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La marine américaine près de Chypre ce 11 avril

Comme un air de guerre froide..

4 min

Les Etats-Unis ont finalement mis leur menace a exécution cette nuit par une série des frappes ciblées sur la Syrie. Retour sur une semaine de tensions entre Washington et Moscou autour du conflit syrien.

La marine américaine près de Chypre ce 11 avril
La marine américaine près de Chypre ce 11 avril Crédits : Alyssa WEEKS / Navy Office of Information / - AFP

On commence avec l’opération militaire menée cette nuit en Syrie par les Etats-Unis et leurs alliés 

La menace de frappes aériennes sur la Syrie planait depuis plusieurs jours, elle a été mise à exécution cette nuit. Le site du Monde ce matin a été un des premiers à fournir quelques détails sur l’opération : des frappes ciblées et « une réponse directe à l’attaque chimique dans la Ghouta orientale ». 

Ces dernières heures, rappelle le journal, la France et les Etats-Unis avaient affirmé avoir les preuves de la responsabilité du régime syrien ans cette attaque.

« Il n’est pas question de lancer une grande attaque militaire » analysait le colonel Michel Goya pour le Figaro quelques heures avant l’attaque. « L’objectif n’est ni de renverser le régime ni de changer le cours de la guerre mais de mener une attaque punitive » précise-t-il. 

« Il n’est pas question non plus de toucher aux russes » explique l’ancien militaire.

C’est pourtant bien la Russie que le Président américain avait explicitement menacé il y a quelques jours.

Il y avait comme un air de guerre froide cette semaine, et la presse s’en était inquiétée. Entre Washington et Moscou, la situation pourrait « déraper » prévenait déjà le Guardian dans un article à lire sur le site de Courrier International. 

Le journal britannique rappelait que c’est tout de même la première fois dans l’histoire contemporaine qu’un Président américain menace directement la Russie. Du jamais vu, même au temps de la crise des missiles de Cuba. 

Cette guerre, selon The Guardian, était vouée « à dégénérer en crise planétaire ».

On poursuit avec un témoignage de la révolution syrienne, du moins ce qu’il en reste..

Elle s’appelle Dina, c’est une jeune femme de la région d’Idleb dans le nord de la Syrie. Elle témoigne dans la revue Vacarme dont le dernier numéro vient de sortir. 

Dina est une activiste, une révolutionnaire de la première heure. "Les premières manifestations, je les ai attendu avec impatience" témoigne-t-elle. Bien avant 2011 "je rêvais que l’on en finisse avec ce régime". 

Dina est aussi une jeune femme ordinaire qui étudiait pour son master de mathématiques à l’université, qui pensait se marier et fonder une famille. La révolution nous a pris beaucoup explique-t-elle, sur le plan personnel "elle a tu tous mes rêves".

Et pourtant Dina ne la regrette pas. Durant toutes ces années "elle est restée ma conviction" dit-elle. "Elle a donné un but plus élevé dans nos vies. Un but en commun avec tous les syriens".

Aujourd’hui Dina vit toujours à Idleb désormais contrôlé par Al Nosra. "Pour moi Al Nosra c’est la même chose que Daech" témoigne-t-elle. En tant que femme elle ne peut plus sortir seule, doit se vêtir de noir et porter l’abaya. Le plus dur pour Dina c’est de voir ceux qui étaient ses amis, ses alliés, ceux avec qui elle a participé aux premières manifestations devenir maintenant ses oppresseurs. 

Ce témoignage c’est l’amertume de la révolution confisquée. Aujourd’hui l’espoir de Dina c’est que les combats cessent à défaut que le régime change. 

Corée du Nord, Russie, Egypte, Turquie.. on termine avec ces nouveaux dictateurs le journal le 1 s’est intéressé à ces régimes où l’on a désormais des Présidents à vie

A première vue, rien de nouveau écrit Laurent Greilsamer. « Un homme s’empare du pouvoir et ne veut plus le lâcher. Cela s’appelle une dictature et c’est vieux comme le monde ».

Sauf que nous assistons selon le journal le 1 à une sorte de génération nouvelle de dictateurs qui veulent, je cite, « sauver leur population des vices de la démocratie ». 

Dans leurs discours, poursuit Greilsamer, "il est en permanence question de nous, de nos faiblesses, de nos indécisions, de nos lâchetés.. c’est le point commun de ces régimes : le refus du modèle occidental".

"Il n’y a pas de dictature sans consentement" dénonce l’écrivain algérien Kamel Daoud toujours dans le 1. Au moins d’une partie de la population. 

Alors pour lutter contre ces mandats à vie "il ne suffit pas de demander des élections. Il faut casser ce consentement", écrit Kamel Daoud. 

"Faire la pédagogie de l’intérêt de tous dans un système de démocratie. Démontrer par exemple que l’alternance n’est pas un signe de faiblesse mais une garantie de liberté".

Car c’est bien du besoin de stabilité que se nourrissent les dictateurs analyse l’écrivain. Surtout dans le monde arabe. Al Sissi en Egypte, Bouteflika en Algérie : "ils se présentent comme les garants contre le risque d’une révolution à la libyenne, à la tunisienne et surtout à la syrienne". « C’est moi ou le chaos »

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