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Les gilets jaunes, la démocratie en question et la collapsologie

3 min

Un quatrième samedi de mobilisation pour les Gilets jaunes, le concept de démocratie et la "collapsologie" comme signe des temps.

Crédits : Getty

Gilets jaunes, Acte IV

Aujourd’hui à la une des journaux : les gilets jaunes sous toutes les coutures. Sous toutes les coutures ou presque, puisque c’est surtout sous le prisme sécuritaire que la presse regarde cet acte IV. 

Partout, on trouve le champ lexical de la bataille et de la guerre. « Alerte jaune » titre Libération. « Samedi noir » titre Le Figaro, le journal n’hésite pas à écrire que «  Paris est en état de siège». 

89 000 policiers sur l’ensemble du territoire, certes, c’est du jamais vu.  

Ce weekend se prépare également un autre événement : le 70e anniversaire de la déclaration des droits de l’Homme- qui aura lieu lundi. Cela n’a pas échappé au journal Le Monde qui en page 2  titre « Triste anniversaire pour les droits humains » ou encore dans son supplément Idées : « La fin d’une utopie ? » S’il s’agit du document le plus traduit, aucun des 193 états de l’ONU ne l’applique totalement. 

« Mais ce n’est pas une raison pour parler d’échec » nous dit  la grande juriste Mireille Delmas-Marty dans AOC ce matin. La revue en ligne lui consacre un entretien et revient sur ce texte fondateur, sur son chemin parcouru. Ou comment à échelle mondiale « articuler l’universel et le pluriel, le commun et le particulier ».

La démocratie en question

Les droits de l’Homme, il en sera question également sur l’antenne ce weekend et lundi avec une journée spéciale au cours de laquelle on retrouvera Marcel Gauchet à la grande table. Marcel Gauchet qui parlait également de la démocratie dans la revue Papiers

La revue de France Culture vient de sortir avec un dossier intitulé : « Sommes-nous encore démocrates ?» C’est un dossier foisonnant où l’on y trouve une grande variété de réflexions sur le concept même de démocratie. 

Marcel Gauchet, revient sur l’avènement de la République sur fond de terreur. 

Par ailleurs, dans la table ronde sur la montée de l’illibéralisme, les ambiguïtés de la démocratie moderne sont auscultées- ou lorsque la légitimation par les urnes prend le dessus mais que les principes de liberté restent bafoués. 

Autre texte passionnant : celui du politologue James Miller et sa question qui détonne «  et si le populisme était bon pour la démocratie ? ». L’histoire de la démocratie est passée au crible à travers les siècles et ses penseurs, de Platon à Montesquieu. Un constat : « le projet démocratique est intrinsèquement instable » écrit-il. 

Selon lui, les mouvements de révolte ne sont pas nécessairement populistes dans le sens péjoratif du terme. En dépit des risques qu’elles encourent,  « les révoltes populistes sont indispensables à la vitalité de la démocratie (…) Elles remettent en question le statut quo. »

« Collapsologie, tout s’effondre et après ? »

Et puisque la COP 24 se poursuit en Pologne, la revue Usbek & Rica mène une enquête sur la collapsologie, science pour les uns, idéologie pour les autres. Les collapsologues pensent que l’effondrement de la civilisation est déjà en route. 

En 1972, a été publiée la bible des collapsologues, le rapport Meadows intitulé «  Les limites à la croissance ». Selon lui, l’effondrement aurait lieu à l’interconnexion de toutes les crises, à savoir croissance industrielle, production alimentaire, population, et écosystème terrestre. Ce serait pour bientôt, entre 2030 et 2060. 

Il est vrai que le GIEC déclare depuis les années 90 que pour l’espèce humaine, le réchauffement climatique est « une menace existentielle ».  

Contre l’idée d’une politique « des petits pas », les collapsologues remettent en cause notre modèle économique. Dans les universités émergent de nouvelles pistes théoriques, celle  de « capitalocène», ou l’impact du capitalisme sur la planète.

« Pour beaucoup d’écologistes, l’effondrement est tabou parce qu’il ne faut pas tuer l’espoir », dit une collapsologue. Pessimisme ? Absence de solutions concrètes ? Naïveté? 

Il en ressort que la collapsologie est un signe des temps. Qu’après le mythe du progrès, le grand récit du XXIe siècle serait peut-être celui de l’effondrement.  

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