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Des robots bientôt capables de créer de l'art ?

Intelligence artificielle versus intelligence.. naturelle ?

5 min

Retour ce matin dans la revue de presse sur le rapport Villani rendu mercredi sur l'intelligence artificielle, on poursuit avec une provocation, celle de Gainsbourg à la télévision en 1984 et le débat sur la sélection à l'université.

Des robots bientôt capables de créer de l'art ?
Des robots bientôt capables de créer de l'art ? Crédits : CDSB / IMAGINECHINA - AFP

On commence avec le rapport Villani sur l’intelligence artificielle. Annoncé depuis des mois, il a finalement été rendu ce mercredi

Qu’on la craigne ou bien qu’elle nous fascine, l’intelligence artificielle est inéluctable. C’est le message que le député et mathématicien Cédric Villani a martelé cette semaine dans la presse. 

« C’est une question de souveraineté nationale » explique-t-il dans La Croix. « Brimer son développement reviendrait à se rendre dépendant de ceux qui la développent ». 

L’exploitation des données ? « leur utilisation sera bien encadrée » promet-il dansLe Monde tout en détaillant un projet d’interconnexion de nos données de santé.. peu rassurant a priori mais le député évoque la création d’un comité d’éthique. 

La destruction d’emploi ? peut-être.. mais dans les métiers liés au domaine « ça va exploser » rassure-t-il dans Les Echos

Pour les sceptiques et pour ceux qui veulent réfléchir aux enjeux éthiques de cette révolution qu’on nous annonce, on lira avec intérêt le dossier de Philosophie Magazine. "Comment sauver l’intelligence.. naturelle ?" se demande le journal à l’heure où les machines pourraient réfléchir aussi bien que nous. 

Une course-poursuite que nous relate le philosophe Michel Eltchaninoff. Où l’on réalise que l’intelligence artificielle sera bientôt capable de faire plusieurs choses à la fois, d’apprendre toute seule, de s’adapter, d’inventer et peut-être même d’avoir conscience d’elle-même. 

Autant de facultés proprement humaines mais plus uniquement. Par exemple elles peuvent déjà "appréhender le contexte émotionnel de leurs échanges avec des humains à partir de la reconnaissance de nos expressions du visage". 

On apprend aussi dans le dossier que Facebook a créé récemment une machine capable de créer un tableau à partir de différentes toiles qu’elle aura observé. Un mélange par exemple d’impressionnisme et d’art abstrait. "Et elle le fait plutôt bien, même si elle est incapable d’expliquer pourquoi elle a réalisé ce tableau ni d’en saisir la signification". 

L’intelligence artificielle il en sera question lors du Forum France Culture consacré à la Révolution de l’intelligence. 

On poursuit avec un acte proprement humain : la provocation. 

Une provocation en particulier, celle commise par Serge Gainsbourg le 11 mars 1984 sur le plateau de l’émission 7 sur 7 où il brûla, en direct, un billet de 500 francs. Dans une tribune parue dans Libération hier, Emmanuel Tibloux, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon revient sur la signification de ce geste. 

Geste qu’on a longtemps associé à une dénonciation de la politique fiscale socialiste rappelle-t-il. « Le racket des impôts, je vais vous dire ce que c’est » avait déclaré Gainsbourg avant de passer à l’acte. 

Mais ce qui retient l’attention d’Emmanuel Tibloux, c’est la dimension presque philosophique du geste : je cite : « celle de déposséder en une poignée de secondes, des millions de téléspectateurs d’une richesse qu’ils n’avaient jamais eu ». 

Avec Gainsbourg on est pas dans le figuré ni la fiction mais dans le réel. 

On peut y voir aussi, selon Emmanuel Tibloux, "un geste qui révèle l’envers d’une industrie du spectacle en plein essor et dont il est une des principales figures". A ce titre, nous pouvons voir en lui un moraliste soutien l’auteur, « un moraliste d’un genre paradoxal, qui démasquerait les vices de son milieu et de son temps, tout en les incarnant ». 

Lundi 2 avril, le chanteur disparu en 91, aurait eu 90 ans.

On termine avec le débat autour de la sélection à l’université à l’origine de nombreux mouvements de blocages cette semaine dans plusieurs fac

En France, vous le savez, il suffit de décrocher son bac pour pouvoir s’inscrire à l’université. Une spécificité, voire une absurdité, française pour l’historien Antoine Compagnon qui nous relate dans la revue Le Débat les origines de l’absence de sélection. 

C’est que depuis le Moyen-Age et sous l’Ancien régime le baccalaurérat était un diplôme du supérieur, le premier grade universitaire. C’est lors de la suppression des universités en 1793 par la Convention qu’il fut rapatrié dans les lycées tout en conservant son grade. D’où l’imbrication et la confusion dont je vous passe tous les détails historiques. Et qui n’a d’ailleurs longtemps pas posé de problème tant, je cite, « la réussite au baccalauréat était contrôlée de manière malthusienne ». 

Mais aujourd’hui avec 80% de bacheliers par classe d’âge, l’Université explose. Le vrai scandale pour Antoine Compagnon, ce sont ces 60% d’étudiants qui échouent en première année de licence. Une « sélection par l’échec » et un « énorme gâchis humain et social » dénonce-t-il, tout en saluant, on s’en doute la loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants) qui introduira désormais des conditions d’accès à l’université.

Le mouvement prendra-t-il ? un peu tôt pour le dire mais il en prend le chemin constate la spécialiste des mouvements étudiants Julie Le Mazier dans Mediapart

"Normalement la sélection à l’Université est une ligne rouge" rappelle-t-elle. "Mais on a laissé le pourrir système jusqu’à tant qu’il l’ait rendu acceptable".

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