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Une peinture de l'artiste Banksy représentant un ouvrier en train de griffonner une étoile sur le drapeau de l'Union européenne, à Douvres, en Angleterre.

Créateurs et turbulences politiques, Grand débat national et Greta Thunberg

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Ce matin, artistes, écrivains et cinéastes sont les sismographes de nos turbulences politiques; la partialité du site internet du grand débat national mis en place par l’Elysée, et le portrait d’une nouvelle icône écologiste : la jeune Greta Thunberg.

Une peinture de l'artiste Banksy représentant un ouvrier en train de griffonner une étoile sur le drapeau de l'Union européenne, à Douvres, en Angleterre.
Une peinture de l'artiste Banksy représentant un ouvrier en train de griffonner une étoile sur le drapeau de l'Union européenne, à Douvres, en Angleterre. Crédits : Getty

Les créateurs, sismographes des actuelles turbulences politiques

Ce matin, ce sont les créateurs qui sont à la une. Artistes, écrivains et cinéastes sont bien les sismographes de nos turbulences politiques. À la une de Libération, une image de l'artiste de rue Banksy qui évoque le Brexit et une tribune signée par trente écrivains internationaux, parmi les plus grands, dont quelques Prix Nobel. Ils nous disent : «  Il y a le feu à la maison Europe  ».   Salman Rushdie, David Grossman, Milan Kundera, entre autres, tirent la sonnette d’alarme sur les dangers qui guettent l’union Européenne à quatre mois des élections. Ils craignent « la victoire des naufrageurs », l’explosion de la xénophobie et de l’antisémitisme. 

Mais « les signataires sont de ceux qui ne se résolvent pas à cette catastrophe annoncée ». Tous, ils appellent à ne pas laisser couler le bateau. «  Il faut, quand grondent les populismes, vouloir l’Europe ou sombrer ». Pour eux, c’est « une nouvelle bataille pour la civilisation ». Si rien ne change, cette élection européenne risque d’être l’une des dernières. 

Parole aux écrivains aussi et aux cinéastes dans La Croix . Ils sont nombreux à avoir pressenti l’embrassement social des Gilets jaunes. Le journal revient sur ces œuvres qui ont anticipé ce mouvement. « Un peuple et son roi » de Pierre Schoeller ou « En guerre » de Stéphane Brizé ont su révéler des secousses souterraines. 

Alors attention au pouvoir prémonitoire des artistes!

Le site du grand débat national : « Bon biaisé de l’Elysée »

L’heure actuelle est au débat, la revue en ligne Les jours a testé le site internet du grand débat national mis en place par l’Elysée. Ce site est un outil de démocratie participative. On y trouve un questionnaire et des fiches pédagogiques pour animer les discussions sur le terrain. 

La revue Les jours est assez critique - le titre, « Bon biaisé de l’Elysée »- et parle même d’une opération de manipulation. "La vision de l’économie y est partielle et partiale (...) Les questions sur la fiscalité sont très orientées. La plateforme dirige les réponses dans un seul sens : les choix politiques du chef de l’Etat. » On est loin d’une optique délibérative. 

L’enquête rapporte que sur le terrain, on voit peu d’exemplaires de ces fiches pédagogiques. Sur le web, impossible de contourner ces questions cadrées et orientées. Et pour la suite, on ne sait pas encore quelles seront les méthodes pour traiter ces millier de réponses à venir. 

Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, nous dit Les jours. « Quand ils sont bien utilisés, les outils de civic-tech permettent de favoriser les échanges entre les participants et ainsi de produire de l’intelligence collective ».

« Greta Thunberg, la fille qui rêvait de sauver la planète »

Encore un weekend de manifestations avec aujourd’hui les Gilets jaunes , demain les Foulards rouges et une nouvelle marche pour le climat. Society dresse le portrait d’une nouvelle icône écologiste : la jeune Greta Thunberg.

Après la COP24 en Pologne, la Suédoise de seize ans est devenue mondialement connue. Son discours choc dénonçait l’inaction climatique des pouvoirs publics. 

Dans ce portrait au titre assez épique « La fille qui rêvait de sauver la planète », on y découvre une adolescente touchée par le syndrome d’Asperger, harcelée sur tweeter par les climatosceptiques, mais animée surtout d'une ferme détermination militante. 

Greta Thunberg a un programme d’action. Depuis août 2018, chaque vendredi, elle fait une grève de l’école pour le climat. Elle manifeste devant le parlement suédois. L’opération s’appelle Friday for Futur. Au départ, elle était toute seule, mais depuis, elle a fait mouche partout dans le monde. Une grève de l’école mondiale est même prévue le 15 mars. 

L’adolescente pense aussi à une stratégie de « désobéissance climatique. » « Pour qu’une action ait de l’effet, il faut qu’elle soit interdite. » dit-elle. Elle a déjà dévoré les manuels d’histoire sur les grandes luttes du XXe siècle. Parce que pour elle, les enjeux de l’actuelle crise environnementale sont aussi graves que ceux d’une guerre. 

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