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Nicolas Hulot à Marseille vendredi 18 mai lors du lancement de la mobilisation pour la préservation de la biodiversité

La biodiversité, tout le monde s'en fiche ?

5 min

Le ver de terre, l'alouette et le hérisson disparaissent de nos campagnes, en Italie, des électeurs déboussolés par une coalition hors-norme tandis qu'au Chili les évêques remettent leur démission au Pape.

Nicolas Hulot à Marseille vendredi 18 mai lors du lancement de la mobilisation pour la préservation de la biodiversité
Nicolas Hulot à Marseille vendredi 18 mai lors du lancement de la mobilisation pour la préservation de la biodiversité Crédits : BERTRAND LANGLOIS - AFP

Nicolas Hulot a lancé hier, à Marseille, une grande mobilisation pour la sauvegarde des espèces. « La biodiversité tout le monde s’en fiche ! » avait pourtant déclaré le ministre en mars 

Ce ne sont pas les constats et les rapports qui manquent pour alerter sur la raréfaction de nombreuses espèces y compris dans nos campagnes. Après une étude il y a quelques mois sur la disparition des oiseaux, dont on avait beaucoup parlé, Libération revient en détails sur « cette grande extinction de la faune et de la flore ».

Ce sont des petits détails raconte le quotidien, auxquels on ne prête pas forcément attention mais qui deviennent de plus en plus flagrants. "Les pare-brises qui ne sont plus maculés d’insectes écrasés, les printemps de plus en plus silencieux et les coquelicots qui n’égayent plus les blés.. "

Bref des centaines d’animaux et de plantes de notre quotidien se raréfient à une vitesse « ahurissante ».

On apprend par exemple que la population de ver de terre a été divisée par quatre en quarante ans. Que l’alouette des champs est désormais le symbole du déclin des oiseaux en milieu agricole. Et que le hérisson, le lapin de garenne et l’anguille se font rares..

Les chiffres et le ton de ce dossier sont alarmants et pourtant écrit Libération, la biodiversité est "un enjeu mal compris et donc négligé". Le concept, né dans les années 80 est pourtant simple : il désigne le tissu vivant de la planète : l’ensemble des milieux naturels, des espèces et de leurs interactions, homo sapiens compris.

Comment ce dernier est-il parvenu à modifier l’équilibre ?

On parle beaucoup du réchauffement climatique explique Bruno David, président du Museum d’histoire naturelle, "mais il est loin d’être la plus grosse pression sur la biodiversité". C’est plutôt notre usage de la planète : agriculture intensive, produits phyto-sanitaires, pollution, destruction des habitats, etc

"L’homme est trop prétentieux" dénonce Bruno David. Il pense toujours qu’il pourra s’en sortir avec sa technologie. "Or nous sommes une espèce complexe et donc fragile. c’est à nous même que nous portons atteinte". 

En Italie, c’est l’avenir du pays qui est en jeu. Nombreuses incertitudes après l’annonce cette semaine d’un accord de coalition entre l’extrême droite et le Mouvement 5 étoiles..

On trouve une analyse intéressante dans Mediapart sur les conséquences de cette coalition des extrêmes sur la recomposition du paysage politique italien. Certes, les positions anti-européenne et anti-establishment rapprochent pour le moment les deux partis met jette le trouble du côté des électeurs. Surtout du côté du M5S. 

"Peut-on être de gauche et participer à une coalition gouvernementale avec l’extrême-droite ?" C'est le dilemme qui se pose pour à eux. 

La politique migratoire sera une ligne rouge pour beaucoup qui ne sont pas prêt à accepter l’expulsion des immigrés clandestins. 

Mediapart rapporte le témoignage de Domenico de Masi, figure de la gauche italienne qui vient de retirer son soutien au Mouvement. "Il y avait dans le M5S dit-il, une âme à gauche et une âme à droite". Avec un tel gouvernement les électeurs de gauche vont fuir tandis que les plus à droite passeront avec la ligue. Dans deux ans prédit-il Salvini "mangera les 5 Etoiles". 

De son côté le journal italien la Reppublicca à lire sur Courrier International pointe avec colère et mépris, on le sent, l’impasse dans laquelle se trouvent les deux formations anti système. "Ils sont prisonniers des modèles de populisme qui leur ont permis de l’emporter" analyse le quotidien. 

"Etre au pouvoir c’est convaincre avec des faits, c’est construire de nouveaux équilibre et non prendre un Président en location débauché d’un conseil d’administration ou d’une faculté". Affaire à suivre.

L’Eglise vient-elle de franchir un pas décisif dans la lutte contre la pédophilie dans ses rangs ? Retour sur l’annonce inédite, hier de la démission des évêques chiliens. 

Ils étaient venus à Rome pour faire la lumière sur les scandales d’abus sexuels dans leur pays. Les 34 évêques du Chili ont donc présenté une démission collective hier soir. Une décision importante réagit Stéphane Joulain, psychothérapeuthe et prêtre auteur de Combattre l’abus sexuel des enfants. C’est à lire sur le site du journal La Vie. Pour lui c’est une "véritable prise de conscience de la responsabilité collective dans cette crise". Il y a quelques années raconte-t-il "j’avais suggéré des démissions collectives pour d’autres cas, on m’avait répondu que c’était impossible". Cette fois un message fort a été envoyé. Il y voit le signe que le Pape François "prend les moyens d’écourter les victimes et de comprendre leur parole". 

Réaction moins enthousiaste dans La Croix, celle de François Delvaux, président de l’association La parole Libérée qui critique une décision "déresponsabilisante", qui noie, finalement la responsabilité individuelle alors que le Pape leur avait demandé un devoir de conscience. 

François Delvaux rappelle qu’au Chili comme en France si les choses bougent c’est grâce à « la pugnacité des victimes, leur détermination et en aucun cas une prise de conscience des membres de l’institution ». "Ce sont elles qui ont mis la pression, ces victimes, violées dans leur enfance qui ont donné un coup de pied dans la fourmilière".

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