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A quand l'oralité inclusive ?

Ecriture inclusive, quand le masculin ne l'emporte plus systématiquement sur le féminin..

5 min

Cette semaine dans la revue de presse de Mélanie Chalandon, écriture inclusive, littérature américaine et scandale sanitaire..

A quand l'oralité inclusive ?
A quand l'oralité inclusive ? Crédits : MC/RF

Cette semaine la presse se fait l’écho d’un nouveau type d'écriture où le masculin ne l'emporte plus systématiquement sur le féminin.. Il s'agit de l’écriture inclusive qui consiste tout simplement à donner autant de visibilité aux accords féminins qu’aux accords masculins.

Exemple : « Bonjour chers.e.s auditeur.trices, êtes-vous prêt.tes à entendre une chronique rédigée en écriture inclusive ? ». Alors évidement à l’oral c’est moins fluide. Mais à l’écrit c’est simple, il suffit de rajouter de petits points entre les « e » et les « s » finaux.

A l’origine du débat la publication d’un manuel scolaire par les éditions Hatier pour des élèves de CE2, entièrement rédigé selon cette grammaire dite « neutre ».

Mais l’idée, bien sur, ne fait pas consensus. « Pauvres lecteurs.trices ! » s’exclame l’éditorial du Figaro daté d’hier. Etienne de Montety y dénonce « une injure à la clarté et à la musicalité de la langue française ».

Du côté des opposants on pourra également lire la tribune sur Slate de la romancière Abnousse Shalmani qui, paradoxalement, trouve que la féminisation de la langue renvoie les femmes à un statut d’être « fragile » et perpétuellement discriminé.

"Or derrière la fragilité se dévoile la victime éternelle et qui arrange les sexistes depuis des millénaires pour justifier sa mise à l’écart". Alors l’écriture inclusive, mode passagère ou révolution dans la langue française ?

A lire, pour prendre un peu de recul, l'entretien accordé par le linguiste Alain Rey au journal Le 1 à l’occasion du 50eanniversaire du Petit Robert.

« Qu’elle s’ouvre et qu’elle se modifie ! » dit-il à propos de la langue. « Chaque année c’est par milliers que sur surgissent de nouveaux mots".

En dépliant le journal on découvre une fresque composée de ces mots apparus depuis 50 ans. Transgenre apparu en 67, Zapper en 86, GPS en 89, Bobo en 2000, et bien sur Fake News en 2017.

A propos de fake news, à lire également cette semaine le dernier numéro de la revue America..

Dans le numéro 3 de cette nouvelle revue créée pour « déchiffrer et comprendre l’Amérique de Trump ».. un grand entretien avec l’écrivain James Ellroy par François Busnel.

James Ellroy, pourfendeur du politiquement correct s’il en est. « Je suis un réactionnaire né" dit-il. « Je n’ai aucune motivation morale. Je ne juge pas, je raconte. Mon ambition est d’écrire une histoire populaire mais aussi une histoire secrète des Etats-Unis ».

Il faut dire que sur la question de la vérité, James Ellroy a une vision bien tranchée.

« C’est une sacré foutaise !" dit-il. "Vous pouvez me dire, vous, ce qu’est la vérité ? Tout le monde la fabrique : les politiciens, les historiens, les medias. Pourquoi pas les romanciers ? »

Par exemple : « Oui, il s’est avéré que les japonais ont bombardé Pearl Harbor en 41. Mais est-ce que cette vérité nous renseigne ce que pensaient les américains et les japonais avant que les bombes ne s’écrasent sur les navires ? Non. Pour cela il faut passer par la fiction. Entrer dans la tête des gens bien, comme des salauds ».

Et l’écrivain poursuit : « tout mon travail repose sur la quête de proportion juste : l’horreur, la beauté, la corruption, la rédemption, le bien et le mal ». "C’est ainsi que je vois l’écrivain. Un homme au milieu d’une vie de passions, qui tient tête à l’impossible ».

Toujours à propos de vérité, dans la presse également les révélations du journal Le Monde.. ou comment Monsanto a manipulé des informations pour empêcher que son herbicide ne soit considéré comme cancérigène..

Révélations des journalistes Stéphane Foucart et Stéphane Horel qui se sont plongé dans les fameux « Monsanto Papers ».. ces dizaines de milliers de pages de documents internes que la firme a été contrainte de rendre public suite à une procédure judiciaire.

Dans l’enquête on découvre comment la firme a eu recours au « ghostwritting ». Les auteurs expliquent : « cette pratique consiste, pour une entreprise, à agir en auteur fantôme : alors que ses employés rédigent textes et études, se sont des scientifiques sans liens de subordination avec elle qui les endossent en les signant, apportant ainsi le prestige de leur réputation à la publication. Ces derniers sont bien évidemment rémunérés pour ce précieux service de blanchiment ». Une pratique apparemment courante.

Bien sur les chercheurs impliqués démentent avoir « servi de prête-nom à Monsanto ».

Ce qu’on apprend aussi dans les Monsanto Papers c’est que les premiers soupçons autour du glyphosate datent de 1983 !

Oui, alors que l’Europe doivent décider fin octobre si elle renouvelle - ou non - l’autorisation accordée au glyphosate, on apprend que la firme interfère depuis près de 40 ans auprès des agences de réglementation.

Monsanto, une affaire qui pourrait alimenter le climat de défiance envers la science. Mais pourquoi cette défiance justement ? C’est la question que se posait le journal La Croix dans ses pages débat de vendredi et à retrouver sur Internet.

Pour le physicien Sébastien Balibar, « les controverses et les disputes font partie de l’essence de la science ».

Mais, précise l’historienne Emmanuelle Perez, « si la controverse est chose courante entre scientifiques elle n’est pas bien comprise par le public. Elle a tendance à produire du doute ».

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