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Un jardin ouvrier à Marseille, géré par La Parette, l'un des plus vieux collectifs de jardins familiaux

L'homme est-il donc incapable de protéger son environnement ?

4 min

Au programme de la revue de la semaine : les rapports entre l'homme et la nature, un message d'humanité par le maire de Palerme et des centres commerciaux qui se prennent pour des musées..

Un jardin ouvrier à Marseille, géré par La Parette, l'un des plus vieux collectifs de jardins familiaux
Un jardin ouvrier à Marseille, géré par La Parette, l'un des plus vieux collectifs de jardins familiaux Crédits : GERARD JULIEN - AFP

On appris cette semaine que les poules continueront d’être élevées en batteries et que le glyphosate ne sera pas interdit. L’homme est-il donc incapable de protéger son environnement ? 

L’homme occidental est-il donc incapable de vivre en harmonie avec la nature ? Les Cahiers de Sciences et Vie consacrent un long dossier à cette question dans un numéro paru il y a quelques temps mais toujours en kiosque.

Notre histoire, nous rappelle ce dossier, est une longue suite de mise à distance de la nature, de rapport de domination puis d’exploitation. "Au XIXe siècle, on détruit l’environnement en toute connaissance de cause" rappelle Jean-Baptiste Fressoz, chercheur à l’EHESS. Comme si l’Occident, contrairement à d’autres sociétés, avait un problème spécifique avec la Nature. 

C’est pourtant, note Sciences et Vie, dans ces mêmes sociétés occidentales que sont nées les premières pensées de l’écologie. Elisée Reclus en France ou Henry David Thoreau aux Etats-Unis.. le dossier s’attarde sur ces pionniers de la réflexion sur la place de l’homme dans la nature.

Et si l'on préfère une expérience physique de la nature plutôt qu'une lecture théorique on peut se rendre ce week-end aux Rendez-vous aux Jardins qui se tient jusqu’à dimanche. 2500 parcs et jardins ouverts au public partout en France. C’est à la Une de La Croix ce matin qui y consacre 5 pages. 

L’historienne de l’art Monique Mosser y raconte avec passion l’histoire des jardins en Europe.

"La mode aujourd’hui est aux jardins partagés" remarque-t-elle mais il y a 30 ans, "on rêvait de voir disparaître les jardins ouvriers, symboles du paternalisme catholique". 

C’est le signe "d’une prise de conscience dit-elle, de l’urgence écologique". Les jardins sont devenus « des réserves de sens, des lieux symboliques et de résistance ».

Comme quoi tout n’est pas perdu.

Tandis qu’à Paris on évacuait cette semaine un camp de migrants. A Palerme, en Sicile, le maire se bat pour un accueil plus digne des réfugiés

On lit souvent ces derniers temps, que c’est la crise des migrants, sa mauvaise gestion et un sentiment d’abandon qui explique la percée des populistes en Italie. 

Et bien le maire de Palerme en Sicile, Leoluca Orlando, nous montre une autre facette de cette Italie en première ligne face aux naufragés. C’est à lire sur le site AOC. C’est un témoignage très personnel, celui d’un maire mais avant tout d’un homme,dont le cours de la vie a changé plusieurs fois dit-il. 

Comme ce jour où il comprend, à travers le récit d’une jeune congolaise qu’elle a non seulement perdu ses proches durant la traversée mais qu’elle a certainement été contrainte de tuer sa mère pour survivre. Leoluca Orlando n’en dit pas plus. On ne sait si la jeune fille le lui a confié ou si c’est une intuition.

Mais cela l’a bouleversé. Aujourd’hui il milite pour l’abolition du titre de séjour et promeut la mobilité comme un droit inaliénable. Il veut que Palerme soit une ville adresse un message d’accueil au monde.

Car qu’est-ce que la patrie ? demande Orlando. Qu’est-ce que l’identité ? "Ni l’état civil ni le sang de nos parents ne devraient nous enlever le droit de choisir où vivre et où mourir". 

On termine avec ces lieux d’un genre nouveau : il s’agit de ces nouveaux centres commerciaux qui se prennent pour des musées

Car on peut désormais faire du shopping tout en admirant des œuvres d’arts entre deux boutiques. Telerama consacre un dossier à ces géants du commerce qui parient sur les grands noms de l’art contemporains pour attirer les clients. 

Au Polygone à Cagne-sur-Mer onzeœuvres d’arts dont une de Daniel Buren se glissent entre les boutiques. 

Face à la concurrence de l’e-commerce, pour que les gens se déplacent, il faut désormais proposer : « des expériences autour de l’acte d’achat ».

Et ça fonctionne : au Polygone les clients restent une heure de plus en moyenne par jour. 

Un autre centre commercial, qui lui a convaincu le Centre Pompidou d’investir ses lieux s’estime même investit d’une « mission de service public » : celle, de « faire connaitre l’art moderne et contemporain de façon décomplexée pour un public qui ne fréquent pas les musées ».

Le commerce au service de l’art donc… à moins que ce ne soit l’inverse ?

L’écrivaine Annie Le Brun, toujours dans Telerama, auteur de Ce qui n’a pas de prix (Stock) s’insurge contre ces parcours d’art dont l’objectif n’est pas de nous faire flâner et encore moins rêver dit-elle mais d’occuper notre attention. "La rêverie est une friche dit-elle or le Centre Commercial ne laisse aucune terre en friche".

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