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Les commémorations du génocide du Rwanda// Mutations de la politique de l'UE// La culture dans le projet Européen

4 min

Le travail de mémoire et le rôle de la France dans le génocide rwandais, les bouleversements de la politique européenne face aux crises des ces dernières années et la place de la culture dans le programme européen.

Crédits : Getty

« Rwanda : combat de mémoires » 

Les commémorations du génocide du Rwanda sont à la une de Libération et du Monde aujourd’hui. « Pour qu’on n’oublie pas » titre Libération. Dans son dossier de six pages, le quotidien décrit un pays hanté par ses fantômes: vingt-cinq ans après le massacre de près d'un million de Tutsis, on découvre encore des charniers dissimulés sous des habitations.
 

Pour Le Monde, l’événement est vu sous l’angle diplomatique : « La France aux prises avec son passé ». Pour connaître la vérité, une commission d’historiens a été formée hier, avec Vincent Duclert à sa tête. Il aura accès à toutes les archives de l’époque, même celles classées de la DGSE. Mais cette commission fait polémique, on l’appelle déjà « la commission mort-née », les meilleurs spécialistes du Rwanda en sont absents.

Le Monde insiste également sur l’absence d’Emmanuel Macron lors des cérémonies. Mais un représentant du gouvernement français sera présent, une première en vingt-cinq ans.

"Quand l’Europe improvise"

La revue Le Débat consacre ce mois-ci un dossier dense sur la politique européenne, nourri de nombreuses analyses sur les mutations de ces dix dernières années.  

La journaliste Florence Autret décortique l’essai de Luuk Van Middelaar intitulé Quand l’Europe improvise

De 2008 à 2018, les crises ont été nombreuses: crise de l’euro, guerre en Ukraine, arrivée des réfugiés venus de Syrie, élection de Donald Trump, Brexit. Face à ces secousses, l’Europe s’est mise à improviser. En effet, en 2008, l’Union n’avait pas de protection économique pour protéger sa monnaie, pas de moyen militaire contre une guerre russo-ukrainienne, pas de plan d’immigration.

Mais, écrit Florence Autret, « la politique européenne a changé de nature ». Nous sommes passés d’une « politique de la règle »- dictée par les traités- à une « politique de l’événement »- dictée par l’urgence des situations. 

Certes, l’Europe a le sens de l’improvisation, mais quelle est son identité politique ?

La question est posée par l’historien Thomas Serrier dans son texte intitulé « Un gouvernement des princes ». Pour lui, «  l’objet institutionnel européen reste de fait insaisissable à bien des égards ». Il constate un mouvement paradoxal : alors que s’exprime un rejet croissant de Bruxelles, une forte demande d’Europe se fait aussi entendre. Les sondages montrent un regain d’adhésion qui atteint des niveaux proches de ceux des années 90, après la chute du mur.

Dans "Le blues de l’Europe", le journalistePaul Taylor fait le même constat: «  La construction européenne continuera sans doute à avancer par à-coups, au gré des crises, selon un modèle hybride combinant des éléments de fédérations avec une forte dose d’inter-gouvernementalisme. Elle ne sera jamais rectiligne comme un jardin à la française, il n’y aura pas de grand soir fédéraliste. »

De tous ces points de vue ressort une constante: le Brexit, qui laisse une faille ouverte. Un « après l’Europe » est devenu envisageable. C’est pourquoi « il est urgent de repolitiser les enjeux de l’appartenance à l’heure où la possibilité de divorce rend l’UE à la fois plus fragile et plus démocratique», écrit Thomas Serrier.

Une Europe en panne de politique culturelle

Pour « repolitiser les enjeux de l’appartenance », la culture pourrait donner un nouveau souffle à l’Union. Pourtant, « L’Europe est en en panne de politique culturelle » nous dit l’enquête dans La Revue du Crieur. Face aux populismes et aux nationalismes qui grondent, la culture devrait-être un enjeu crucial et symbolique. Alors, pourquoi l’Europe ne s’y engage pas davantage? 

Tout d’abord, la notion est récente : ce n’est que depuis le traité de Maastricht en 1992 que la culture est devenue une compétence de l’Union. Ensuite, il y a la lourdeur bureaucratique et la labyrinthique Bruxelles et surtout, les budgets. Le programme culturel européen s’appelle « Europe créative ». Son budget s‘élève à un milliard et demi d’euros sur sept ans. Il ne représente que 0,15 % du budget de l’Union.

L’exemple le plus connu est celui des capitales européennes de la culture. Les deux capitales de la culture 2019, Plovdiv en Bulgarie et Mattera en Italie, reçoivent chacune un million et demi d’euros de Bruxelles. En réalité, ces manifestations coûtent près de 90 millions d’euros. Et l’enjeu majeur des « capitales » est plus économique que culturel.

Déjà claudicante, la politique culturelle de l’union risque elle aussi d’être impactée par le Brexit. La Grande-Bretagne était l’un des plus importants contributeurs, le budget va donc baisser. Dans ce contexte, difficile de définir une « Europe de la Culture » aux axes forts.

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