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" Un tiers des gens pensent que leur boulot ne sert à rien "

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Une revue de presse avec un fil rouge: le travail. La réforme de l'assurance chômage, la gynécologie en crise et les "bullshit jobs"

La réforme de l’assurance chômage 

Après le code du travail, après la loi Avenir professionnel, c’est au tour de l’assurance chômage d’être réformé. Le Figaro économie consacre sa une à ce projet. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en a présenté hier les grandes lignes : faire des économies sur l’assurance chômage de 3 à 3,9 milliards d’euros d’ici trois ans. Officiellement, ces coupes budgétaires sont faites pour lutter contre le chômage en France. Parmi les mesures envisagées, il y a le recalcul du salaire journalier des allocataires ou la dégressivité des aides pour les travailleurs « les plus qualifiés ».

Le Parisien-Aujourd'hui en France rapporte les craintes des syndicats : « 1,3 milliard d’économies par an, c’est beaucoup »  estime FO.  « C’est une réforme à l’envers : on part d’un objectif budgétaire » . 

Une lettre de cadrage doit être envoyée la semaine prochaine à l’ensemble des partenaires sociaux.

«  le blues des Gynéco ».

Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé cette semaine  son "plan santé" et que le personnel hospitalier reste dans l’expectative, le Magazine M du Monde consacre ce weekend une grande enquête sur une partie de la profession.

Le dossier qui s’intitule «  Le blues des Gynéco » fait état d’un changement des pratiques médicales et revient sur  l’histoire croisée de la gynécologie et du féminisme.

Depuis 2014, avec des campagnes de Hashtag comme #payetonutérus, on voit un vaste mouvement de dénonciation des violences gynécologiques. Entre examens brutaux ou actes réalisés sans consentement, la parole des femmes s’est libérée. 

On lit les témoignages d’une dizaine de docteurs de différentes générations. On y découvre une profession en crise et en doute. La plupart a choisi ce métier «  précisément pour lutter contre la maltraitance dont les femmes sont victimes ». Les maltraitances ne sont pas du seul fait d’un manque de moyen hospitalier. La place de la parole et du consentement a changé. «  Il faut du temps pour comprendre que ce qui nous a été enseigné n’est pas juste ». Dit l'une d'entre elles. 

Sans faire de « gynéco bashing », l’article montre la nécessité de redéfinir le rapport entre les patientes et les docteurs. Il évoque le livre Les brutes en blanc du médecin militant Martin Winckler et ses trois mots d’ordre : «  écouter, proposer, ne pas imposer ».

" Un tiers des gens pensent que leur boulot ne sert à rien "

Society  met en couverture l’image d’un employé montant un escalier et qui fonce tout deux droit dans un mur

" Un tiers des gens pensent que leur boulot ne sert à rien " titre l'hebdomadaire qui publie un long entretien passionnant avec l’Américain David Graeber, l’anthropologue et l’économiste à qui l'on doit l'expression « bullshit job », "emploi a la con".

David Graeber part d’une étude: « 40% des gens considèrent leur emploi comme inutile »  et en souffrent. 

Il soulève d’abord la question de l’épanouissement dans l’utilité. Il rappelle qu’en psychologie, on observe chez le nourrisson « le plaisir d’être cause » - ou comment la notion de bonheur apparaît  dès lors que l’enfant exerce une influence sur le monde qui l’entoure. 

Puis il poursuit en revenant sur les origines théologiques de la valeur travail, à la fois vertu et punition pour le péché originel. 

Ces "bullshit jobs" disent aussi quelque chose de notre économie : le capitalisme s’est transformé, les profits ne dépendent plus seulement du commerce ou de la production de biens de consommation. L’économie repose en partie sur la manipulation de rentes ou de dettes. Une dynamique que Graeber qualifie de « féodalité managériale ». Pour lui, les entreprises «  voraces en emplois à la con" en sont l’un des symptômes.  

L’un des moyens pour éliminer ces "bullshit jobs" serait le revenu universel. Contrairement aux idées reçues, le revenu universel ne produirait pas une société oisive et non productive. Le fait même que ces "jobs à la con" produisent de la souffrance prouve justement que les gens ont « envie d’agir, de faire des choses, mais pas forcément dans le cadre d’un travail salarié ». 

En dix pages, l’interview montre une idéologie qui loin d’être performante se révèle au contraire inefficace. 

"Bulshit Job" de David Graeber vient de sortir aux éditions Les liens qui libèrent.

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