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Ismaël Emelien / La fiscalité en question / L’instabilité démocratique de l’Amérique latine

4 min

Le plus proche conseiller du Président apparaît dans l’affaire Benalla; l’impôt comme thème prioritaire du "grand débat national", et des démocraties à l’épreuve en Amérique latine.

Crédits : Getty

Ismaël Emelien, un conseiller spécial 

Dans Le Monde, Raphaëlle Bacqué dresse le portrait d’un proche, très proche du président de la République : Ismaël Emelien. « Isma » pour les intimes a 31 ans et c'est un homme très discret. Dans l’organigramme de l’Elysée, il est désigné comme «conseiller spécial du Président », soit tout un mystère…  

Malgré la discrétion de l'homme, le nom d'Ismaël Emelien apparaît de nombreuses fois dans l’affaire Benalla. Jeudi Mediapart a révélé des enregistrements audio dans lesquels on entend Alexandre Benalla assurer qu’il a le soutien d'Emmanuel Macron. Il affirme: «Ismaël me conseille sur les médias et compagnie ». L’examen des relevés téléphoniques montre aussi que les deux collaborateurs étaient bien en contact lorsque l'affaire a éclaté au grand jour.

L'implication d'Ismaël Emelien est embarrassante, nous dit la journaliste, car il tient un rôle essentiel au cœur du pouvoir. Le slogan « Make our planet great again » vient de lui. Il est aussi l’un des fondateurs de la République en Marche. Plus récemment, la lettre aux Français qui a lancé le "Grand débat national" a été en grande partie concoctée par ses soins. 

« Comment réinventer l’impôt? »

C'est la question du journal le 1 cette semaine. Pour un Français sur deux, la fiscalité est le thème prioritaire du "Grand débat". Contrairement aux idées reçues, les Français aiment l’impôt. C’est ce que nous dit le sociologue Alexis Spire: « Nous ne sommes pas face à un mouvement libertarien.  La contestation ne porte pas sur le principe de l’impôt, mais sur l’injustice fiscale. »

Si on regarde de près, plus on gagne d’argent, plus les stratégies d’optimisation fiscale augmentent. Ce à quoi les classes populaires n’ont pas recours. Par rapport aux classes moyennes, les très riches payent beaucoup moins d’impôts proportionnellement à leur fortune.

Entre la suppression de l’ISF, la flat tax et le CICE, ce sont aussi eux qui ont le plus profité des récents allègements fiscaux. Sans parler de l’évasion fiscale qui représente environ 80 à 100 milliards d’euros par an.  

On peut aussi se tourner vers la revue "Alternatives économiques" qui ce mois-ci se penche sur «  Le retour des héritiers ». Les safe made-men seraient en voie d’extinction. Depuis les années 80, la part de l’héritage dans le patrimoine total des Français a augmenté. La transmission n’est pas l’apanage des plus riches, mais avec des salaires qui stagnent et des politiques fiscales en faveur des mieux dotés, elle a surtout profité aux plus aisés.  « Les inégalités de patrimoine sont renforcées par l’héritage (...) La façon dont l’héritage est taxé contribue à nourrir les inégalités. ».

Dans une société où la méritocratie et le travail sont de sacro-saintes valeurs, c’est un paradoxe. Mais en France, la taxation de l’héritage est un sujet tabou ; à tel point qu’il est absent de l’actuel débat politique.

Amérique latine, démocraties à l’épreuve 

La revue «  Le débat » de janvier-février consacre un dossier sur l’Amérique latine intitulé  « De l’ancien au nouveau populisme », avec notamment l’analyse du politiste Alain Rouquié.

Comment 2018 a redessiné le paysage politique latino-américain ? En seulement un an :  le Chili, la Colombie, le Paraguay, le Costa Rica, le Mexique et le Brésil ont changé de chefs d’Etat. Avec des ruptures politiques fortes : à gauche pour le Mexique, à l’extrême droite pour le Brésil. De nouvelles forces façonnent le panorama politique du continent.

La présence accrue des militaires et les scandales de corruption ont fragilisé les démocraties. Dix anciens présidents sont actuellement en examen ou sous les verrous. «Ce nettoyage de la classe politique contribue aussi au discrédit de la démocratie et à la réhabilitation des dictatures. ».

Autre point : la montée en puissance des églises évangélistes. En 1950, ce culte ne représentait que 5% des Latino-Américains, ils sont 20% aujourd’hui. La "déferlante évangélique" est partout ou presque. Et avec elle, de nouveaux conflits de valeurs et des clivages qui pèsent dans le débat politique. 

Et enfin, « l’effet Trump ». En reprenant la dé-globalisation Trumpienne - avec la devise «  Le Brésil au-dessus de tout » - jair Bolsonaro s’oriente vers le nationalisme, voire l’isolationnisme.

Pour Alain Rouquié : « L’Amérique latine est entrée dans une phase de fragmentation, de divergence et d’éclipse internationale. » 

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