LE DIRECT
Le 8 mars à Paris, lors de la journée Internationale des droits des femmes

Retour sur la journée du 8 mars, six mois après l'affaire Weinstein

6 min

.

Le 8 mars à Paris, lors de la journée Internationale des droits des femmes
Le 8 mars à Paris, lors de la journée Internationale des droits des femmes Crédits : Michel Stoupak / NurPhoto - AFP

C’était cette semaine la  journée internationale des droits des femmes. Un 8 mars 2018 aux résonances particulières, six mois après l’affaire Weinstein..

C’est « l’année du changement pour les femmes » titrait Le Parisien le 8 mars. L’année des nouveaux concepts et des néologismes aussi, répertoriés par le journal : charge mentale, écriture inclusive, "mansplaining".

Arrêtons-nous justement sur ce dernier. Si vous n’avez pas encore entendu parler du "mansplaining", je vous conseille de lire le grand entretien donné par l’essayiste et féministe américaine Rebecca Solnit à Libération. Son dernier livre vient de paraître en France : Ces hommes qui m’expliquent la vie (éditions de l’Olivier). 

Le mansplaining c’est cela, "cette tendance masculine à vouloir expliquer à une femme ce qu’elle sait déjà". 

Quand le terme a émergé, j’ai hésité à en faire usage confie Rebecca Solnit. "Nous avons été conditionnées à prendre soin des hommes analyse-t-elle et je m’inquiétais de leur réaction. Et pourtant, explique-t-elle aujourd’hui, diagnostiquer un mal est la première étape nécessaire pour commencer à l’endiguer". 

Car les mots sont "intrinsèquement liés au pouvoir". Quand les hommes sont crus et entendus, les femmes interrompues ou ignorées. Il faut s’interroger sur qui détient la crédibilité. 

"Pas plus tard qu’hier raconte-t-elle, j’ai reçu le courrier d’un homme qui m’expliquait comment une femme devait réagir face au mansplaining". 

Il y a encore du chemin.. Et du chemin à parcourir pour les femmes il en reste beaucoup à travers le monde..

Comme en Arabie Saoudite par exemple. Le Monde s’est intéressé à "la longue marche des saoudiennes pour l’indépendance". Une indépendance qui commencera par le droit de conduire qui devrait être effectif en juin. Car les choses bougent en Arabie Saoudite bien que ce soient de tout petits pas regrette Nassima Al-Sadah, militante des droits des femmes. "Des mesures cosmétiques pour séduire les occidentaux" dénonce-t-elle. Assister à un match de foot, boire un café en terrasse, c’est bien mais les saoudiennes sont encore soumises à la tutelle de leur père ou de leur mari. Et c’est cela qu’il faudrait changer.

Après la révolution des femmes, celle de Mai 68..

Dans deux mois nous fêteront – ou pas – le cinquantenaire de 68, un anniversaire que la presse ne peut s’empêcher de commencer à traiter par anticipation. 

"J’en ai marre de Mai 68 !" s’exclame Daniel Cohn-Bendit dans Le Magazine Littéraire qui annonce qu’il fera vœu de silence en mai, c’est donc maintenant qu’il faut le lire ! Daniel Cohn-Bendit ne renie rien mais redoute de tomber dans la nostalgie. 

Une mélancolie qu’il laisse aux trotskistes dit-il, à ceux qui attendent encore la vraie révolution. 

« Nous vivions quelque chose d’infiniment plus beau, plus libre, plus joyeux que ce qu’en percevaient les lunettes dogmatiques d’antan » dit Cohn-Bendit.

Pour lui Mai 68 c’est une brèche, une brèche en train de s’ouvrir dans la France conservatrice et patriarcale des années 60. Une brèche qu’il estime n’avoir jamais renoncé à creuser, encore aujourd’hui dans son combat pour l’écologie et l’Europe.

Mai 68 il en est question aussi dans Le Parisien Magazine qui pose la question : "et si les étudiants avaient pris le pouvoir ?" 

"Nous serions passés d’un régime parlementaire à une démocratie directe" se souvient Henri Weber, ancien leader du mouvement. "On aurait éliminé ceux qui s’opposaient à nous" lance Romain Goupil, provocateur.

A lire plus en détail bien sur, et aussi le dossier spécial du Monde des Livres qui présente une sélection des derniers ouvrages sur Mai 68. Un entretien aussi avec Jean-Pierre Le Goff. Mai 68 ne doit pas dit-il, devenir un mythe fondateur ou à l’iverse être considéré comme la cause de tous nos maux. C’est un évènement historique qu’il faiut chercher à comprendre. 

On termine avec un voyage dans la Silicon Valley

C’est le journal le 1 qui nous emmène dans ce petit bout de territoire en Californie où se concentrent les entreprises les plus puissantes du numérique. 

Vincent Martigny nous raconte dans un long reportage la fascination que continue d’exercer cette vallée sur les entrepreneurs du monde entier. 

"Ici, le rêve est partout le même raconte-t-il, travailler dur pendant quelques années et toucher le gros lot au moment d’un rachat par la concurrence ou d’une introduction en bourse : une Initial Public Offering, IPO. IPO c’est le graal, l’acronyme qui fait tourner les têtes, la promesse d’une richesse colossale et rapide qui permettra de rentrer au pays ou de monter sa propre start-up".  

On est pas si loin finalement des premiers chercheurs d’or, ceux qui débarquaient par centaines en 1849 dans le port de San Francisco, écrit Julien Bisson dans son édito. "De la mine d’or on est passé à la mine de données, principal gisement de richesses aux Etats-Unis". 

"Mais derrière ses slogans progressistes et son management en t-shirt la Vallée peine à dissimuler ses véritables principes : libéralisme échevelé, appât du gain, affranchissement de l’Etat et des services publics". 

"Alors est-ce vraiment là, demande Julien Bisson, le modèle dont veut s’inspirer le Président Macron ?" La Silicon Valley est-elle un avenir désirable ? 

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......