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La crainte d'un "No deal", l'empathie en politique et Emmanuel Macron en campagne pour les Européennes

3 min

Le Brexit vu de l'intérieur par les ressortissants français, la notion d'empathie et d'écoute dans le champ politique et le tournant politique du chef de l'Etat à quelques mois des élections européennes

Crédits : Getty

Brexit, la crainte d'un No deal

L’impasse au Royaume-Uni a été le grand sujet de la semaine. Le quotidien en ligne Explicit consacre un reportage sur ces « Frenchies de Londres face à l’inconnu du Brexit».

Pour les ressortissants français, un dilemme : rester ou partir? Une Française ironise : « Il faut arrêter d’être alarmiste, ils ne vont pas nous mettre dehors tout de suite ». Quoique...

Jeudi, les négociations autour du divorce entre l’Union Européenne et l’Angleterre ont échoué, la date de rupture officielle du 29 mars approche  ; sur place l’incertitude règne et "leB word reste dans tous les esprits"

Le marché du travail semble en stand-by. Un couple passé de la Bretagne à la Grande-Bretagne témoigne : « Les entreprises embauchent moins parce qu’elles ne savent pas ce qui va se passer. Elles ne savent parfois même pas si leur siège sera toujours basé à Londres après le Brexit. » 

Si du côté de l’emploi c'est gelé, les tensions nationalistes, elles, s’électrisent. À Londres, on parle de « malaise social généralisé » avec la crainte qu’un sentiment anti-européen se développe. La capitale cherche malgré tout à montrer que le pays ne se referme pas sur lui.  Mais on se prépare au pire scénario : celui d’un "No deal". 

De l’empathie en politique ? 

No deal, fermeté et inflexibilité,  la revue en ligne AOC s’intéresse à la notion  d’empathie avec l’article « Empathie, bons sentiments et mauvaise politique ». 

L’empathie, on a beaucoup entendu ce mot ces deux derniers mois ; «Emmanuel Macron manque d’empathie ». Cette absence de faculté émotionnelle serait pour certain le nœud gordien de la crise "gilet jaunesque". Mais que vient donc faire cette notion dans le champ politique?  

Pour l’économiste Isabelle This Saint-Jean, les émotions ont envahi l’analyse du monde social et économique et - plus généralement- le champ intellectuel. « La rationalité et l’argumentation cèdent progressivement le terrain ».  Pourtant, « on le sait, on ne fait pas de la politique avec des sentiments ! » Face à l’actuelle demande d’un renouveau démocratique, l’empathie ne peut rien. 

Le journal Le 1 pose la question différemment : « comment bien écouter le peuple ? » Pour l’historien Gerard Noiriel, le problème est moins le manque d’empathie que l’invisibilisation des classes populaires dans le discours publique. Exemple : dans le livre Révolution d’Emmanuel Macron, elles sont totalement absentes. 

« Comment prétendre incarner le peuple français sans jamais parler des classes populaires autrement que comme une source de problèmes à résoudre ? » Dans ce contexte, les débordements ne sont pas surprenants. « La violence est une forme d’expression plus présente encore chez ceux qui sont privés de parole » dit l’historien. 

Pour lui, « Les questions que les gilets jaunes posent s’adressent à tous les professionnels de la parole publique : journalistes, politiques ou universitaires (…) Ce mouvement doit nous pousser à nous interroger sur notre rapport aux classes populaires ».  

« Macron soigne sa droite »

Dans les journaux ce matin, il est beaucoup question d’Emmanuel Macron et de son "tournant politique".  Avec son marathon des maires, « Macron reprend du poil de la bête » pour reprendre les mots de Libération. Le chef de l’Etat regagne de la popularité chez un certain type d’électeurs. Le Figaro titre d’ailleurs : «  Macron soigne sa droite ».  

«  Un jour, c’est le thème de l’immigration qu’il inscrit au programme du grand débat national en agitant l’idée des quotas. » Un autre, une loi contre les casseurs, des mesures mises en place par Nicolas Sarkozy, ou encore le refus de rétablir l’ISF. Le Figaro n’est pas dupe : cette nouvelle rhétorique est une offensive sur l’électorat de droite. 

Cela n’a pas échappé non plus au journal Le Monde. « Emmanuel Macron est en campagne pour les élections européennes ».  À l’Elysée, la stratégie est tout à fait assumée. Un proche du président déclare : «  dans l’optique des Européennes, notre priorité doit être de reconquérir l’électorat conservateur. »

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