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Le rêve américain/ L'été 1969 / Le bonheur de la marche

3 min
À retrouver dans l'émission

Pour cette dernière revue de presse de la saison, voici des reportages qui sentent l’été et les vacances.

Crédits : Getty

« American Dream »

La revue America vient de sortir : couverture rose bonbon, ombrage de cocotier et le titre «  American dream ». Sauf que la revue se demande comment le rêve américain a déraillé, et nous emmène un peu partout aux États-Unis.

Le jeune écrivain Miguel Bonnefoy revient de Floride avec le reportage «  Les portes de Miami ». Il écrit : « De toutes les portes de l’Amérique, il n’y a en a pas une qui soit plus miroitante et étincelante».  «  Les portes de Miami » est un portrait de la ville et de sa faune, de son luxe délirant, de ses artifices mais surtout de sa précarité en plein soleil : « Ce ne sont pas les États Unis mais les esclave-unis » dit-on sur place. À Miami, ville d’un métissage culturelle inouï, l’anglais est une langue étrangère et « au-delà de l’American dream, on découvre qu’il existe un Cuban dream ». 

La revue America va jusque dans le Pacifique avec « Lettre au paradis », un reportage de Joan Didion, l’écrivaine culte de la contre-culture américaine. Nous sommes dans le Hawaï des années 60. On y retrouve « le bruit que font les palmiers sous le souffle des alizés » et le parfum des hibiscus, mais ce n’est pas une carte postale qui est décrite ici.  Joan Didion raconte un territoire hyper-militarisé et qui porte encore les stigmates de la Seconde Guerre mondiale : «  Il y a dix-neuf mille tombes dans le vaste cratère effondré sur les hauteurs de Honolulu ».  Elle décèle également les débuts d’un tourisme bon marché - ou comment Hawaï est devenue la plaque tournante de l’industrie du voyage.  Dans ce texte très beau, on retrouve la plume de l’autrice et une atmosphère tropicale, vénéneuse et singulière.

Les cinquante ans de Woodstock

Restons dans la mythologie américaine et les années 60 avec Télérama cette semaine. Pour sa série estivale, le magazine raconte en six épisodes l’été 1969 et il commence avec les 50 ans de Woodstock… Le récit qui est fait de cette première édition est assez drôle car elle semble plus proche du cauchemar que du rêve américain. Les organisateurs sont dépassés par les événements, 500 000 spectateurs sont présent - au lieu de 60 000 - et l'on voit «  une foule de hippie mouillés jusqu’aux os, habillés comme des gueux, et englués dans une mer de boue. » Télérama explique également comment l’événement a jeté les bases du grand commerce rock et comment aussi de jeunes cinéastes comme Martin Scorsese ont créé son iconographie et ses images d’Epinal - grâce au film à succès Woodstock. Dans le film, on voit notamment un concert au petit jour à 8h, le groupe Jefferson Airplane est en train de faire un triomphe.

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Pour prolonger l’écoute en musique, France Culture aussi fêtera les 50 ans de Woodstock avec La série musicale d’Elodie Maillot «  L’éternel été » du 5 au 9 août. 

Au bonheur de la marche

L’été c’est aussi la saison des balades et des randonnées. Le journal Le 1 s’intéresse au bonheur de la marche, à ses vertus médicales et surtout à ses qualités philosophiques. La marche comme activité philosophique car « marcher c’est être exposé aux sensations qui font naitre les idées », nous explique le philosophe Frédéric Gros dans son interview. Selon lui : «  La pensée de Nietzsche, c’est la tentative folle et démesurée de stabiliser des pensées qui vous viennent en marchant. » 

Terminons cette revue de presse  avec les qualités poétiques de la marche et ce poème d’Henri Michaux que l’on trouve dans ses pages  :

Marchant,

Marchant,

Marchand de visages battus et d’oiseaux inquiets ;

Marchant dans la ville embrasée,

Marchand de sillages perdus,

De fantôme de vent, d’eau, d’odeurs,

Marchant

Marchant

Chroniques

8H34
27 min

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Ginette Kolinka "On n'oublie jamais où mène la haine, sous toutes ses formes."
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