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L'indépendantiste catalan est-il un super-héro ?

De quoi le nationalisme catalan est-il le nom ?

5 min

Cette semaine dans la revue de presse de Mélanie Chalandon, nationalisme catalan, activistes de la finance et film d'action militant

L'indépendantiste catalan est-il un super-héro ?
L'indépendantiste catalan est-il un super-héro ? Crédits : Gonzalo Arroyo Moreno / ANADOLU AGENCY - AFP

On commence avec la Catalogne. Deux semaines après le referendum, le conflit semble dans l’impasse mais le débat continue.

Et notamment autour de cette idée de nationalisme. Peut-il être autre chose qu'une crispation identitaire ou le refus de partager ses richesses ?

Pour le philosophe Yves Roucaute qui s’exprime dans Le Monde, il ne s’agit ni plus ni moins que de liberté. Celle d’un peuple à choisir son destin. "L’indépendance, quand une nation la veut, cela se doit !" s’exclame-t-il.

A l'heure où plus d’un Etat européen est miné par « ses forces brunes », la Catalogne, rappelle-t-il, ne veut ni sortir de l’Union ni de l’euro.

C’est une Europe des nations dont ils rêvent : « La Catalogne coopérant avec l’Espagne dans une Europe démocratique : voilà le chemin de la liberté » écrit-il.

Un enthousiasme que ne partage pas du tout Jean-Eric Schoettl qui s’exprime dans le Figaro.

Pour l’ancien secrétaire général du conseil constitutionnel, d’ascendance catalane, l’indépendantisme est un projet "négatif" qui veut surtout chasser l’héritage espagnol de sa mémoire.

"C’est une pathologie ancienne", explique-t-il, et qui ne touche pas que l’Espagne. Car "à force d’expulser la Nation, le nationalisme revient au galop sous des formes dégradées, miniaturisées mais néanmoins virulentes".

Quant à l’idée de souveraineté européenne, Jean-Eric Schoettl ni croit guère. Si déjà les catalans veulent faire « nation à part » comment pourrait-on créer un peuple européen ?

Pessimisme également du côté d'Abdenour Bidar à lire dans l'Obs. Pour le philosophe, "tant que nous ne ferons pas de l'Union une réalité vivante, un bénéfice concret, il sera de plus en plus difficile de la brandir comme un avenir désirable". En attendant le nationalisme progresse partout en Europe déplore-t-il. "Des identités qui s'inventent une mythologie de la libération".

Et si finalement la Catalogne n'était pas un cas à part ?

Dans la presse également cette semaine, un autre type d’activistes, cette fois de la haute finance. On les appelle les « fonds activistes » et ils sont des acteurs de plus en plus influents en Bourse.

Qui sont-ils ? des investisseurs professionnels particulièrement actifs qui tentent de prendre le contrôle de grosses entreprises.

« Une fois que ces raiders ont repéré leurs proies, ils ne s'embarrassent guère de politesse » explique Guillaume Maujean dans les Echos « Ils réclament des changements radicaux : cessions des entités les moins rentables, réduction des coûts, rachats d'actions, licenciement des dirigeants. Voire tout cela à la fois. Des opérations qui n'ont souvent qu'un seul but : satisfaire l'intérêt immédiat des actionnaires ».

Cette semaine c’est General Electrics qui vient de « mettre un genou à terre » peut-on lire encore dans les Echos. Lundi le groupe a annoncé qu’il allait faire entrer un représentant de Trian, l’un de ces fonds, au conseil d’administration.

D’autres géants comme Nestlé, Unilever ou Procter&Gamble sont également en ligne de mire.

Le comportement des activistes en bourse illustre bien la tension permanente entre stratégie de court et long terme.

Un paradoxe justement au cœur des travaux de l’économiste Richard Thaler récompensé cette semaine par le comité Nobel. Pour le journaliste Guillaume Maujean il serait intéressant que l’économiste se penche sur le comportement de ces actionnaires de plus en plus influents. Car dit-il « ils n’ont pas fini d’exercer leur empire sur les grands groupes côtés, y compris en Europe et en France".

Cette semaine c'est aussi la sortie en France de Detroit, le dernier film de la réalisatrice américaine Kathryn Bigelow qui revient sur les émeutes de 67. Un sujet sensible et c’est la réalisatrice elle-même qui en fait le constat dans un entretien accordé au magazine Society qui vient de paraitre.

« J’ai vu des gens sortir en larmes après des projections » raconte-t-elle. "A Détroit mais aussi ailleurs. On a tous un sentiment de honte quand on se rend compte que ce n’est pas un évènement isolé ».

L’évènement en question, se déroule donc en juillet 67 dans la capitale de l’industrie automobile. Tout commence par une arrestation d’afro-américains par la police qui tourne mal. S’ensuivent quatre jours de violence, 43 morts et près de 2000 blessés.

« Ma démarche est politiquement engagée » assume la réalisatrice. Pourtant commente le magazine, ce film est très spectaculaire, avec beaucoup de caméra à l’épaule, pourquoi ce choix de réalisation ?

« J’ai pensé que c’était la meilleure manière de faire », répond-t-elle. Un documentaire avec des images d’archives aurait poussé les gens à se dire « oh ça va, c’était il y a longtemps ». Or pas grand-chose n’a changé depuis.

"Je crois que la fiction peut être un excellent moyen de raconter une histoire forte, difficile et choquante".

Prenez L’armée des ombres de Jean-Pierre Melville sur la résistance française. C’est un de mes films préférés confie-t-elle. "Il raconte une histoire vraie tout en étant viscéral et immersif. J’ai conçu Detroit de la même manière".

Le magazine insiste : « Kathryn Bigelow êtes-vous une réalisatrice, une activiste ou une reporter ? » Un peu des trois. C’est un mélange sain, je trouve.

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