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"Merci Simone", hommage de la génération actuelle à celle qui permit notamment la légalisation de l'avortement en 1974

Aux grandes femmes la patrie reconnaissante ?

4 min

Une revue de presse consacrée aux femmes et à leurs combats : Simone Veil qui sera inhumée au Panthéon ce dimanche puis les conséquences du mouvement #MeToo sur les relations hommes-femmes aux Etats-Unis

"Merci Simone", hommage de la génération actuelle à celle qui permit notamment la légalisation de l'avortement en 1974
"Merci Simone", hommage de la génération actuelle à celle qui permit notamment la légalisation de l'avortement en 1974 Crédits : Thomas SAMSON - AFP

Simone Veil sera inhumée au Panthéon ce dimanche 1er juillet..

"Aux grands hommes la patrie reconnaissante". Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi la patrie ne serait reconnaissante qu’aux hommes ? L'historienne Michelle Perrot pose la question dans un long entretien qu’elle a accordé au Monde des Idées. 

Même si confie-t-elle, "dans ma jeunesse, comme la plupart des féministes de ma génération, je n’aurai jamais demandé, qu’une femme entre au Panthéon. C’était le jouet des hommes, je ne lui accordais aucune importance et il y avait bien d’autres combats à mener" explique-t-elle. 

Les choses sont-elles changé aujourd’hui ? Oui dit Michelle Perrot qui dit qu’il faut "savoir jouer avec les symboles républicains". Quelle est la portée symbolique de cette entrée au Panthéon ?

Simone Veil est à la fois un « grand homme » et une « grande femme ». Un grand homme parce qu’elle incarne les principaux combats du XXe siècle : l’égalité entre les sexes, l’espérance européenne et la mémoire de la Shoah. Et une grande femme parce qu’elle toujours été au cours de sa vie une pionnière" : prenant sa place dans un espace public jusqu’ici réservé aux hommes, comme magistrate, puis ministre, puis présidente du parlement européen. 

"Les femmes d’exception ont toujours mis la société française mal à l’aise décrypte Michelle Perrot. En devenant de grands hommes elles sortent de leur rôle supposé de nature". 

Des combats d’hier à ceux d’aujourd’hui.. on s’intéresse aussi ce matin aux impacts du mouvement MeToo sur la société américaine

Ladies First, quand les femmes défient Trump, c’est la couverture et le dossier du dernier numéro de la revue America qui vient de paraitre. L'écrivaine Leila Slimani est partie à la rencontre de cette jeunesse américaine qui entend repenser les codes de la sexualité.

Sur les campus américains raconte-t-elle, il existe désormais des chartes du "consentement explicite" qui stipulent que pour chaque étape d’un rapport sexuel vous devez obtenir un assentiment verbal sous peine de procédure disciplinaire. Une application a même vu le jour en avril dernier : "Yes to sex", elle permet d’enregistrer les fameux consentements qui sont ensuite stockés sur un serveur sécurisé et disponibles en cas d’enquête judiciaire. 

Faire disparaitre toute confusion dans la sexualité, une ambition à la fois "vaine et un peu effrayante" écrit Leila Slimani. 

Car que signifie "consentir" ?

Pour l’écrivaine Nancy Huston, qui s’exprimait hier dans Libération, cette notion de consentement est plus ambiguë qu’il n’y parait. Elle ne saurait, en tous les cas, se réduire à ce « oui »  comme s’il était un « sésame ».

"Le plus souvent écrit-elle, une femme qui dit oui au tout-venant, à des clients ou à l’homme qu’elle aime et qui l‘avilit a déjà été abusée avant". 

Elle nous raconte ces histoires de couples dits libertins où l’on réalise que ces pratiques sont en fait subies par les femmes. Et aussi l’histoire de son amie, l’écrivaine Olivia Profizi, qui prononça de nombreux « oui" pour un homme qui l’emmena toujours plus loin dans des rencontres « spéciales ». 

"J’ai été battue et violée mais j’étais d’accord, personne ne m’a obligée" témoigne-t-elle dans un livre qu’elle a fait paraitre ensuite. 

Bref le consentement pour Nancy Huston est un « leurre qui cache des drames historiques, des inégalités économiques et de sales petits secrets psychologiques ». L’idéal conclu-t-elle, serait de n’avoir à dire ni oui ni non. "Que chacun soit dans le désir, l’envie, la passion, la libre libido, voire l’amour fou, bref bannir la notion même de consentement de notre vocabulaire érotique". 

Et à ce propos d’érotisme, je vous invite à découvrir le dernier numéro du magazine Le Boudu, journal toulousain. Un beau mensuel qui propose un reportage sur une école de l’érotisme à Toulouse, "l’école de Capucine", du nom de la jeune sexologue qui l’a créé et qui en défend une définition très large : surtout pas réduite à l’imaginaire "bas résilles et talons hauts". Pour elle "l’érotisme est une énergie avant tout, celle du désir et du jouir, de l’imagination et de la créativité". 

Bref, de ce qui nous rend vivants

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