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Mickey Mousse, sous ses airs sympathiques une souris aux dents longues..

Dans la presse ce matin, l'apparition d'un monstre..

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C'est à la Une de Libération et du Monde ce matin, les appétits démesurés de Disney, qui vient de racheter la 21st Century Fox.

Mickey Mousse, sous ses airs sympathiques une souris aux dents longues..
Mickey Mousse, sous ses airs sympathiques une souris aux dents longues.. Crédits : Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH - AFP

C’est à la Une de deux journaux ce matin, l’apparition d’un monstre..

C’est ainsi que Libération qualifie ce matin la naissance du nouveau géant du divertissement après le rachat jeudi de la Century Fox par Walt Disney pour la modique somme de 66 milliards de dollars. 

C’est comme une fable inédite de La Fontaine, écrit le journal, mais racontée par Wall Street : elle pourrait s’appeler la souris marrante et le Renard à poli dur. Sauf que la souris que Libération affiche en Une n’a rien de sympathique, c’est un Mickey terrifiant aux dents aiguisées, la bouche pleine de dollars.

Il faut dire qu’après l’acquisition de Pixar, Marvel et Lucasfilm la logique est claire : l’entreprise rachète l’imaginaire pop occidental. Disney qui possédais déjà Star Wars, récupère notamment les franchises Avatar et Iron Man détaille Libération qui craint une possible homogénéisation du cinéma, de la série et de la culture.

"L’empire Disney contre-attaque" titre de son côté Le Monde dans son édition d’hier soir. Ce rachat est avant tout un changement de modèle pour concurrencer Netflix explique le quotidien. Car Disney acquière aussi 30% de Hulu, la plateforme américaine de streaming. Objectif : parer au déclin annoncé de la télévision traditionnelle. Etablir une relation directe avec les consommateurs, c’est la priorité à déclaré Bob Iger le patron de Disney. Il faut dire qu’après ce rachat le nouveau géant pourrait proposer plus de titres que Netflix.

Le conflit autour de NDDL a aussi fait couler beaucoup d’encre cette semaine..

Et c’est le magazine Politis qui identifie la nouvelle bataille à venir. 

Sur place, rappelle le journal, les occupants ont depuis longtemps l’esprit tourné vers l’après-aéroport et l’avenir des 1250 hectares de terres agricoles de la zone dont 600 appartiennent aujourd’hui à Vinci. Des terres que les zadistes aimeraient réquisitionner. Car la ZAD visiblement, à lire Politis, n’a pas l’intention de fermer. Elle fourmille d’activités sportives, militantes et culturelles.

Cela dit ce deuxième combat sera plus compliqué admet Marcel Thébault paysan résistant de la zone, d’un point de vue juridique d’abord mais aussi parce que les crispations commencent à poindre au sein du mouvement. Depuis l'hypothèse d'une victoire prochaine chacun se replie sur ses objectifs constate l'agriculteur

L’enjeu n’en reste pas moins énorme dit-il car il s’agit d’obtenir la gestion des terres mais aussi des communs comme l’eau, les forêts, les haies, les sentiers, les routes, etc.

Comment occuper notre sol, c’est aussi la préoccupation de Bruno Latour qui donne une longue interview à Télérama cette semaine. 

Il faut pouvoir dire qu’il est juste, qu’il indispensable de conserver l’appartenance à une terre, plaide le philosophe

Tandis que les super riches s’enfoncent dans le déni du changement climatique dénonce-t-il, les laissés pour compte de la mondialisation se sont mis à s’accrocher à des frontières et chercher désespérément un sol plus ferme, plus protecteur. Et c’est normal dit-il.

Populisme ? demande le journal. Non, répond Bruno Latour qui explique que son objectif est d’établir un lien entre ceux du dedans, qui s’accrochent à des frontières et ceux du dehors qui ont du quitter leur ancien sol dévasté. Dire que nous sommes tous en migration explique-t-il c’est faire prendre conscience que nous devons habiter autrement cette terre.

On reste dans le champ de l’écologie mais du côté de la droite et de l’extrême-droite cette fois..

On lira avec beaucoup d’intérêt la revue Le Crieur qui consacre un article très fouillé aux contre-révolutions écologiques, ces mouvements qui investissent la défense de l’environnement au nom d’une certaine idée de la place de l’homme dans la nature. 

Il y a une droitisation récente de l’écologie explique Noël Mamère, comme un ricochet lointain au débat qui avait opposé au sein des Verts Dominique Voynet, ancrée à gauche, et Antoine Waechter, tendance conservatrice

On le voit par exemple avec l’écologie intégrale chrétienne, issue de la Manif pour tous qui prône le respect d’un ordre « naturel » que ce soit sur des questions de famille ou d’environnement. Il y aussi la mouvance Nouvelle Droite d’Alain de Benoit qui a pris le virage écologiste dans les années 80 qui allie critique de la modernité, de la technique et des Lumières. Et enfin les identitaires qui associent défense des frontières et des circuits-courts..

Bref dans ce numéro de la revue Le Crieur on apprend que des groupuscules neo-fascistes s’intéressent aux AMAP et à l’agriculture bio.

Des mouvements qui restent toutefois minoritaires à l’extrême-droite dans leur propre camp. Mais ils pourraient prendre leur place à l’heure où l’urgence écologiste se fait de plus en plus pressante.

Il devient donc urgent, peut-on lire, de différencier véritablement critique progressiste et critique réactionnaire du progrès

Tient, justement Bruno Latour disait dans Telerama : l’écologie n’est pas une régression. Il faut la voir au contraire comme une époque de grandes découvertes.

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