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Gilets jaunes, Tacos et Démocratie participative

4 min

Le mouvement des Gilets jaunes, le phénomène de société O Tacos et le business de la démocratie participative

« Le jour le plus jaune »

Le mouvement des Gilets jaunes fait la une de tous les grands quotidiens ce matin. Et pour cause : trois Français sur quatre soutiennent le mouvement et 1500 actions sont annoncées. « Le jour le plus jaune »  titre Libération. « Au sommet de l’état, on broie du noir » nous dit Le Figaro

Une fois n’est pas coutume, les deux journaux sont d’accord sur le constat d’échec d’Emmanuel Macron avec son « Je n'ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants ». Selon Le Figaro, le président fait preuve d’un manque d’humilité et d’un manque d’écoute. 

Pour Libération, l’objet de la mobilisation dérive vers une dénonciation générale de l’ultralibéralisme. Le journal est parti à la rencontre de cette « France qui gronde » . Une vue de l’intérieur avec de nombreux témoignages qui dresse une cartographie et une sociologie de ces militants de fortune. Être gilet jaune et écologiste, c’est possible. 

Et aussi une vue de l’Intérieur, avec un I majuscule, celui du ministère. Tout le monde est dans l’expectative ce matin, et notamment les services de renseignements : la mobilisation est apolitique et sans leader officiel. Donc, pour les forces de l’ordre comme à l’Elysée,  on se pose une question : «comment encadrer un tel mouvement populaire ? »

O Tacos, un fast-food phénomène de société

Ce matin, la France est "jaune" mais elle est aussi "tacos". C’est ce que nous rapporte le magazine Society cette semaine.

Les tacos, ces en-cas mexicains avec une galette de maïs enroulée sur elle-même et garnis avec à peu près tout ce que vous voulez. Et bien en 2007, trois Grenoblois se sont lancés dans le taco savoyard et ont ouvert leur premier restaurant O Tacos. Depuis, 220 enseignes ont vu le jour. « La marque a accompli ce qu’aucun kebab n’a réussi à faire, structurer une chaîne de fast-food sur toute la France » . 

On parle de tacos, mais en réalité, ici on est à mi-chemin entre le kebab, le burrito et le panini. La ligne de la firme : la viande - toujours hallal- et puis le gras, le gras et le gras. À mille calories le sandwich, O Tacos est un temple de la malbouffe qui se revendique comme tel. Plus calorique et plus économique aussi : « Ouvrir un Macdo coûte trois fois plus cher» nous dit un franchisé. 

Sur les réseaux sociaux, la chaîne est si populaire que l’ouverture d’un restaurant peut provoquer une émeute- comme à Valenciennes- ou dynamiser un quartier. Un argument qui fait mouche du côté des municipalités. Les mairies encouragent et aident le développement de l’enseigne. Selon l’un des fondateurs: « Des maires nous interpellent sur Twitter pour qu’on ouvre chez eux ». Pour les élus locaux en mal de commerces, O Tacos est synonyme de mixité sociale et de nouveau "cool".

Le business de la démocratie participative 

Et pour finir, la revue en ligne AOC consacre un article sur la démocratie participative et sur les dérives de son institutionnalisation. Selon les politistes Alice Mazeaud et Magali Nonjon « la démocratie participative est aussi une industrie ». Entre ateliers citoyens, budgets participatifs, balades urbaines ou plateformes numériques, depuis dix ans, les collectivités territoriales développent une offre participative qui correspond à une demande. « L’offre et la demande » le jargon ne trompe pas: la participation citoyenne est devenue un marché. Un marché avec son lot d’entrepreneurs et d’agences spécialisées sur les marchés publics. Un marché soumis aux effets de la concurrence, et aux coûts de production.

D'abord militante, la démocratie participative est devenue un business. « De puissants effets de standardisation se font sentir. C’est là un effet mécanique du marché » nous dit l’analyse. «Démocratiser la démocratie » est devenu un enjeu économique qui risque de perdre de vue ses fondamentaux, à savoir penser les enjeux démocratiques de nos sociétés.

Au fond, la culture participative ne devrait pas être qu’une affaire de spécialistes et d’experts.

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