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Gare de Lyon, mardi 13 mars 2018

La mobilisation sociale sur le bon rail ?

4 min

Ce matin dans la revue de la semaine, en France et aux Etats-Unis, des mobilisations qui pourraient prendre de l'ampleur...

Gare de Lyon, mardi 13 mars 2018
Gare de Lyon, mardi 13 mars 2018 Crédits : DAVID SEYER - AFP

Le mouvement social aura-t-il lieu ? Deux textes, deux regards, sur la réforme de la SNCF et les mouvements sociaux qui s’annoncent… 

Deux tribunes qui sont tout aussi pessimistes l’une que l’autre mais n’offrent pas la même analyse, c’est le moins que l’on puisse dire. 

« 2018 n’est pas 1995 », décide Stéphane Rozès dans le journal le Monde. En 2018, « la symbolique incarnée par un président Bonaparte préempte la question sociale, détourne les Français des cheminots », analyse-t-il. 

Et le consultant écrit encore plus loin : que « cette incarnation de Bonaparte semble tenir ensemble les ‘moi’ dispersés de la ‘start up nation’ et des catégories populaires. »

Un avis très personnel donc, contrebalancé par les mots de Pierre Bourdieu que nous rappelle Christian Laval sur le site AOC. Un discours tenu à la Gare de Lyon, le 12 décembre 1995, devant une assemblée de cheminots en grève, et qui appelle à « reconquérir la démocratie », face à la toute puissance de ce qu’il nomme la « tyrannie des experts ».

« Ceux qui luttent, dit-il, le font contre la destruction d’une civilisation associée à l’existence du service public ». 

Destruction que le sociologue attribue  à « une noblesse d’Etat qui a fait du bien public un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose ». 

Et c’est là que, selon Christian Laval, Pierre Bourdieu nous livre plus de 20 ans après, les clés de la période que nous vivons. 

Pourquoi le mouvement social peine-t-il aujourd’hui à émerger ? 

Parce que « la réussite de Macron consiste à avoir su rassembler autour de lui une grande partie des responsables politiques de droite et de gauche, qui ont mis en œuvre depuis plusieurs décennies une même rationalité politique. » A savoir, un Etat aux mains d’une élite bureaucratique, une loi supérieure de la concurrence et de la performance, et une démocratie parlementaire et sociale qui doit être contournée ou violée par des procédures d’urgence et des diversions en tous genre, comme par exemple, ici, le mensonge de la dette de la SCNF qui serait due au statut des cheminots.  

On part maintenant aux Etats-Unis, où ce mercredi des milliers d’étudiants sortis de leurs écoles pour manifester contre les armes et la violence. 

Il y a ces photos et ces courtes vidéos parfois très émouvantes publiées dans le New York Times. Des foules de visages, filles, garçons, capuche, bonnet, voile ou casquette. Des visages d’une même génération et d’une même expression. 

Regard déterminé, bouche fermée. La photo d’une colère silencieuse, à New York, qui contraste avec celle lumineuse, plein soleil, d’une jeune fille tout seule, survêtement coloré, sur un parterre de béton à Columbine et cet écriteau, Enough is enough

Trop c’est trop. Il y a aussi des larmes devant des mémoriaux à Parkland, des panneaux qui demandent qui seront les prochains à mourir ? 

Ce sont des photos aux quatre coins des Etats-Unis, de ces marches de collégiens, lycéens, étudiants contre les violences et les tueries en milieu scolaire. 

Des centaines voire des milliers d’étudiants, selon les Etats, ont quitté leurs établissements à 10h ce mercredi, parfois contre l’avis des proviseurs, précise le journal. Ils ont marché, silencieusement ou non pendant 17 minutes environ. 17 comme le nombre de victimes à Parkland il y a un mois. 

Revenons maintenant à aujourd’hui, pour finir … A l’occasion du Salon du livre, le journal Libération a invité plusieurs écrivains à nous livrer leur regard sur l’actualité.  

Kaouter Adimi nous livre une double page sur la visite hier d’Angela Merkel à l’Élysée, Luke Mogelson avec « Guerre et plaies en Afghanistan » revient sur 17 ans de conflit et d’enlisement des troupes armées américaines.

Et puis il y a le très court billet de Mathieu Bermann sur la mère et la sœur d’un trio de dealers, expulsés tous ensemble d’un même logement HLM à Compiègne, à cause de l’activité illicite des frères. Qu’est-ce qu’une mère, qu’est-ce qu’une sœur ? Doivent-elles elles aussi payer ? Qu’est-ce qu’un habitant des quartiers difficiles ? Telles sont les questions que pose l’auteur. 

Enfin je signale à nos auditeurs le très bel article signé Didier Blonde, sur l’un de ses sujets de prédilection, le cinéma muet allemand, à l’occasion d’un cycle programmé à la fondation Jérôme Seydoux-Pathé. 

L’auteur du Figurant qui vient de paraître chez Gallimard y parle de lui, de sa découverte d’un cinéma où tout devient possible, je le cite « faire venir une femme sur la lune, montrer la mort fatiguée de séparer des amants ». Des muets qui selon ce que l’auteur a toujours défendu, sont toujours d’actualité, et comme certains discours, n’ont pas fini de nous parler.  

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