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Photos de Shappal Ibrahim avant (droite) et après (gauche) sa libération.

Déjà penser aux combats d'après ...

4 min

Plongée dans la guerre en Syrie, retour sur l'après Weinstein, et manifestations et répressions policières.

Photos de Shappal Ibrahim avant (droite) et après (gauche) sa libération.
Photos de Shappal Ibrahim avant (droite) et après (gauche) sa libération. Crédits : CRÉDIT : MARCEL MAFFEI POUR LA CROIX

On commence cette revue de presse par une plongée dans la guerre en Syrie, et même dans l’après-guerre. C’est une sorte de saut dans le temps que nous livre le quotidien La Croix, avec ce titre : « Qui sait ? Bachar sera peut-être jugé un jour ».   

Derrière ce titre, une série de portraits, en Syrie et ailleurs dans le monde, et notamment de ces citoyens syriens devenus enquêteurs malgré eux à la suite de l’incarcération, de la disparition, de l’assassinat d’un proche. 

C’est une enquête de 8 pages signée Marie Boëton et Marianne Meunier, paru dans le journal de jeudi dernier, et que l’on peut retrouver sur le site de la Croix, illustré de photos, et d’extraits sonores d’interviews. 

Il y a par exemple, le cas de Shappal Ibrahim, qui offre ses mains à l’objectif, sur lesquelles apparaissent de fines cicatrices. Ses mains qui ressemblaient 5 ans auparavant, décrivent les journalistes, à « deux boules de sang brûlantes de douleur, boursoufflées par 180 coups de fouets ». 

Shappal Ibrahim est maintenant réfugié en Allemagne, tout comme Mariam Al Hallak. Cette femme de 65 ans a perdu son fils de 25 ans, arrêté à cause de  ses activités militantes et mort sous la torture. 

Il y a ces citoyens syriens, qui récoltent les preuves, photos, procès-verbaux, au péril de leur vie, ceux qui vivent désormais en Allemagne, en France, des acteurs de la justice pénale internationale qui les récoltent, les étudient, les archivent, les conservent dans des villes tenues secrètes, tout cela dans l’espoir, qu’un procès se tienne un jour. Une perspective devenue, selon les mots de Shappal Ibrahim, « plus importante que leur vie ». 

Dans la revue Esprit maintenant, nous nous plongeons dans la réflexion d’une philosophe sur l’après affaire Weinstein. La philosophe Aïcha Liviana Messina signe l'article : « la violence sexuelle après Hollywood ».  Nous passons la première partie de l’article qui revient sur ce sujet maintes abordé ces derniers mois sur l’importance de cette prise de parole au sujet des violences sexuelles subies. 

Mais très vite l’auteur pose la question « et après ? » Comment cette parole, une fois cette parole libérée, s’articuler à une politique ?  Nous devons, selon l’auteure, appeler les coupables à s’expliquer, et non pas juste les les effacer de la vie et de l’espace public. Comme c’est le cas pour Harvey Weinstein. Sans parole, écrit-elle, l’agresseur ne peut pas devenir un sujet de droit écrit la philosophe. 

Si le hashtag #metoo, made in Hollywood, a permis de lever le voile sur l’ampleur de ces violences, je cite « Il ne faut pas oublier, que c’est tout un système qui a rendu possible cette violence, le même qui a crée Hollywood. » 

Il faut donc chercher ces réponses politiques, ailleurs, en dehors.  Autant dire que la révélation n’est que le début d’un long chemin. 

Et enfin, on parle beaucoup de manifestation et de répression policière ces temps-ci. Des revues s’emparent du sujet. 

D'abord l’imaginaire perdu de la manifestation, avec l'article deJean-Michel Dijan dans la revue « le Débat.» 

Regard particulier de l’écrivain sur une manifestation qu’il juge désertée, parce que dépolitisée, voire désidéologisée : « c’est la colère qui domine et pas la construction organisée du rapport de force. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, le « peuple de gauche », s’est replié sur une certaine idée du citoyen plus solidaire qu’engagé, plus éclairé que militant »

Propos  que contrebalance, d’une certaine manière, la réflexion de la sociologue Liora Israël sur le site AOC.  

Le droit et son évolution, entre répression et convergence des luttes, c’est le titre de son article. Ou comment la répression policière des manifestations de 1968 a fait, d’une certaine manière, évoluer le droit. Regard éclairant sur ce que nous vivons en ce cinquantenaire de Mai 68. 

La maîtresse de conférence à l’école des hautes études en sciences sociales, cite, à ce titre, Michel Foucault : « On a beaucoup dit que le Syndicat de la magistrature, crée en 1968, voulait “politiser” l’administration de la justice. Je serais plutôt porté à penser le contraire : il a voulu poser la question de la loi à une certaine “politique” de la justice qui était celle de l’ordre. ».

Il s’agit donc ici d’une réflexion sur le droit comme arme contre l’autorité comme l’écrit l’auteur, et un appel à réfléchir à comment nous en emparer, à comment le nourrir, ce droit de demain, au regard de ce qu’il s’est passé ces derniers jours, à Notre Dame des landes par exemple ou à l’université de Tolbiac. 

Par Emilie Chaudet

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