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"Démocratiser l'entreprise", le dossier du dernier numéro de la revue Esprit

De la démocratie en entreprise..

5 min

La démocratie en entreprise n'existe pas vraiment en France, cela pourrait-il changer ?

"Démocratiser l'entreprise", le dossier du dernier numéro de la revue Esprit
"Démocratiser l'entreprise", le dossier du dernier numéro de la revue Esprit Crédits : Esprit

On commence avec la question de la démocratie en entreprise, sujet dont se sont emparés plusieurs journaux cette semaine

La démocratie en entreprise, c’est un des chantiers qui sera au cœur de la future loi PACTE pour la croissance et la transformation des entreprises. Loi en gestation pour le moment, les organisations syndicales étaient d’ailleurs reçues cette semaine à Bercy.

La revue Esprit y consacre le dossier de son dernier numéro. Avec au cœur du problème, ces questions : "Par quel mystère acceptons-nous d’être commandés dans les entreprises d’une manière que nous réprouvons ailleurs ? La démocratie est-elle conciliable avec le principe managérial d’efficacité et avec l’impératif actionnarial de profit ?"

A la lecture du dossier on réalise qu’en France, contrairement à l’Allemagne, la démocratie interne ne fait pas vraiment partie de l’ADN des entreprises. "Le patronat d’un côté, s’est toujours opposé à l’idée de partage des avoirs et des décisions stratégiques". Mais les syndicats aussi se sont méfiés des notions de « participation des travailleurs » ou de cogestion. 

Ainsi "dans la majorité des cas la démocratisation est imposée à l’entreprise par son dirigeant, elle est rarement le fruit d’une révolution populaire". 

A lire dans ce dossier un long entretien avec le professeur Alain Supiot, grand spécialiste du droit social qui remarque que l’on parle de démocratie comme si les entreprises étaient des mini Etats alors même que l’Etat se trouve de plus en plus traité comme une entreprise..

"Une véritable démocratie économique défend-il, au sens d’être sur un pied d’égalité pour gérer un bien commun n’est en réalité envisageable que dans les coopératives, où les travailleurs sont aussi les associés". Pour le reste il faut se rappeler que le personnel n’est pas un peuple souverain. 

Pourtant la démocratisation dans les entreprises classiques, certains y croient !

Oui, comme Alternatives Economiques qui en fait sa Une ce mois-ci et qui se demande surtout si la loi sera vraiment à la hauteur. 

Mais au fait, "l’entreprise, au service de qui ?" se demande Christian Chavagneux. Faut-il inscrire dans la loi qu’elle est responsable des conséquences sociale et environnementales de ses actes ? Faut-il créer un nouveau statut juridique de « société à objet social étendu » ? C’est en tous cas le débat posé par la loi PACTE. 

Pour un autre point de vue sur le sujet on lira un texte intéressant de l’économiste Pierre-Yves Gomez sur le site du journal La Tribune

La question fondamentale pour Yves Gomez c’est de bien faire attention au rôle politique que l’on veut donner aux entreprises. 

Entre Google qui finance la recherche sur le transhumanisme et SpaceX qui décrète la conquête de Mars, "des entreprises géantes se chargent déjà et sans complexe, de réaliser le progrès, voire le bonheur public. A quel point sommes-nous prêts à leur confier la réalisation de l’intérêt général de la société ? C’est une chose écrit Tves Gomez de les inscrire dans la société, s’en est une autre de les inviter à être des acteurs politiques autonomes."

Le débat ne fait que commencer…

On termine avec du cinéma, puisque c'était hier soir la cérémonie des Césars..

Une déclaration d’amour et un coup de gueule à la fois à lire sous la plume de Stéphane Delorme, rédacteur en chef des Cahiers du Cinema. La déclaration d’amour on s’en doute c’est pour le cinéma bien sur, mais surtout pour la cinéphilie. "Pourquoi aime-t-on le cinema ? Pourquoi passe-t-on du temps à voir des films ? Qu’est-ce qu’on y trouve ?" demande Stéphane Delorme. La réponse n’est pas très originale mais elle est réaffirmée avec force et emphase : l’émotion esthétique. Ce « truc bizarre », dit-il, "ce mystère qu'on est encore loin de comprendre et dont nous ne voulons pas être les gardiens mais les explorateurs insatiables". 

A l’inverse, c’est là le coup de gueule, Stéphane Delorme s’insurge contre la technophilie. "Nous entrons, prévient-il, dans une ère où la pensée est réduite au calcul et l’émotion à la satisfaction". Neurosciences et intelligence artificielle d’un côté contre sensibilité esthétique de l’autre. C’est la grande bataille à venir – il parle même de guerre car "l’ivresse scientiste s’engouffre partout".

Et il est partout lui aussi.. dans la presse en tous cas, Cédric Villani, le député mathématicien est à la Une de l’Obs cette semaine. Il est le "Monsieur Intelligence artificielle" du moment en France. Une révolution qu’il ne cesse de défendre mais aussi d’expliquer pour rassurer. "Il ne faut pas la craindre dit-il, elle n’est pas une puissance autonome capable d’initiative. Comme toute technologie elle porte les germes du progrès comme ceux de la régression". Tout dépendra de la manière de l’encadrer.

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