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 Les manifestants défilent contre la disparition du journaliste Jamal Khashoggi

La dernière tribune de Jamal Khashoggi, une gauche renouvelée aux Etats-Unis et une gauche fracturée en France

4 min

La tribune sur la liberté de la presse du journaliste Saoudien Jamal Khashoggi écrite juste avant d'être assassiné, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis qui se préparent, un état des lieux du paysage politique français à gauche

 Les manifestants défilent contre la disparition du journaliste Jamal Khashoggi
Les manifestants défilent contre la disparition du journaliste Jamal Khashoggi Crédits : Getty

La dernière tribune de Jamal Khashoggi

Ce matin, Ryad a confirmé que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué dans son consulat à Istanbul. Mercredi le Washington Post publiait sa dernière tribune écrite juste avant sa disparition, un texte très largement repris par la presse française.  Avant de disparaître le 2 octobre, l’éditorialiste très critique à l’égard de la politique de Riyad écrivait : « Ce dont le monde arabe a besoin, c’est la liberté d’expression ». Il décrit une population sous-informée, des gouvernements qui exercent une censure toujours plus forte, et une couverture des informations internationales difficile. Selon lui: « le monde arabe fait face à sa propre version du rideau de fer, imposé non pas par des acteurs externes mais à cause des forces nationales se disputant le pouvoir ». À ce texte, le Washington Post a ajouté : « Cet éditorial saisit parfaitement son engagement et sa passion pour la liberté dans le monde arabe. Une liberté pour laquelle il a apparemment donné sa vie». La traduction intégrale de cette tribune est disponible sur le site de France 24.

Les "midterms" se préparent

« les midterms, » les élections de mi-mandat aux Etats-unis vont avoir lieu le 6 novembre. C’est la une du jour de Libération et du Monde aujourd'hui. Donald Trump peut perdre ces élections de mi-mandat. Selon les derniers sondages, une partie de l’électorat américain revient vers la gauche. Les raisons : le bilan du président. Entre des réformes fiscales qui ne profitent qu’aux plus richex, les changements dans le système de santé, et les mesures anti-migrations. Autre explication : le facteur féminin et le déterminisme des électrices. Après l’affaire Kavanaugh, les femmes s’apprêtent à voter massivement pour les démocrates, nous disent les chiffres: à 55%. Les démocrates peuvent espérer reconquérir une majorité à la Chambre des représentants. Pour Libération, plus qu’un vote contre, on assiste à un renouvellement profond du parti démocrate. Plus jeune, plus féminin, plus audacieux,  «  les Démocrates ont des idées et des projets, tous ce qui manque pour l’instant, dans tant de pays à la gauche européenne».
 

Etat des lieux de la gauche en France

Concernant le paysage politique actuel en France, la presse est moins dithyrambique. Plusieurs articles cette semaine reviennent sur l’explosion des gauches. 

Pour reprendre les mots de l’essayiste Alain Duhamel, c’est un paysage dévasté. Dans sa chronique  « la gauche en marche arrière » dans Libération mercredi, il dépeint « une gauche fracturée et en miette ». Abandonné par ses figures de proue, le PS est à l’agonie, Benoit Hamon a lancé son propre parti, les Verts font bande à part. Dans ce panorama, seule alternative possible: la France insoumise. Mais l’essayiste n’est pas tendre vis à vis de son leader, qu’il décrit comme "autoritaire" et dépourvu de tout esprit de rassemblement. Plus qu’une gauche de réforme, les Insoumis optent pour une gauche de rupture: selon Alain Duhamel, c’est un piège. La gauche française "retrouve ses réflexes archaïques du début des années 70 ".  

En contre point: la tribune du politiste Rémi Lefebvre mercredi dans Libération : «Pourquoi je quitte le Parti socialiste ». Selon lui « le PS est mort, mais pas le socialisme». S’il rejoint les Insoumis, c’est parce que « le libéralisme s’est radicalisé et que le socialisme s’est désarmé ». Il explique qu’il est impératif pour la gauche de renouer avec le rapport de forces, notamment sur le plan européen. Il croit en des convergences possibles avec la France insoumise comme première force à gauche.
 

Quant à la fureur du dirigeant lors de sa perquisition, Mediapart a consacré toute la semaine des enquêtes sur la tournure politique qu’a prise l’affaire. Dans son analyse « le leader insoumis pris aux mots », Antoine Perraud revient sur les vidéos de l’événement dans lesquelles apparaissent un "moi mélenchonniste" et un "tout à l’ego" inquiétant. En s’érigeant en martyr ou en tentant la diversion, « la figure iconique de la France insoumise s’est desservie de la pire façon » dit-il. Un point de vue partagé par Fabrice Arfi dans son texte « Perquisitionné, Jean-Luc Mélenchon tord les faits et la République». En faisant prévaloir une immunité parlementaire, le dirigeant insoumis a présenté une image qui contredit les valeurs de son parti. « Le drame de ces derniers jours est bien le visage politique qu’a offert Jean-Luc Mélenchon aux citoyens. »
 

 

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