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Les nouveaux marchés de la croyance, le dossier du dernier numéro de la revue Papiers

Peut-on encore parler de laïcité sans se fâcher ?

6 min

Le 9 décembre est la journée de la laïcité en France. Plusieurs journaux y consacrent de longs dossiers. Mais peut-on encore parler sereinement de laïcité aujourd'hui ?

Les nouveaux marchés de la croyance, le dossier du dernier numéro de la revue Papiers
Les nouveaux marchés de la croyance, le dossier du dernier numéro de la revue Papiers Crédits : France Culture

Peut-on encore parler de laïcité sans fâcher ?

C’est en tous cas le pari qu’a fait le journal La Croix dans son édition du week-end. Les « promesses » de la laïcité titre le quotidien, qui veut croire qu’un pluralisme religieux apaisé n’est pas hors de portée malgré l’esprit de division qui sape le débat ces derniers temps.

Et le journal de démontrer points par points que la laïcité est un atout du vivre-ensemble : elle est la garantie de notre liberté de conscience et d’exercice du culte – c’est le premier article de la loi de 1905. Elle permet aussi aux religions de contribuer au débat en offrant un cadre pour les relations entre l’Etat et les cultes. Elle veille également sur les savoirs à l’école en garantissant la neutralité de l’enseignement. Enfin la laïcité protège le politique contre les demandes communautaires.

Bref, la laïcité, une liberté avant tout selon La Croix qui déplore le retour des partisans d’une laïcité de contrôle qui voudrait étendre la neutralité à tout l’espace public, voire l’imposer aussi dans les relations privées

Comment rester laïc ? C’est la question que pose également L’Obs cette semaine avec une série de reportage dans ces lieux, à l’école, au travail, à l’hôpital, où l’application de la laïcité continue de faire débat.

Récemment un arrêt de la Cour de Cassation a confirmé qu’une entreprise peut – sous certaines conditions - interdire à ses salariés d’afficher leur appartenance religieuse. 

Voilà qui va relancer le débat prédit le philosophe Abdennour Bidar toujours dans l’Obs. La laïcité, ce champ de bataille, résume-t-il. C’est avec sidération que j’observe les affrontements entre partisans d’une laïcité dite ouverte d’un côté et d’une autre dite stricte de l’autre.

Comment nous en sortir ? se demande-t-il. En rappelant la mission fondatrice de ce principe unique au monde : celle de la conciliation. Non la laïcité ne peut ni tout permettre ni tout interdire. 

De la laïcité on passe aux croyances puisque décidément la religion est partout..

Partout, même dans les hommages rendus par la Nation à ses deux disparus cette semaine à Jean d’Ormesson et Johnny Halliday. C’est Dans Daniel Schneidermann qui le souligne dans son billet pour Arrêt sur Image : deux messes françaises, je cite, purement françaises, qui dégagent les points communs de deux objets de culte

Et si on s’intéresse aux cultes sous toutes leurs formes on peut se plonger dans le dernier numéro de la revue Papiers - la revue de France Culture - qui consacre un grand dossier aux nouveaux marchés de la croyance. Car si nous avions cru à la sortie du religieux, voilà qu’il est à nouveau au centre de toutes les questions politiques et identitaires.

A lire notamment le grand entretien avec l’essayiste Jean-François Colosimo qui explique que le retour de la religion se nourrit de la globalisation et de la crise. Quand les identités éclatent, explique-t-il c’est la religion, noyau premier, qui est le dernier rempart. C’est une recherche instinctive de continuité et c’est un phénomène planétaire.

On découvre aussi dans ce numéro que l’algorithme est peut-être la religion de l’avenir mais et aussi comment les théories de la terre plate ou du créationnisme continuent d’avoir beaucoup de prospérer.

Et puis un entretien fascinant avec la romancière à succès Amélie Nothomb pour qui le Salut n’est pas dans la religion mais dans l’écriture 

Bref, énormément de choses dans cette dernière mouture de Papiers à prendre le temps de découvrir…

On termine avec un autre débat de la semaine passé un peu au second plan : faut-il cesser d’augmenter le SMIC ? 

Oui, car mettre fin à la revalorisation automatique du salaire minimum, c’est ce qu'a proposé un groupe d’expert dans un rapport rendu mardi au Ministère du Travail.

Un rapport « explosif » écrit l’Opinion

De fait les « coups de pouce » au SMIC, prérogative de l’Etat, étaient déjà rares, mais cette fois il ne serait même plus indexé sur l’inflation. 

Gilbert Cette, l’un de ses auteurs, s’en explique dans les pages du journal : créé en 1970 dans un contexte de forte croissance le SMIC doit être réformé. Il ne s’agit pas de le supprimer tente de rassurer l’économiste mais il est trop élevé et cela nuit à l’emploi. Notamment à celui des personnes les moins qualifiées. Et pour lutter contre la pauvreté avance-t-il il est plus efficace d’augmenter la prime à l’emploi par exemple, que le Smic.

Mais ce serait faire payer l’Etat à la place des entreprises lui rétorque Luc Peillon dans Libération. Car les primes sont à la charge des pouvoirs publics. Cette proposition est un joli tour de passe-passe dénonce-t-il, qui plus est dangereuse pour la cohésion sociale.

Regard critique également du côté des Echos sous la plume de Jean-Marc Vittori qui dénonce un comité d’expert coupé des réalités. Le SMIC, rappelle-t-il, permet aujourd’hui de maintenir le pouvoir d’achat de travailleurs déjà très peu payés

Bref en économie quand les avis divergent à ce point parfois, les croyances ne sont pas loin.

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