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Le Salon de l'agriculture// l’intelligentsia à l’heure du clash// la profession politique vue par Nanni Moretti

4 min

L'inauguration de la 56eme édition du Salon de l'agriculture, la brutalité du débat intellectuel et l'exercice de la politique selon Nanni Moretti

Crédits : Getty

Inauguration du Salon de l'agriculture à Paris

«  Alimentation, à table citoyen ! »  titre _Libération.  _Le journal consacre quatre pages sur cette tendance de plus en plus forte : « le manger responsable ».  Selon les derniers chiffres, 82% des Français déclarent être plus attentifs à leur alimentation qu’il y a cinq ans. Les modes de consommation bougent : plus de local, plus de circuits-courts, avec l’espoir secret de faire tomber la grande distribution. Plus de bio aussi dans les assiettes des Français, et cela ne concerne pas que les bobos, mais aussi les ouvriers, les employés, les jeunes et les très jeunes grâce aux cantines. 

Le journal La Croix lui s’intéresse au « consommer durable ».  Pour la transition écologique et énergétique, le monde agricole est un acteur essentiel. La Croix passe en revue les différents exemples d’économie verte.

Le Parisien-Aujourd’hui en France met les pieds dans le plat et pointe le manque de soutien des pouvoirs publics dans le secteur. Il nous rapporte que les agriculteurs bios attaquent l’état en justice : ils sont encore nombreux à toujours attendre leurs aides à la conversion. 

«  Nos politiques se désintéressent des agriculteurs » nous dit l’un d’eux derrière son stand. « Ils boivent deux bières, mangent une pomme, caressent les vaches et s’en vont. » Emmanuel Macron inaugure cette 56ème édition ce matin, autant dire qu'il est attendu de pied ferme. 

Intellos : l'amour du clash

La revue du crieur propose une analyse sur l’intelligentsia à l’heure du clash. Dans l’espace politique et médiatique ou sur le web, on assiste à une hystérisation du débat et le monde universitaire n’y échappe pas.  Noms d’oiseaux et vacheries : les codes du débat d’idée sont en train de changer. Chez les intellos aussi on entend: «  on ne débat plus, on exécute ». 

«  L’espace public se mue en zone d’hystérie où le surmoi du penseur fond sous la chaleur de la rage. » écrit Jean-Marie Durand, qui a mené l'enquête.

Certes, l’art de la dispute est une vieille tradition, mais ses modes opératoires sont nouveaux. Internet et les réseaux sociaux ont participé à faire évoluer les formes de débats et d’expressions ; les polémistes ont pris une place de choix dans les médias ; et « Le champ intellectuel reste largement défini entre un camp dit progressiste et un camp très droitier ( …) On peut donc s’inquiéter d’un glissement idéologique général qui n’épargne pas le monde des sciences sociales. »

Cette analyse pointe également la fragilité économique et l’hyper-concurrence du monde universitaire.  Il est même question de prolétarisation du champ intellectuel. On estime qu’un enseignant-chercheur sur deux est un précaire. Dans ces conditions, la compétition n’est pas belle à voir. 

Nanni Moretti : «  N’importe quel idiot peut faire de la politique »

Dans le magazine Society, le cinéaste italien Nanni Moretti déclare: «  N’importe quel idiot peut faire de la politique ». 

Son dernier film vient de sortir et s'intitule « Santiago Italia ». C'est un documentaire qui revient sur un épisode méconnu de 1973, celui où l’ambassade italienne accueillait et secourait les réfugiés chiliens de la dictature de Pinochet. 

Pour lui, réaliser ce film dans l’Italie de Salvini est un geste politique fort. «Aujourd’hui, la politique du gouvernement italien n’est plus une politique d’accueil, c’est évident  ». Il dénigre un populisme ouvert par Berlusconi et dont l’actuel gouvernement serait le prolongement. 

Mais pour le réalisateur de La Chambre du fils, la politique est avant tout un métier qui ne s’improvise pas. Et à ce sujet Nani Moretti n’est pas tendre : « Moi, je n’ai pas compris ce que veulent les Gilets jaunes, en France. (...) Vous l’avez compris, vous? (…) Aujourd’hui, beaucoup d’improvisateurs font de la politique. Ils n’ont aucune compétence spécifique. C’est un cadeau d’internet. L’incompétence au pouvoir. »

La politique doit-elle être une profession? Vaste question.

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