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"Le prêteur et sa femme" de Quentin Metsys

De l'éthique des marchands.. du Moyen-Age à Davos

4 min

Dans la revue de la semaine ce matin l'éthique du commerce vue du Moyen-Age, des profits records dans le luxe et la précarité dans la bande-dessinée

"Le prêteur et sa femme" de Quentin Metsys
"Le prêteur et sa femme" de Quentin Metsys Crédits : Wikimedia Commons

Dans la presse cette semaine on continuer de parler d’économie mais avec un détour dans l’histoire..

Alors que les grands acteurs de l’économie mondiale se retrouvaient toute cette semaine à Davos, on trouvera sur le site The Conversation, une réflexion intéressante sur les premiers penseurs de l’éthique du commerce. L’article est signé Catherine Kikuchi, chercheur à l’école française de Rome.

"Au Moyen-Age rappelle-t-elle, l’Eglise chrétienne rend toute activité un peu trop prospère douteuse ou suspecte". 

De nombreux théologiens réfléchissent alors à des règles pour encadrer le commerce. Même les franciscains qui promouvaient une vie de pauvreté commencent à affirmer l’utilité du marchand pour la communauté. Activité nécessaire à condition qu’elle s’exerce dans des « bornes raisonnables ». "Certes le marchand qui a pris des risques à le droit de s’enrichir mais une fois prospère, il doit mettre sa fortune au service de la communauté". C’est la définition du "juste profit" qui s’élabore. 

La cupidité, à l’inverse, pêché capital, "doit être évitée à tout prix". 

Bref, explique Catherine Kikuchi, c’est une véritable "réflexion de fond sur la naissance des marchés économiques et une éthique qui lui soit associée" qui s’élabore. 

Les marchands l’ont-ils suivit en réalité ? Modérément nous dit-t-elle.. "mais aux yeux de beaucoup ils étaient tenus par un contrat moral envers la société qu’ils devaient honorer". 

L’interview d’un grand marchand de notre temps est à lire justement dans Le Figaro..

Le Figaro qui nous apprend hier, que LVMH va ouvrir plusieurs ateliers de maroquinerie en France, en Vendée et dans l’Allier. C’est Bernard Arnault lui-même qui l’annonce dans une itw accordée au journal. 

LVMH, qui a réalisé, apprend-t-on, des bénéfices records en 2017. Une croissance deux fois plus rapide que celle du marché. 

"Notre seul problème, déplore Bernard Arnault, c’est que nous ne pouvons pas satisfaire toute la demande .. et dans certains secteurs nous manquons de main d’œuvre". 

Et cela devrait continuer à en croire l’analyse économique du grand patron qui observe une hausse du niveau de vie et du pouvoir d’achat dans le monde. "Certes, l’augmentation des inégalités est aussi une réalité" concède-t-il. "Mais le nombre de personne vivant sous le seuil de pauvreté s’est réduit depuis 25 ans". 

Grâce aux grands marchands peut-être ? Le Figaro ne lui pose pas la question.

Et a été évidemment question de bande-dessinée dans la presse cette semaine alors que ce se tient jusqu’à dimanche le festival de la Bande-dessinée d’Angoulême.

Un excellent millésime titrait Les Echos jeudi en référence non pas à la qualité des albums mais aux très bons chiffres de ventes de la bande-dessinée en 2017. 9%, soit 43 millions de titres écoulés. En tête bien sur l’indétrônable Astérix suivit de Titeuf et de la réédition de Tintin au pays des Soviets.

Et pourtant les auteurs de bande dessinée ne roulent pas sur l’or, loin de là. "53% d’entre eux ont un revenu inférieur au Smic et 36% vivent sous le seuil de pauvreté" rapporte le magazine Challenge

Mardi, Libération publiait justement la tribune de plusieurs auteurs dénonçant leur précarité croissante. Parmi les signataires : Pénélope Bagieu, Florence Cestac, Cyril Pedrosa.. L’état du marché rappellent-ils c’est bien souvent "7000 euros pour la production d’une œuvre qui demandera un an de travail à temps plein". 

Ils entendent bien profiter de ce 45e Festival pour se faire entendre.

Libération publiait également le portrait de Richard Corben, le lauréat du Grand Prix d’Angoulême 2018. "Choisir Corben et ses héroïnes sculpturales court vêtues l’année de #Balancetonporc, il fallait oser", écrit le journal. Corben et ses récits d’horreur gothique et de fantasy. "Il était un maitre de la chute à la grinçante cruauté nous raconte Libération. De la BD sanglante, noire et moite".

Et si on veut reprendre un peu de lumière on pourra lire le reportage d’Ebdo à travers la ville d’Angoulême, celle des écoles et des dessinateurs qui planchent toute l’année. Le journal a poussé quelques portes pour découvrir le bouillonnement des ateliers.

Maison des auteurs où séjournent des artistes venus du monde entier, ateliers de sculpture, de photo ou de sérigraphies.. bref la ville ne se résume pas à son festival.

Pour terminer vous aimez les auteurs Ruppert et Mulot.. je vous conseille d’aller voir sur le site du Monde.frles deux strips qu’ils ont réalisés à l’occasion du festival.. Angoulême de jour et Angoulême de nuit.. évocation d’un Schtroumpf géant, de chopes de bières et d’envie pressante..

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