuelle.

Bref, il faut leur appliquer la meilleure arme de la sociologie : la déconstruction.

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