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Christophe Castaner// une surveillance de masse// Rendre politique les enjeux climatiques

5 min

La polémique sur Christophe Castaner au coeur des médias, la mise en péril de nos vies privées à l'heure des nouvelles technologies et comment "traduire le printemps climatique à l’échelle politique".

Crédits : Getty

« Le Mea culpa de Castaner »

Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner est partout ce matin. « Le mea culpa de Castaner » est à la une du Figaro. Le journal rapporte que s’il est officiellement soutenu, du côté de l’exécutif, ils sont nombreux à douter de ses capacités à exercer ses fonctions. «  Le premier flic de France s’est tiré une balle dans le pied » écrit Fréderic Vezard dans son éditorial du Parisien-Aujourd’hui en France. Le journal donne la parole à un ancien locataire de la place Beauvau : Brice Hortefeux. L'ancien ministre reproche à l'actuel sa précipitation : « le temps de l’enquête, le temps judiciaire n’est pas le temps médiatique » dit-il. 

Le temps médiatique : c’est précisément l’angle du Monde ce matin. Les stratégies de communication du ministre y sont décortiquées : « très friand des interventions destinées aux chaînes d’info, il a pris l’habitude de réagir à chaud ».  

Pour Le journal de la haute Marne, le « cas Castaner » n’est autre que le symptôme de l’ hystérisation de la parole publique. « L'anathème, l'imprécation et l'outrance sont devenus le mode de communication d'aujourd'hui. »

« Tous surveillés ! » 

C'est à lire dans Courrier International. Reconnaissance faciale, analyse vocale, objets connectés : impossible d’y échapper. Désormais, « la création d’un redoutable système de surveillance de masse est possible » écrit Éric Chol dans son éditorial. Problème : la réglementation ne suit pas. Le journaliste insiste sur la mise en péril de nos vies privées. « Si on veut les sauver, il est urgent de sortir de cette fausse neutralité en défendant nos valeurs et nos données ». Pour le juriste américain Tim Wu, avec la monétisation des données personnelles, voici l’avènement d’un capitalisme de surveillance. Selon lui, « il faut des lois qui modifient fondamentalement les logiques économiques qui gravitent autour de la vie privée. » 

Pour Le Point cette semaine, la menace démocratique vient d’ailleurs. Le journal dénonce une « poudrière identitaire ».  « Islamistes, indigénistes, néo-évangéliques, féministes, Gilets jaunes. N'importe quelle aspérité personnelle peut servir de point d'arrimage à une revendication particulariste, un repli sur une appartenance victimaire. » L'essayiste Jérôme Fourquet est cité dans ce dossier. Il décrit un processus « d'archipellisation » qui crée un paysage fait d’ilots identitaires. C’est d’ailleurs l’objet de son ouvrage L’archipel Français récompensé par le prix du livre politique cette année. Selon l'hebdomadaire, ces identités vindicatives divisent plus qu’elles ne rassemblent et seraient un frein aux ambitions collectives. 

La revue Books n’est pas plus optimiste ce mois-ci, avec l’interview de l’historien Walter Schneidel, «  Seule la violence a permis de réduire les inégalités ». Selon lui dans l’Histoire, "les chocs violents sont restés le plus puissant mécanisme de  nivellement égalitaire". Avec par exemple, l'effondrement d’un état, une pandémie, une révolution sanglante ou une guerre de masse. Puis il conclut : « à moins d’un bouleversement majeur ou d’une politique de l’égalité entièrement nouvelle, nous nous apprêtons selon toute vraisemblance à connaitre une longue période de clivage très marqué entre riches et pauvres ». 

Traduire le printemps climatique à l’échelle politique

Plusieurs revues cette semaine consacrent de nombreuses pages à la question climatique. Il apparaît que la lutte contre le changement climatique sera politique ou ne sera pas. 

Dans son dossier « Climat: game over », la revue Regards pose une question «  Comment s’arracher à la fascination du désastre pour se mettre en mouvement? ».  Selon l’historienne Sophie Wahnich : « il faut conjurer l’effroi et le rendre politique ».

Rendre politique les enjeux climatiques, c’est l’approche de la revue Usbek & Rica ce mois-ci avec le dossier « L’écologie politique au pouvoir ». La mobilisation est présente mais « comment traduire ce printemps climatique à l’échelle politique ?» Pour la journaliste Annabelle Laurent, l’enjeu est de définir l’horizon d’une société « post-croissante » : proposer un nouvel idéal entre croissance verte et décroissance, progrès et régression. Une vingtaine de pages viennent démystifier quelques idées reçues. Notamment celle selon laquelle un pouvoir écologiste ne serait pas adapté à une économie mondiale.  

En couverture de Society cette semaine : un entretien avec Nathaniel Rich, l’auteur de Perdre la terre, une enquête de deux ans sur quarante ans d’inertie climatique. Pour lui, le réchauffement est un crime. Un crime, au moins par négligence, car depuis les années 60, autorités et industriels ferment les yeux sur des rapports déjà alarmants. Mais il note un changement générationnel:

« La jeunesse d’aujourd’hui met en avant une autre manière de concevoir le problème: elle le considère d’un point de vue moral. Elle dit : ‘si nous ne faisons rien, nous aurons tous du sang sur les mains’. C’est bien vu parce que c’est sur des motifs moraux que se sont bâtis les mouvements populaires qui ont réussi. » 

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