LE DIRECT

Gilets jaunes, justice fiscale, migrations et crise des politiques d’asile

3 min

Un cinquième samedi de mobilisation pour les Gilets jaunes, la justice fiscale en question, et les politiques migratoires après le Pacte de Marrakech

Crédits : Getty

Gilets Jaunes, Acte V

À la une des journaux ce matin : la cinquième journée de mobilisation des Gilets jaunes. Avec pour Le Parisien-Aujourd’hui en France, un titre qui ne manque pas d’humour « Gilets jaunes : ça passe ou ça casse ». Dans son édito Pierre Chausse écrit : « Si on assiste à un rassemblement similaire à ceux observés ces dernières semaines, la situation deviendra explosive politiquement." Nul ne sait encore comment la journée va se passer.

Incertitude aussi du côté de l’Elysée, de Matignon et de Bercy.  Le Monde titre : « Comment financer les promesses d’Emmanuel Macron? » 

« Tour de passe-passe budgétaire » selon Libération ; « Les technos du budget s’arrachent les cheveux » selon Le Parisien-Aujourd’hui en France. La presse est unanime : ces promesses sont un casse-tête.

« Le système fiscal Français est-il inégalitaire ? »

L’économie est partout et notamment dans le dernier numéro du journal Le 1  intitulé « La révolte des oubliés ». 

Dans son analyse, l’économiste Malka Guillot revient sur une question majeure : « Le système fiscal et social français est-il inégalitaire ? »

Graphiques à l’appui, elle survole l’ensemble des prélèvements obligatoires. Selon elle, aucun doute : notre système avantage nettement les plus riches. Pour corriger les inégalités - ou pour les maintenir- la fiscalité joue un rôle décisif. En France, l’impôt progressif et la cotisation sociale généralisée contrecarrent l’augmentation des inégalités. Les prélèvements fiscaux sont globalement progressifs sauf pour les 1% des plus riches. «  L’impôt sur le revenu devient régressif à partir d’un certain niveau de revenus, du fait des nombreuses possibilités de réductions et de déductions ».

On apprend aussi (en bande dessinée) que 10% des plus riches concentrent 50% du patrimoine, ou encore que 87% des Français souhaitent la réintroduction de l’ISF.

Migration et crise des politiques d’asile 

En marge du Pacte de Marrakech signé lundi à l'ONU, un article à lire dans la revue Hommes et Migrations, le texte de Catherine Wihtol de Wenden. La sociologue revient sur les crises des migrations ou celle des politiques d’asile. Selon elle, en matière de politique migratoire, l’Europe manque de solidarité. «  On compte environ 30 000 morts aux portes de l’Union Européenne de 2000 à 2017. 1 700 depuis le début de 2018 ». Le droit à l’asile politique recule depuis 2015. La dissuasion serait le maître-mot. Pourtant : «  Il y a un siècle, on comptait 5% de migrants internationaux sur la planète contre 3, 5 % aujourd’hui. »

Catherine Wihtol de Wenden, y voit le symptôme d’une méfiance globale au sein même de l’Union. «  L’heure est au repli sur soi ». Pour preuve : les percées des populismes, avec en cœur de programme, la lutte contre l’immigration. Pour elle, l’Europe solidaire a fait place à l’Europe de la défiance. 

Pour compléter cette approche, on trouve dans les pages de la revue Esprit ce mois-ci un texte puissant du philosophe Achille Mbembe : «  La démondialisation ». Il élabore le concept de frontiérisation du monde. 

Achille Mbembe parle même d'un retour de « l’Europe des camps» : « Camps de réfugiés ? Camps de déplacés ? Campements de migrants ? Zones d’attentes pour personnes en instance? Zone de transit? Centre de rétentions? Lieux d’hébergement en urgence? Jungle? »

Cette « chasse aux fugitifs » est à échelle mondiale. Selon lui, « elle est en passe de devenir le propre de notre temps. » 

Chroniques

8H34
25 min

L'Invité actu de la Matinale

Gilbert Cette : "Les mesures du président Macron sont d’une ampleur considérable"
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......