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Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg face au Président du Parlement européen Antonio Tajani

Les internautes européens sont-ils les mieux protégés du monde ?

4 min

Au menu de la revue de la semaine : protection de la vie privée, géopolitique russe et hommage à Philip Roth.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg face au Président du Parlement européen Antonio Tajani
Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg face au Président du Parlement européen Antonio Tajani Crédits : John Thys - AFP

On en parle depuis des mois, le fameux Règlement Général pour la Protection des Données, est entré en vigueur hier. Les internautes européens devraient être désormais les mieux protégés du monde...

C’est en tous cas la promesse du RGPD. Comme le rappelle Amaëlle Guiton dans Libération, ce texte est un peu la revanche d’une Europe "désormais à l’initiative en matière de protection des données privées". Il a fallu quatre ans, rappelle-t-elle, et de nombreuses tractations avant que les 28 parviennent à se mettre d’accord. Le RGPD c’est une "défense collective de nos données" analyse de son côté le chercheur Antonio Casili, toujours dans Libération. Une défense qui a eu l’intelligence de s’adapter à l’omniprésence des plateformes numériques dans notre quotidien. Il fallait bien partir du constat, je cite, "que nos données ne sont plus chez nous mais disséminées". Le RGPD cherche à harmoniser les pratiques. Un règlement qui devrait permettre un bon nettoyage de printemps avance de son côté le journal en ligne NextInpact, spécialiste des questions numériques. Et qui propose un décryptage en 10 grandes questions du RGPD. Quid des géants comme Facebook jusqu’ici très peu concernés par le respect de la vie privée ? Dans un article sur le site The Conversation la chercheuse Nathalie Devillier s’est indignée de l’incapacité, je cite, de Mark Zuckerberg à "clarifier sa mise en oeuvre du règlement". Sur les demandes d’effacement par exemple ou même sur l’accès à leurs données par ceux qui n’utilisent pas Facebook, et bien aucune réponse précise du dirigeant. C’était mercredi à Bruxelles, devant les députés européens. Zuckerberg ne semble pas avoir convaincu. 

Emmanuel Macron était en visite à Moscou cette semaine où il a tenté de convaincre Poutine du destin européen de la Russie...

On aurait presque oublié, souligne Isabelle Lasserre dans Le Figaro, que la France fait partie de ceux qui ont placé la Russie sous sanctions économiques après l’annexion de la Crimée en 2014. Les deux dirigeants ont donc affiché leur "convergences diplomatiques" sur l’Iran et la Syrie notamment. La Syrie, où Poutine a pourtant multiplié les promesses non tenues depuis le début du conflit vis-à-vis des occidentaux. Si on veut prendre le temps de se pencher sur les ressorts de la géopolitique russe et de ses relations pour le moins tendues avec l’Ouest, on lira le dernier numéro de Manière de voir, le magazine du Monde Diplomatique. Ca s’appelle "La nouvelle guerre froide". Car oui, l’espoir de paix s’est éloigné constate Hélène Richard en préambule. Et il y a indéniablement un réveil russe. Le Diplo rappelle que déjà en 92 un document officiel de l’armée américaine – le rapport Wolfowitz – alertait  sur le regain de nationalisme russe. Né d’un sentiment de trahison ce revanchisme s’étonne Hélène Richard n’a pas été pris en considération. Aujourd’hui le Proche-Orient peut-on lire dans l’une des contributions, est le seul terrain où la politique étrangère russe est "fructueuse". En tous cas selon les intérêts russes. Ca s’appelle "Que cherche la Russie en Syrie ?" et c’est à lire dans Manière de voir. 

On a pu lire cette semaine de nombreux hommages à Philip Roth disparu jeudi. On y revient ce matin avec un texte passé un peu inaperçu, et pour cause il est à lire dans la presse américaine. 

Et c’est un témoignage très personnel que publie donc le New Yorker. Le texte est de Nicole Krauss, écrivaine américaine et amie de Philippe Roth. Elle est publiée par les éditions de l’Olivier en France, on peut lire notamment Forêt obscure et La Grande maison. Ce texte est une sorte de confidence du rapport très intime que Nicole Krauss entretient avec l’œuvre de Philipp Roth. Nicole Krauss raconte comment elle s’est littéralement "découverte elle-même" dans les livres de Roth. Comment, années après années, les batailles de l’écrivain se sont faites siennes. Le désir de saisir sa propre liberté, de renverser ses limites et ses contraintes sans abandonner ce que nous avons à honorer et à aimer. J’en savais déjà beaucoup grâce à lui sur ce que c’est de lutter et de persévérer. J’ai aussi appris non pas venir à bout cette lutte mais la garder vivante. Non pas supporter l’inconfort et la tension de l’incertitude mais construire ma vie au cœur de cette lutte. En 2007 lors de leur première rencontre ils avaient parlé confie-t-elle de cette "épouvante lutte" qu’est l’écriture et elle lui avait demandé si cela deviendrait plus facile avec le temps. 

La réponse avait été très claire : Non, cela n’ira pas mieux : "It’s not going to get better". 

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