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De quoi les "fake news" sont-elles le nom ?

De quoi parle-t-on quand on parle de « fake news » ?

4 min

Dans la revue de presse cette semaine réflexions sur les "fake news", la mondialisation et la crise de la démocratie

De quoi les "fake news" sont-elles le nom ?
De quoi les "fake news" sont-elles le nom ? Crédits : William WEST - AFP

Il était beaucoup question des « fake news » cette semaine et de leur régulation. Mais au fait de quoi parle-t-on quand on parle de « fake news » ? 

C’est la question posée par Nicolas Vanbremeersch dans un article pour la revue Le Débat du mois de juin. Nicolas Vanbremeersch, alias Versac sur les réseaux sociaux est le fondateur de l’agence Spintank, spécialiste de longue date des questions numériques.

Il plaide d'emblée pour l’abandon du terme de « fake news », un concept, « lui-même bien faux et mal fabriqué ».

Les fake news sont un piège dit Vanbremeersch. Un piège tendu par Trump et ses alliés populistes dont l’espoir est que s’installe la confusion sur la vérité.

Et c’est pour cela, selon lui, qu’il ne faut pas en faire notre ennemi.

Car la bataille contre les fake news pourrait nous entraîner dans un clivage dangereux. Un clivage « entre ceux qui croient détenir le savoir, la rationalité, la vérité et ceux qui leur oppose une autre vérité, plus en ligne avec le vécu du peuple et de ses émotions ».

Conclusion : "notre grand défi est d’accepter le chaos et le doute dans lequel nous sommes plongés". "Cessons de vilipender les marchands du faux dit Vanbremeersch et commençons à nous penser tous comme acteurs, médias et producteurs d’information".

Une autre bataille se joue en ce moment au G7 au Canada, celle du protectionnisme contre la mondialisation. Un conflit au cœur du débat français..

La revue Esprit par exemple consacre son numéro du mois de juin à cette notion de « société ouverte » si chère à notre Président. "Société ouverte ?" Esprit a rajouté un point d’interrogation.

Avec, comme point de départ de la réflexion, le mécontentement des peuples qui gronde. « Jamais nous n’avons été forcés de battre en retraite sur notre ligne la plus reculée, écrivent Camille Riquier et Frédéric Worms, au point critique où furent prises les grandes décisions : le clôt et l’ouvert". On se croyait sorti du siècle des clôtures en 89, allons-nous y revenir ? se demandent les auteurs.

Mais il y a comme un malentendu écrivent-ils sur cette promesse de société ouverte Car pour eux elle ne saurait « se réduire au libéralisme, surtout dans sa version extrême qui nourrit les guerres ».

Dans une tribune au Monde cette semaine le sociologue Bruno Latour s’interrogeait lui aussi sur la tension entre ouverture et protection.

"Plus une nation a profité de la globalisation, plus elle l’abandonne violemment" constate-t-il – voyez les Etats-Unis et l’Angleterre. 

Progressistes ou populistes, pour Bruno Latour les deux sont dans l’impasse. 

"D’un côté les progressistes sentent bien que la globalisation rencontrera bientôt ses limites, celles de la planète. De l’autre les populistes doivent se rendre compte que l’Etat-Nation – croupion d’une ancienne histoire – ne les protègera pas". 

Pour le résumer en une formule dit Latour, on dirait qu’il existe « d’un côté des peuples furieux d’être privés de sol et de l’autre un sol, hélas, privé de peuple ». 

Le peuple et le sol, deux termes devenus toxiques que l’on associe trop souvent à la pensée réactionnaire dit Latour. Il faut, selon lui, se les réapproprier d’urgence.

Du rejet de la mondialisation à la crise de la démocratie, on poursuit la réflexion, décidemment très présente dans les medias cette semaine.

La fondation Tocqueville organisait hier avec Le Figaro une conférence pour réfléchir à l’état de nos démocraties en Occident. 150 penseurs français et étranger étaient réunis hier à l’ombre du château de Tocqueville dans la Manche.

Tocqueville, qui, il y a près de deux siècles, écrit Alexandre Devecchio, faisait l’éloge de la démocratie libérale tout en montrant ses limites. Seraient-elles atteintes aujourd’hui ? Et de quelles limites parle-t-on ? 

Il était évidemment question d’immigration lors de cette rencontre. Beaucoup d’intellectuels écrit Devecchio voient dans « l’immigration de masse » l’une des principales causes de la percée des populismes.

Pour Marcel Gauchet la question est de savoir, je cite, « comment articuler le droit individuel des migrants avec le droit collectif de la majorité qui veut l’arrêt ou du moins le contrôle des flux ». 

Une fracture Est-Ouest se dessine sur cette question. Le politologue bulgare Ivan Krastev perçoit dans l’émergence des régimes autoritaires à l’Est "un mécanisme de défense". 

En Pologne, en Hongrie, on parle désormais de démocraties illibérales. Le Monde des idées de ce week-end consacre une analyse en longueur sur ce concept.

Comme le résume l’intellectuel Fareed Zacharia qui forgea le terme dans les années 90, les démocraties illibérales acceptent la compétition des urnes, mais « elles privent leurs citoyens des droits fondamentaux ».

Elles considèrent l’Etat de droit comme une faiblesse analyse Jacques Rupnik. La Pologne et la Hongrie sont allées très loin dans cette logique. 

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