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Le Président l'a dit, il n'est pas au Salon pour "tapoter les vaches"

Salon de l'agriculture, la défiance est dans le pré

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La Salon International de l'Agriculture s'ouvre ce matin à Paris. Agriculture et ruralité, il en a été question toute cette semaine.

Le Président l'a dit, il n'est pas au Salon pour "tapoter les vaches"
Le Président l'a dit, il n'est pas au Salon pour "tapoter les vaches" Crédits : Lionel BONAVENTURE - AFP

Le salon de l’agriculture s’ouvre aujourd’hui à Paris.. le Président doit s’y rendre dans quelques heures.. mais entre Emmanuel Macron et les agriculteurs ce n’est pas le grand amour.

Comme le rapportaient Le Dauphiné Libéré ou encore La Nouvelle République, Emmanuel Macron n’a pas l’intention de venir « tapoter les vaches » au salon. face aux inquiétudes de la profession il répond « habitudes à changer » et « décisions difficiles à prendre ».

Il faut dire que les défis ne manquent pas comme le résument deux longs articles à lire sur le site The Conversation. Scandales sanitaires, précarité de nombreux agriculteurs, dégradation des sols, usages de pesticides : "sur fond d’aspirations et d’injonctions souvent contradictoires, l’agriculture est française est la croisée des chemins" résume Christian Huygues, chercheur à l’INRA. 

Un modèle, construit dans les années 50, qui repose sur l’obsession des prix bas et de la productivité explique-t-il. 

Et pourtant les choses bougent.. sur la question des pesticides par exemple comme le rapportaient Les Echos hier. Des alternatives existent et c’est la FNSEA qui entend profiter du salon pour le démontrer. Le syndicat, majoritaire, veut présenter d’ici fin juin 250 solutions pour réduire, voire se passer des pesticides. Cela va du "robot-bineurs, capable d’éradiquer les mauvaises herbes aux drones pour détecter les rongeurs". Des solutions qui misent sur la technologie et le numérique.. ce qui ne convainc pas totalement les ONG rapporte le journal qui prônent plutôt des solutions de bio-contrôle comme la préservation des haies et des lisières..

Malgré ces initiatives difficile d’ignorer que le salon de l’agriculture s’ouvre dans un climat de grogne du milieu rural dans son ensemble.. comme relève le journal Le Monde. Durant ces neuf derniers mois tout un ensemble de mesures "semblent avoir touché davantage les populations rurales ou plus modestes" résume le journal. Hausse du diesel, limitation de la vitesse, remise en cause des petites lignes de la SNCF, fermeture de classes en milieu rural. « Entre Macron et les campagnes, la défiance est dans le pré »

On a parlé agriculture.. on parle aussi culture ce matin.. 

Culture américaine précisément.. vous savez cette semaine on a beaucoup parlé de Black Panther, de Ryan Coogler le premier film américain avec des super héros noirs. Il explose les records au box-office, aux Etats-Unis comme en France. La musique a été confiée au rappeur Kendrick Lamar. 

Je vous conseille de lire le portrait qu’en fait le magazine Society dans son dernier numéro. 

C’est un portrait creux par les témoignages uniquement des habitants de Compton, banlieue de Los Angeles où a grandi le rappeur entre guerre des gangs et trafics en tout genre. Une histoire purement américaine : qui parle de violence et d'inégalités mais aussi d’un jeune homme qui s’en sort parce qu’il s’accroche à la musique et à la poésie. Kendrick c’est le type discret, réservé, toujours assez malin pour ne pas s’attirer d’ennuis. A les lires ces proches, ces amis d’enfance se dessine l’image d’un modèle, d’un grand frère.

Cette semaine - et ça c’est Le Figaro qui nous l’apprend - il a privatisé trois cinémas pour offrir une projection gratuite de Black Panther à des jeunes des quartiers défavorisés.

Un vrai héro américain.. 

On termine avec une réflexion sur la guerre, la guerre omniprésente dans l’actualité mais absente de l’université..

C’est un article à lire dans le dernier numéro de la revue Le Crieur signé Alexandre Jubelin, doctorant en histoire. Qui pense la guerre aujourd’hui ? et bien pas grand-monde constate-il et c’est l’objet de cet article.

La guerre, un champ délaissé par l’université française alors même que les conflits sont en pleine mutation : guerres asymétriques, guérillas, cyber-guerre, usage des drones.. sans compter les opérations extérieures françaises qui « mériteraient un débat digne de ce nom ». « Il y a un malaise profond et persistant autour de ce domaine de recherche » constate l’auteur.

De fait durant longtemps il fut difficile pour la sociologie, l’histoire, ou les sciences politiques de se saisir de l’objet militaire sans "se retrouver confronté au soupçon – parfois fondé – de militarisme".

Résultat, la France se prive d’une expertise précieuse tandis que les « war studies » se développent à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons.

En attendant, la guerre et son histoire on en trouvera une pleine page à déplier amplement comme toujours dans le journal le 1. Un hors-série sur la guerre de 14 et sur Clémenceau cet apôtre de la guerre intégrale qui n’en était pas moins sensible raconte le journal. 

Pour preuve cette lettre adressée à son frère alors au front. « Mon cher petit frère, écrit Clémenceau, je t’aime, et je souffre de te voir au feu. J’aurais dû (je me le dis souvent) t’empêcher d’y aller »

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