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La fin annoncée de Daech / la "vie malade" / Les non-dits du grand débat national

5 min

Comment le groupe Etat Islamique en Irak et en Syrie se vide de ses troupes, comment "composer la vie malade" et se raconter dans la maladie, les règles dites biaisées du grand débat national, ou comment les "Gilets Jaunes" redéfinissent l'exercice.

Il y a la Croix qui titre sur la biodiversité et les territoires à sauver en France, avec dans le Monde cet article qui nous apprend que l’exécutif récuse toute inaction climatique face aux quatre ONG qui veulent poursuivre l’Etat en justice. Dans le Figaro, c’est l’exaspération contre le mouvement des gilets jaunes, mouvement aux mobilisations et aux mots d’ordre fragmentés en ce matin d’acte 14 dans le Parisien Aujourd’hui en France et dans Libération il y a ce dossier de 5 pages sur la fin annoncée comme imminente du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. Avec ce tout petit point à peine visible sur la carte, au milieu de la frontière entre l’Irak et la Syrie. Un périmètre réduit à un kilomètre carré.  Soit quelques rues dans le village d’Al Baghouz. Depuis le début du mois de février, les défections de combattants djihadistes sont quotidiennes, ils rejoignent avec leur famille, la coalition kurdo-arabe ou les forces démocratiques syrienne. Ce qui ne les exempt pas de la question de l’après. Celle du jugement. Celle du retour aussi. 71 mineurs français se trouveraient toujours en zone irako-syrienne. L’avocat Martin Pradel, pose la question, exaspéré dans les pages du journal : «Cela fait maintenant un an que l’on parle du retour de ces petits, que la volonté politique est là. Quand va-t-on enfin les ramener ? Sur zone ils sont clairement en danger de mort ». 

Autre sujet, dans la revue Critique de ce mois-ci, le corps et de la vie malade. 

Je m’excuse auprès de nos auditeurs qui se réveilleraient avec ces mots, entre le chaos de la guerre et celui à présent du corps, mais ce texte là comme tous ceux que l’on peut retrouver dans ce numéro de Critique, intitulé vivre dans un monde abîmé, parlent de tous ces petits combats menés contre la catastrophe. Dans ce texte comme dans tous les autres, c’est surtout de la vie dont il est question. Du combat pour la vie. Et c’est très beau. "Accueillir, dire, composer la vie malade", c’est donc un texte signé d’Enno Devillers Peña, doctorant à l’école des hautes études en sciences sociales. Ou comment trouver la force, dans l’épreuve de la maladie, de se réapproprier les mots d’un diagnostic et de se raconter dans ce moment particulier de vie.Enno Devillers Peña parle donc de la maladie d’Huntington, maladie génétique rare et incurable, et du collectif Dingdinguedong, groupe de parole qui aide les malades à retrouver les mots, et à se raconter, à se considérer par exemple comme un usager, qui peut agir sur sa maladie plutôt que comme un patient, qui la subit. Bien sûr cela ne va pas du tout de soi. La résistance se construit peu à peu et surtout à plusieurs. L’auteur rappelle à ce titre l’importance de groupes comme Act Up, ou des Entendeurs de voix.Une parole de l’usager donc, une expérience du malade, qui, lit-on doit être mise en avant et appréhendée comme une expertise. La souffrance, la résistance, doit dialoguer avec l’analyse médicale, faire naître de nouvelles pratiques et un autre discours, moins théorique, moins figé,  au sein de l’institution. « Composer la vie malade, composer avec des épreuves de perturbations qui nous concernent tous passe par cette confiance retrouvée en notre capacité à faire des histoires ». 

On passe enfin de la possibilité du dialogue à la difficulté de l’échange dans le cadre du Grand débat national.

Le magazine Alternatives économiques consacre un grand dossier en effet, aux non-dits du grand débat. Il y est par exemple question du « coût » des services publics, pointé par Emmanuel Macron. Ce qui fait dire au journaliste Guillaume Duval qu’en posant le débat en ces termes, je cite « il accrédite l’idée d’une admnistration pléthorique, dont il faudrait couper quelques branches pour lui redonner de la vigueur ». Des services publics qui pourtant, lit-on, ne compte pas plus d’employés en France qu’ailleurs. Ce dossier pointe aussi le manque d’interlocuteurs, donc de dialogue et donc de confiance dans l’institution présidentielle, 23% selon le baromètre du CEVIPOF, et le chercheur en sciences politiques Julien Talpin qui dénonce, dans ces mêmes pages, un grand débat national biaisé. Ce sont encore les élus, dit-il qui fixent les règles du jeu. Et la parole des usagers, encore eux, n’est toujours pas audible. Un constat qui rejoint celui de l’écrivain Eric Vuillard, dans le 1, qui parle de "captation de la démocratie", de "simulacre". Et va encore plus loin avec ces mots que je cite : « le seul grand débat qui vaille est celui que mène les Gilets jaunes un peu partout en France. C’est lui qui est en train de reconfigurer ce que les mots « débat », « délibération », « égalité », « liberté », « répression », « pouvoir » veulent dire. » Et enfin finissons cette revue de presse de manière plus gaie qu’elle n’a commencé, je signale à nos auditeurs la sortie d’un nouveau magazine, l’Insatiable, revue culturelle qui existait déjà en ligne et qui sort ces jours-ci son premier numéro papier. Chaque revue parlera d’une ville en particulier et de la manière dont ses habitants font vivre la culture, et l’inscrivent dans la ville. Dans ce premier numéro on parle d’Aubervilliers, en Seine- Saint-Denis. 

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