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Le discours présidentiel // L’exercice du pouvoir// L'esprit Européen

6 min

Un tour d’horizon des éditorialistes de la presse nationale et régionale sur les annonces présidentielles de jeudi soir, les hommes d'influences du président, son exercice du pouvoir et l'esprit de contradiction de l'Union Européenne

Crédits : Getty

Le discours d’Emmanuel Macron vue par la presse 

Les journaux du jour continuent de commenter les mesures annoncées jeudi soir par Emmanuel Macron. La dépense publique fait grincer Le Figaro. Pour Yves Thréard " Nombre de nos difficultés viennent de là, de cette incapacité à dépenser moins, mais mieux ». Selon Jean Michel Bretonnier dans La voix du Nord, quand le président dit vouloir « reconstruire l’art d’être Français » il s’adresse aux conservateurs. Pour l’éditorialiste, voici une opération de séduction auprès du lectorat de droite. 

À l’inverse, pour Xavier Brouet du Républicain Lorrain, Macron maintient son cap, mais il marque une inflexion sociale ; « surtout que pour régler l'ardoise, il lorgne sur les niches fiscales des entreprises ». 

Mais ce qui ressort le plus ce matin,  ce sont les insuffisances des mesures annoncées. Elles ne répondent pas aux attentes des gilets jaunes. Jean Marcel Bouguereau de La République des Pyrénées regrette le « flou de son engagement sur l'écologie ».  Si Charente Libre le voit en « patron paternaliste », si  L’éclair des Pyrénées voit « Jupiter toujours »  Pour Le Monde, la posture présidentielle a changé. Citoyens, élus et partenaires sociaux sont désormais impliqués. Changement de méthode : le chef d’état choisi de déléguer. « Emmanuel Macron a mesuré le risque de concentrer sur sa personne la totalité du pouvoir. » 

Gouverner seul ou sous influence ?

Cette semaine, nos hebdomadaires et nos revues se sont également intéressé à l’exercice du pouvoir d’Emmanuel Macron mais aussi à ses hommes d’influence et à ses inspirateurs. 

À commencer par l’enquête dans Vanity Fair « Macron et Sarkozy les dessous d’une étrange amitié. » Le magazine, rapporte que cet hiver, l’ancien président, lui suggérait des noms pour les grands ministères. «Malgré ses turpitudes judiciaires Sarkozy reste la figure la plus populaire de la droite. » Conseiller de l’ombre ou stratégie politique- diviser la droite pour mieux régner : le doute plane sur les raisons de leur proximité. 

Pour le Point cette semaine, Jean Michel Blanquer  est le nouveau cerveau d’Emmanuel Macron. Dans son long entretien le ministre de l’ Éducation dit vouloir renouer avec une « méritocratie réel ».  Selon le Point, ce sont ses idées à lui qui ont influencé la sortie de crise des gilets jaunes. Le ministre concède: «  L’éducation est le thème qui est à la base d’une réflexion et d’une politique sur l’égalité des chances. De facto, cela me positionne en première ligne. »

Le politiste Vincent Martigny interviewé dans Society pense différemment. À ses yeux, le président est à l’image des autres chefs d’état du monde : qu’ils soient populistes ou libéraux, tous incarnent la figure du chef qui décide seul. « L’ hyper présidentialisation » a affaibli le pouvoir du Premier ministre. Il annonce : « qu’est-ce qui fait la crise de la démocratie ? La solitude du prince qui gouverne sans contre-pouvoir, sans collectif organisé. »

«  L’Europe est la civilisation de la contradiction"

À quelques semaines des scrutins des Européennes, deux dossiers s’intéressent à l’Europe. Le premier est celui du magazine économique Capital «  L’Europe nous irrite mais que serait-on sans elle? » Il rappel que l'Europe n’est source d’espoir que pour 29% des Français. Pourtant, l’Union est la deuxième puissance économique mondiale, derrière les États unis. Capitale détricote quelques préjugés. « Sans l’union Européenne nos entreprises seraient beaucoup moins performantes » nous dit André- Luc Molinier du  Medef. Ou comment le libre-échange et la monnaie unique sont des bénédictions pour l’économie.

Dans son nouveau numéro, Philosophie magazine s’intéresse lui à « l’esprit Européen ». On y lit aussi un constat de désaveu : «  Tout se passe comme si l’U.E apparaissait au peuple comme un projet évidé, un dispositif administratif, un puissant levier d’action pour les lobbys, mais pas comme une force authentique politique. La construction Européenne souffre d’un déficit symbolique ». 

Dans un premier temps, des penseurs tentent de répondre à une question : qu’est-ce qu’être européen? Pour la philosophe Barbara Cassin : « ce qui est très marqué en Europe, c’est le multilinguisme. Ce sont des différences culturelles creusées comme telles et sans cesse réinventées. C’est pourquoi malgré la mondialisation, l’Europe résiste à l’hégémonie du global English. » 

Et si précisément, l’esprit européen se caractérisait par l’art d’entretenir la contradiction? Chaque fois qu’elle a produit une idéologie, l’union a aussitôt construit et diffusé son contrepoint: catholicisme contre protestantisme ; lumière contre romantisme ; Libéralisme contre marxisme. « Les prochaines élections européennes risquent d’aboutir à un paradoxe : un parlement européen où siégeront des députés anti-européens (…) Cette crise politique actuelle n’est peut-être qu’un nouvel avatar de cet esprit de perpétuelle auto-contradiction. Et si c’était aussi le gage d’une certaine vitalité? »

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