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Les gilets jaunes, le féminisme intersectionnel et l’ère de la « post-vérité »

6 min

Les gilets jaunes sont à la une, le féminisme intersectionnel raconté par ses leaders, et l’ère de la « post-vérité » vue depuis les Etats-Unis.

Crédits : Getty

Les gilets jaunes à la une

Pour ce deuxième weekend de mobilisation, les gilets jaunes sont à la une de tous les journaux ce matin. Avec un jeu de mots digne de Libération : « Les gilets gênent la république en marche ». 77 % des Français soutiennent l’appel à manifester ce samedi. Libération consacre ses premières pages à un gouvernement en difficulté face à un mouvement hétérogène en revendications mais unie dans sa colère. « Conflit social d’un  nouveau genre qui appelle négociation sociale d’un nouveau style » écrit Laurent Joffrin dans son éditorial.  

Ce que Le Figaro met en évidence ce matin, c’est une première inflexion dans la politique d’Emmanuel Macron. « Pas question de revenir sur la taxe carbone mais son accompagnement social sera amélioré » dit l’Elysée. Un changement de cap ? Peut-être : de nouvelles mesures pourraient être dévoilées mardi. 

Le supplément du Monde de ce matin, Le Monde des idées, prolonge cette réflexion dans un entretien avec l’historien Nicolas Delalande intitulé « Gilets jaunes : les habits neuf de la révolte fiscale ». Selon lui, la transition écologique ne peut se faire sans une justice fiscale et sociale.

Actualité du féminisme intersectionnel

Autre manifestation attendue aujourd’hui : la grande Marche contre les violences faites aux femmes. La revue en ligne AOC publie ce matin un long entretien croisé avec deux grandes féministes afro-américaines : Angela Davis et Gina Dent.

Angela Davis- l’icône féministe chantée par John Lennon et Yoko Ono- et Gina Dent -moins célèbre- sont toutes les deux militantes et philosophes. Elles travaillent sur les questions de genre, de race et de classe. Ensemble, elles reviennent sur ces dernières décennies de luttes. 

Tout d’abord un constat : comme dans les années 70, le slogan « le personnel est politique » est toujours d’actualité. Parce que « la violence d’Etat encourage la violence domestique et que celle-ci reproduit la première ». 

Mais les protestations évoluent, notamment en matière de Black Feminism. Par exemple : le mouvement de contestation afro-américain Black Lives Matter, « les vies des Noirs comptent » né en 2013. Contrairement à celui des Black Panthers :  « les femmes, les femmes de couleur, les femmes de couleur queer occupent la première place ». Pour elles, cela prouve qu’un féminisme intersectionnel peut porter un élan politique. 

Angela Davis conclut par cette phrase : « Nous sommes clairement dans une nouvelle ère ».

Fantasyland, ou comment l’Amérique a déraillé

Le dernier numéro de la revue Books s’intéresse à l’ère « de la post vérité »  et décortique les croyances et fausses croyances de notre époque.

L’idée est galvaudée : nous serions entrés dans une ère de « la post-vérité ». En réalité, cette crise n’est pas nouvelle. C’est l’analyse de Kurt Andersen dans Fantasyland : comment l'Amérique a déraillé, 500 ans d'histoire. Son livre est commenté dans les pages de Books par le grand historien Robert Darnton.  

Entre bobards, foutaises et croyances farfelus, Fantasyland dresse un portrait d’un pays en pleine crise du récit, où Donald Trump campe en maître de carnaval. Mais les fake news ne sont pas un phénomène nouveau. Falsifier des nouvelles, l’Antiquité l’a déjà fait. En revanche, la révolution numérique joue un rôle majeur dans leurs proliférations où 44 % des adultes s’informent sur Facebook. 

Mais pour Kurt Andersen, la religiosité est le facteur principal de ce brouillage de la réalité. Une culture de la foi et de la croyance est ancrée dans l’histoire du pays. « Les Etats Unis ont été créés par une secte de cinglés » écrit-il. De plus, il est le seul pays occidental à avoir produit de nouvelles religions et de nouveaux cultes. Pour Robert Darnton : « Fantasyland est un immense service à un pays qui n’a jamais eu son Voltaire ».

C’est l’un des articles majeurs de la revue qui vient de sortir. Un numéro qui se place sous les auspices de Jean La Fontaine avec ce vers tiré des fables : «  Et chacun croit fort aisément ce qu’il craint et ce qu’il désire. »

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